Causons derechef

16 août 2017

Manu de Marseille et la môme Bibi

Quel splendide coup de pub que ces vacances à Marseille ! Vous y auriez pensé, vous, à visiter la cité phocéenne au milieu des tas d'ordures et des rafales de kalach ? Autant aller à Romorantin ou à Epinal, c'est moins pittoresque mais plus sûr. Il faut dire que les vacances d'un président de la république le mettent toujours devant un choix délicat. A-t-on assez reproché à Sarkozy les siennes en Nouvelle-Angleterre juste après son élection ! Pour peu on l'aurait qualifié de traître à la patrie. Alors, la France ? Le fort de Brégançon est en principe fait pour ça, mais on est toujours à la merci d'un papparazi à la coule qui vous mitraille, ou pire vous photographie en train de vous changer sur votre rocher. La France périphérique pour faire un coup politique ? Mais franchement, passer 15 jours à Hénin-Beaumont pour faire la nique à Marine, ou à La Souterraine pour caresser les ouvriers dans le sens du poil et jouir des verts bocages de la Creuse ? Le tranche-gueule intégral...Sans compter que ce penchant pour la ruralité aurait fait frémir la population branchée des métropoles. C'est alors que notre président a eu une idée de génie (encore une) et s'est écrié :"Bibi, fais les valises, on prend le PLM ce soir."

Il fallait, en effet, concilier les 2 France qui s'abreuvent de mépris et d'invectives et Marseille était bien la solution idéale. Où trouver ailleurs une diversité qui est pour la France une ardente obligation ? Arméniens, Comoriens, Maghrebins y défendent bec et ongles leurs coutumes et leur pré carré. La jeunesse   bouillonnante d'énergie et de désirs, en attendant que ses "quartiers" deviennent une pépinière de start-up n'hésite pas à brandir la kalach contre qui lui manque de respect ou se met en travers de son petit bizness. Marseille c'est "Plus belle la vie" et les films de Guediguian où les conflits se résolvent à la confusion des méchants et dont les héros sont bons, ouverts et en marche vers un avenir rayonnant. Mais c'est aussi le patrimoine culturel de la France éternelle : la bouillabaisse sur le Vieux port, le bistrot de César, "Tu me fends le coeur!" et "la marine française, elle te dit...", Raimu et Vincent Scotto, peuchère ! Sous la double invocation de Gastounet, le protestant cévenol, et de la Bonne Mère, le président sait une nouvelle fois unir la France derrière lui. Ils y sont donc arrivés incognito comme disent les journaux avec gros titres et photos,et profitent en paix du ciel bleu et du chant des cigales. D'ailleurs qui reconnaîtrait Bibi au milieu des cagoles du lieu et Manu avec son maillot de supporter de l'OM ?

 

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04 août 2017

Sibeth Ndiaye : yeah, la meuf she is carbonisée

Faisons l'hypothèse que Sibeth Ndiaye a bien envoyé le twit qui a fait scandale, puis étayons cette hypothèse. La dame a déjà déclaré qu'elle mentirait s'il le fallait pour protéger son patron, nous supposerons qu'elle le ferait aussi pour sauver sa peau. D'autre part on imagine mal que le Canard qui est quand-même un journal de gauche s'exposerait à des accusations de racisme en inventant le texte de ce twit ou en ne vérifiant pas ses sources. Sibeth Ndiaye, donc, conseillère en communication de Macron, envoie ce texte à un journaliste qui lui demande de confirmer la mot de Simone Veil : "Yes, la meuf est dead". Des fouineurs s'en emparent et le Canard le publie dans un portrait au vitriol de notre communicante. Grand fracas dans Landerneau-sur-Net pour dénoncer la langue et le ton du message, avec beaucoup d'indignation surjouée de la part des politiques et, inévitablement, comme la coupable est noire, les internautes s'empaillent sur le racisme. "On l'a lynchée parce qu'elle est noire" contre "J'aurais dit la même chose pour un vieux mâle blanc" ou "les Noirs ne sont pas intouchables parce que noirs". Faut-il donc pendre Sibeth ou plaindre une nouvelle victime de la France moisie ?

