Dans quel magazine pour jeunes ou quotidien gratuit ai-je vu ce sondage ? On demandait à une dizaine d'élèves d'un grand lycée de banlieue "difficile" si elles portaient une jupe ou un pantalon pour aller en cours. Derrière l'apparente futilité de la question se manifestait une réalité terrible, celle de la pression exercée sur elles pour qu'elles obéissent à la norme que les jeunes mâles leur imposent. L'une d'elles, une "Gauloise" d'après la photo et une élève de prépa (Il y en a dans les "quartiers" aussi), répondait qu'elle mettait parfois une jupe au risque de "passer pour une chaudasse". Ce dernier mot est affreux. On pouvait dire autrefois d'une femme qu'elle avait du tempérament ou même qu'elle était ardente pour rester dans le même champ sémantique, mais "chaudasse" évoque l'animal en chaleur et le suffixe infamant "-asse" en rajoute dans le mépris et sonne comme "pétasse" ou "radasse". Il exprime avec violence le refus du plaisir féminin qui met en question le pouvoir du mâle. La femme qui jouit et recherche le plaisir ne peut être qu'une pute et une salope, une ennemie dangereuse. Et le pire  c'est que cela devient mépris de soi dans la bouche de cette jeune fille et de beaucoup de ses semblables.

  Qui impose cette vision effrayante de la Femme ? Il faut bien le dire : les petits mâles des banlieues dont la majorité sont immigrés (le prolo français n'est pas spécialement féministe mais ne traite pas sa soeur ou sa compagne de manière aussi abjecte) et de religion musulmane. On aura beau brandir je ne sais quelle sourate, de la vache, du veau ou du cochon, le Coran n'aime pas les femmes et s'il promet des houris au Croyant celles-ci n'ont pas droit à des gigolos. A l'occasion il les habille d'un sac noir informe avec juste un trou pour respirer. Dans certains pays on est même assez radical en les excisant. Je sais que ce n'est pas une pratique islamique mais la grande majorité des contrées où on les mutile sont musulmanes et on n'entend guère les imams condamner ce crime. Dans les quartiers on leur impose plus simplement un jogging informe afin que ces dévergondées n'aillent pas tenter les Croyants visiblement aussi inflammables que Tartuffe et qu'elles ne déshonorent pas leur famille en perdant leur précieuse virginité. Ce serait vraiment dommage de ne pas pouvoir mettre sous le nez des voisins un drap ensanglanté comme marque d'honneur. Cette dévirilisation à laquelle concourent des résultats scolaires médiocres ou, en tout cas, inférieurs à ceux de leurs soeurs et le manque de travail, ils la compensent en exerçant un pouvoir tyrannique sur l'autre sexe.

  Comment de telles idées et pratiques ont-elles pu s'imposer ? Comment une fille a priori intelligente peut-elle, en s'exprimant ainsi, les cautionner ? Il y a d'autres menaces actuellement contre les femmes, par exemple en Espagne où le droit à l'avortement est remis en question, mais là c'est bien pire : l'esprit est conquis, il n'y a même plus de résistance. Ces jeunes, de la même façon qu'ils sont prescripteurs de mode pour leurs pairs et nous ont imposé leur langage (Ah, les "grands frères") ou leur accent (qui fait toujours rigoler dans la bouche d'un breton ou d'un chinois), imposent leurs propres valeurs qui sont celles des villages : surveillance sexuelle de tous par tous, importance de la réputation, de l'honneur pour le groupe. L'opposition est complète avec nos valeurs occidentales individualistes et universalistes. C'est Big Brother (c'est le cas de le dire...) contre la démocratie. Certes la politique du pays d'accueil est pour quelque chose dans la brutalité avec laquelle ils les imposent mais cela ne saurait les justifier.

Ne vous laissez plus emmerder, les filles, battez-vous (y compris au sens propre du terme), agitez sous leur nez vos seins et vos gambettes et s'ils ne sont pas contents, prenez-les par leur barbe ou par le fond de leur baggy et foutez-les dehors !