Répondons d'abord à cette question, la plus facile. Oui, certains se sont réjouis que cette maladresse ait été commise par une Africaine et en profitent, comme leurs adversaires, les antiracistes patentés, sont toujours prêts à dénoncer les "dérapages" du FN ou de la Droite. Mais être noir ou arabe ne lave pas plus blanc et ne donne pas l'absolution, or la faute est manifeste. Faisons aussi un sort à l'accusation d'antisémitisme dont on la soupçonne  parce que cet antisémitisme arabo-musulman existe bien dans ces "quartiers" dont elle parle visiblement la langue (il n'y a plus que quelques naïfs ou démagogues de gauche pour le nier). Or elle est fille de la bonne bourgeoisie intellectuelle du Sénégal née dans une famille qui est plus probablement chrétienne et aucun dérapage antisémite n'apparaît dans ses engagements passés. En fait elle aurait pu écrire le même twit pour la mort de Jeanne Moreau par exemple, et il ne serait guère mieux passé.

S'il a provoqué un tollé, c'est que les gens ont senti qu'il manifestait quelque chose de plus grave que son style négligé. Déjà, une communicante qui écrit littéralement en sabir, ça paraît gros : 5 mots (seuls 2 sont français) qui mélangent trois langues. Il se peut que Sibeth Ndiaye, connaissant bien le journaliste, ait voulu plaisanter, mais la parodie tombe d'autant plus à plat que la "meuf" en question est une des idoles des Français plus enclins à la qualifier de "grande dame". Il y a là une question de niveau de langue (on doit s'adapter à son interlocuteur et à son sujet : on apprend ça au collège). Un zyva pourrait dire que sa meuf est "bonne", mais pour désigner une ancienne ministre qui a porté une des lois les plus libératrices pour les femmes, une ex-déportée, c'est simplement obscène, c'est piétiner la common decency qu'on peut attendre d'une personne proche du pouvoir, c'est manquer de ce respect que réclament justement à cor et à cri les jeunes de la diversité.

Mais là n'est pas le plus grave. il y a dans l'usage de cette langue des "quartiers" qui mélange français, arabe, mandingue, anglais (les premières victimes de l'impérialisme culturel américain sont les jeunes des classes populaires, victimes de la télé) un refus du français, langue du colonisateur, du patron, du flic, du raciste, de leurs ennemis en un mot. Ils ont compris qu'en s'en débarrassant ils pourront dominer un pays qui pour l'heure les rejette  et accomplir le " grand remplacement" dont on se demande parfois s'il est seulement le fantasme d'un vieil écrivain aigri. Déjà presque toute notre jeunesse parle avec l'accent arabe des "quartiers", même au fin fond de la Creuse et ne s'exprime plus que dans ce basic verlan pauvre et brutal. Or, avec son twit, Sibeth Ndiaye prête la main à cette révolution silencieuse. Son message aux jeunes : "C'est notre langue, imposons la". Macron, tout imprégné de culture française, est sûrement conscient de cet enjeu et ne peut l'approuver, mais il a eu besoin de gens comme sa collaboratrice pour rallier la jeunesse et la diversité (de même qu'il est "souple" sur la laïcité). J'imagine qu'il va être assez cynique pour s'en débarrasser maintenant qu'il est élu et je ne donnerais pas cher de la peau de la "meuf".

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02 août 2017

Jeanne Moreau est morte. -Ah bon ?

Cracher sur un cadavre n'est pas mon genre, mais enfin je suis suprêmement agacé par la diffusion massive du "Tourbillon", de "J'ai la mémoire qui flanche" ou de séquences de Jules et Jim ou de Ascenseur pour l'échafaud sur les réseaux sociaux. Jeanne Moreau, la grand-mère du cinéma français, est morte et ça m'émeut à peu près autant que si c'était Yolande. Qui pis est je ne l'aimais pas beaucoup et je me permets de reproduire la phrase d'une de mes "amies" Facebook qui résume assez bien mon état d'âme : "Je n'ai jamais pu la supporter, la trouvant à la fois horriblement prétentieuse et épouvantable actrice".Prétentieuse, ô combien. Je ne vois, pour lui damer le pion, qu'Isabelle Huppert avec son air inspiré pour juger de la marche du monde, ou pour exprimer la souffrance de l'artiste et la portée métaphysique de l'oeuvre qu'elle sert. La différence est qu'Huppert est une très grande comédienne et que je ne suis pas près d'oublier la putain de la Porte du paradis, la postière hystérique de la Cérémonie ou sa dernière prestation dans Elle. De Jeanne Moreau, rien, aucun personnage qui m'ait accroché, aucune scène marquante comme, par exemple, la sublime séquence d'ouverture du Mépris  "et mes fesses, tu les aime mes fesses ?" avec sa "rivale", Bardot. Que reste-t-il d'elle ? la chanson d'un film très surestimé de Truffaut. La chanson est joli, on est content de reconnaître le Rezvani des années Lulla qui joue de la guitare, mais la voix de Moreau, plus criarde que sensuelle, ne nous saisit pas aux tripes.

Comment est né le mythe ? je m'interroge. Je peux comprendre l'idolâtrie pour Seyrig, ses airs de grande dame, sa voix grave et sa diction parfaite, pour Bardot qui irradiait la sensualité et l'esprit de liberté de son temps, pour Signoret à cause de Casque d'or, mais Moreau ? Elle n'était pas, comme dit mon amie, "une épouvantable actrice", mais une actrice médiocre qui frôlait parfois le ridicule. On peut se demander si Louis Malle n'est pas à l'origine du mythe. Dans la grande tradition française des couples antagonistes (Corneille/Racine, Anquetil/Poulidor, Delon/Belmondo), il a fait s'affronter dans Viva Maria les "deux grandes actrices françaises, Bardot et Moreau à ses yeux. Le film fut un ratage, aucune des deux n'en sortit grandie, mais elles étaient en haut du podium. Ceux qui ne célèbrent pas l'actrice, célèbrent la Fâmme et des éloges insensés pleuvent sur elles. J'ai entendu je ne sais quel saltimbanque dire : "C'était une insoumise". Elle qui appartenait à presque tous les lobbies du monde de la Culture, elle qui soutenait Hidalgo, la madone des bobos lors des municipales de 2012. Des insoumises comme ça, je t'en foutrai.      Bon, je m'arrête là avant de m'en prendre à son physique et je vais me mettre à la nécro de Bardot, ce ne sera pas dans le même ton.

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22 juillet 2017

Macron : "Cedant arma togae". Villiers :"M...."

Les réactions à la démission du général de Villiers, notamment sur les réseaux sociaux, permettent de mesurer l'évolution des mentalités à propos de l'armée en quelques décennies. Si, peu de temps après la fin des guerres coloniales, un chef d'état-major des armées avait démissionné, il aurait provoqué une véritable bronca, et pas seulement à gauche. L'armée n'avait alors plus guère de soutiens que les débris d'une extrême-droite en capilotade et quelques "fana mili". Traumatisés par le putsch, pourtant raté, de 1961 (celui de 58 avait été en quelque sorte légitimé), les "Républicains" eussent crié au pronunciamento et à la menace toujours présente des prétoriens, de vieux sénateurs rad-soc eussent chevroté "cedant arma togae". Certes, quelques-uns de mes amis Facebook se sont interrogés gravement sur l'hypothèse d'un Villiers putschiste pour l'écarter aussitôt. D'autres ont même évoqué le général Boulanger, oubliant un peu vite que celui-ci était considéré comme un militaire de gauche par les Radicaux. Ce personnage falot et psychologiquement fragile fut bien moins dangereux pour le pouvoir civil que les militaires de "l'Affaire". Enfin, on lui aurait cherché des poux sur son origine : "nom qui se dévisse", chouan, capucin botté (révérence gardée au général de Castelnau)... Or il n'en fut rien, au contraire.

Villiers a démissionné à cause d'appréciations injustes et humiliantes de Macron, alors qu'il défendait en commission - comme c'était son rôle - le budget des armées, et son geste a été bien compris. Où est le temps des profs, ces bataillons de la Gauche, s'exclamant à chaque Mirage qui passait : "Encore un collège ou une piscine qui s'envole !". Ces crédits militaires, si souvent dénoncés autrefois comme du gaspillage, nos contemporains n'hésiteraient pas à les doubler, voire les tripler. Il s'indignent que l'armée soit dotée comme les administrations les moins considérées : justice (l'état de nos prisons scandalise l'Europe), affaires étrangères (foin de l'image de la France), culture... Et cela, d'autant que cette armée intervient dans de nombreuses opérations extérieures et patrouille dans nos villes. Qu'on ait humilié son officier le plus prestigieux, voire attenté à son honneur par des insinuations, a profondément choqué. Les réactions ont été si vives qu'on se serait cru parfois dans un film de Schoendorffer, honneur d'un capitaine et tout le tremblement...

D'où vient ce regain de popularité ? Tout le monde semble vouloir "complimenter l'armée française" comme au bon vieux temps. Avant tout, bien sûr, du fait que nous sommes sortis du bourbier des guerres coloniales et d'une série de défaites qui va de 1940 à 1962 (même si on peut admettre que la guerre d'Algérie avait été gagnée militairement). Depuis nos engagements ont eu lieu la plupart du temps sous l'égide de l'ONU et sont donc "moraux". La suppression du service militaire (plus de 20 ans, déjà...) a balayé les mauvais souvenirs des corvées, l'année "perdue" en garnison, les sous-off abrutis par la bière et les maladies tropicales...(au demeurant le niveau du recrutement avait été relevé bien avant cette suppression). Nos concitoyens, conscients du danger que représente le terrorisme islamique, sont rassurés par la présence des soldats dans les rues, même si son efficacité est discutable. Cette réconciliation du citoyen avec son armée se manifeste notamment dans tout un courant souverainiste issu de Chevènement et une certaine Gauche retrouve sa fibre nationaliste des débuts de la IIIème république. Enfin, last but not least, beaucoup comptent sur l'armée pour enseigner aux jeunes des valeurs de courage, de dévouement, d'obéissance, de travail que l'école semble incapable de leur insuffler. Certains vont même jusqu'à souhaiter un rétablissement du service militaire, ce qui est pousser un peu loin le bouchon... Du communiste Chassaigne au Front national la condamnation du président a été unanime (à l'exception de quelques anars purs et durs). Cette rage à vouloir être le seul chef et à concentrer tous les pouvoirs inquiète. A se demander si les Français ne se sont pas fait "baiser" par Macron, comme dirait Villiers. Cet incident, si minime qu'il puisse paraître, les éclairera peut-être.

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15 juillet 2017

Bibi, Trump, Villiers : Jupiter descend de l'Olympe

  Son ire n' a pas été vraiment jupitérienne, plutôt une petite colère d'enfant gâté qui veut diriger les jeux et ne supporte pas la mise en question de sa royauté. Non seulement le chef d'état-major des armées lui mettait le nez dans ses contradictions : diminuer les crédits de la Défense quand on clame à tout va qu'on fera tout pour la sécurité des Français, quand on descend les Champs-élysées en command car, fier comme Artaban, pour flatter le militaire, quand on sait très bien que la France, engagée sur de nombreux fronts, manque cruellement de matériel, mais il l'a fait dans un langage de soudard, ce qui a peut-être vexé le plus notre petit coq qui y a vu un mépris du soldat pour le péquin ou de l'aristo pour la roture, voire du chouan pour la République...Bon, on ne guillotinera pas Villiers comme la Convention l'a fait pour de nombreux généraux, on ne l'embastillera pas sur le mode gaullien, on se contente d'une semonce de pion. C'est égal, je serais lui, je lui enverrais ma démission par le travers de la figure.

  Pour Trump il est tout miel et caresses. Il ne s'agit pas là de critiquer une invitation que celui-ci méritait en tant que dirigeant d'un pays qui vint à notre secours il y a un siècle (Rappelons à ce sujet que De Gaulle ne daigna pas se déplacer pour les cérémonies de commémoration du 6 juin en 1964, mesquinerie qui lui fut reprochée à juste titre). Cela dit, avec Trump il faut s'attendre à tout : interrogé par un journaliste sur le sens de sa visite, il répondit qu'il avait lu tous les livres sur...le D day. Non, ce qui est blâmable, ce sont ces sourires affichés, ces poignées de mains viriles,ces tapes dans le dos à faire sauter un dentier, ces épithètes flatteuses dont il a été aussi peu avare que Trump qui voit des dirigeants géniaux dans les moindres dictatures ou trous-du-cul du monde. Tout cela témoigne d'un orgueil fou et en même temps d'une grande naïveté. Faire évoluer Trump, quelle blague ! Il n'est que de voir l'air buté du personnage et de se rappeler son incommensurable vanité qui l'empêchera toujours de reconnaître qu'il a eu tort. Qu'il ne compte pas trop sur une victoire diplomatique concernant l'accord de Paris pour faire oublier ses échecs au niveau européen, Trump sera un trop gros morceau à avaler, et d'ailleurs, cela en vaut-il la peine ? Miser sur un président affaibli par ses compromissions c'est miser sur le mauvais cheval et ça nous amène à douter de la lucidité politique du nôtre.

Abordons le point le plus délicat : Bibi. Essayons de le faire en dû respect à l'âge et au sexe. La peur du dérapage m'étreint, mais il y va de l'image de la France...Au début l'étrangeté de ce couple si peu conforme au modèle courant est bien passée peut-être parce que le mariage entre personnes du même sexe avait ouvert les esprits. Notre esprit égalitaire et plutôt tolérant pour la bagatelle ("après tout, s'ils sont heureux comme ça") semblait accepter que la "différence d'âge" ne fût plus un privilège masculin, les amatrices de gigolos voyaient se lever un avenir radieux, les timides jeunes gens cherchant une maman ne seraient plus moqués, la France, une fois de plus, montrait la voie aux autres pays englués dans la vieille morale en plaçant sur le trône la vieille reine et son jeune époux. Mais les choses se sont vite dégradées et de quelques caricatures dans "Charlie hebdo" on est passé à des commentaires aussi vachards que nombreux sur les réseaux sociaux. Quelques exemples récents : les photos des obsèques de Simone Weil où on voit madame la présidente en robe noire ultra-courte qui découvre des jambes d'échassier qu'elle ne peut croiser sans atteinte à la pudeur, une autre où sa robe blanche la fait ressembler à une infirmière, à côté d'une Melania aussi resplendissante qu'élégante, enfin cette photo qui montre les deux couples à table au "Jules Verne" avec ce dialogue facétieux imaginé par un de mes amis sur Facebook que je me permets de reproduire tant il m'a fait rire :

  Macron " - Papa, maman, je vous présente ma fiancée, Melania.

                 - Félicitations, elle est charmante."

Inutile de dire que les commentaires sont souvent beaucoup plus méchants que les miens. Certains se demandent même si le poste de conseiller-image de Bibi n'est pas instrumenté par un ennemi farouche de Macron. Car il s'agit bien d'image et plus précisément de celle de la France, et ce d'autant plus qu'on a sorti de dessous le boisseau les épouses de président qui auparavant faisaient tranquillement dans leur coin des visites de charité, des inaugurations ou des vernissages. La dame fait penser à ces vieilles femmes qui s'habillent comme des jeunes filles, se maquillent comme des courtisanes et, sur leurs stiletto, courent de façon pathétique sur les traces d'une jeunesse à jamais enfuie, incapables de percevoir les rires ou l'agacement de leur entourage. C'est peu de choses, mais c'est agaçant et cela finira par atteindre l'image de Macron lui-même, toujours flanqué d'une Folle de Chaillot pour ne pas dire pire...Et ça, je ne crois pas qu'il le supporte.

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10 juillet 2017

Une semaine avec Edouard Philippe dit "le n'Havrais"

Heureuse semaine dernière passée au fin fond de la Bretagne à l'abri des médias ! J'ai ainsi échappé au discours solennel devant le Congrès du Chef et à l'exposé de son programme qu'a fait le sous-chef devant les députés . Échappé, pas tout-à-fait, j'ai attrapé quelques bribes d'informations sur la radio de la voiture et les journaux qui traînaient sur les comptoirs. Cette semaine fut incontestablement celle du n'Havrais (j'explique et rends hommage en même temps à un de mes amis Facebook qui ne l'appelle plus qu'ainsi depuis qu'un journaliste ou peut-être une femme politique coutumière du fait, a commis cette liaison mal-t-à propos). Non seulement son discours fut bien accueilli (tu parles, avec la majorité écrasante qui est la sienne et qui le restera jusqu'à ce que le Parquet la décime) mais il a sorti un livre, ce que tout homme politique se doit de faire s'il veut vraiment être considéré.

Parlons d'abord du livre, un essai très personnel sur la lecture et ses lecteurs. Soyons honnête, je n'ai fait que le feuilleter assez rapidement dans une librairie non climatisée. L'impression générale est assez favorable d'autant que son livre tranche avec les "essais" de la plupart des politiques torchés en quelques semaines par quelques nègres qui ne méritent même pas le nom de "plumes", des ramassis de banalités et d'autopromotion grossière. Il y a dans Des hommes qui lisent de la sincérité, un ton personnel, de l'humain comme dirait Raffarin. On peut contester les auteurs qu'il met dans son panthéon mais personne ne semble indigne ni déplacé et s'il nous fait un clin d'oeil en disant que lui aussi n'a pas lu La princesse de Clèves ce n'est pas moi qui lui en voudrais, l'étude de ce texte en classe a dégoûté du genre romanesque des générations d'élèves...Je le chicanerai plutôt sur l'influence qu'il donne aux lectures d'enfance. Ce qui compte à cette époque de la vie, c'est que l'envie de lire vous prenne et soit entretenue. Dumas, Jules Verne, la comtesse de Ségur m'ont donné l'élan, puis il y a eu un saut qualitatif qui fait passer à Balzac, Baudelaire, Céline, Flaubert...qui sont ceux qui comptent. Il y a aussi un chapitre sur la "politique de la lecture" qui sent trop son politicien alors que l'homme commençait à nous intéresser. Cette expression, au surplus, me choque. Je ne nie pas qu'il faille contrôler le prix du livre (qu'en pense son très libéral patron ?) et fournir des bibliothèques, mais la lecture est question de goût et de plaisir. Une politique de l'offre ne sert pas à grand chose quand la demande se raréfie et Dieu sait si c'est le cas. Quoi qu'il en soit notre premier ministre a montré qu'il pouvait écrire autre chose que des romans policiers (révérence gardée); à quand un Des hommes qui boxent  ?

Hélas, la culture se dégrade en politique et là je serai moins indulgent, ayant saisi au vol quelques bribes de son programme. Je lui rends tout de même hommage pour la belle formule "L'addiction française à la dépense publique" qui a fait grincer bien des dents. Attendons de voir s'il n' s'agit pas seulement d'une posture et s'il saura rester droit dans se bottes face aux Mélenchon et auxtres Filoche. S'il a bien saisi que changer le bac était important il ne semble pas penser que c'est urgent : 2021! Festina lente comme aurait dit Najat. Du reste il n'ose pas aller jusqu'au bout : faire du bac un simple certificat de fin d'études et imposer un examen d'entrée dans le supérieur. Et, bien sûr, l'habituel coup de merlin sur le crâne des fumeurs, ces pelés, ces galeux qui creusent le fameux trou que la Touraine se vantait d'avoir comblé. Le paquet de cigarettes à 10 euros comme dans les austères pays du Nord qui nous fascinent ! Fumer va devenir un plaisir réservé aux riches, je m'en fous, je suis riche et continuerai à souffler ma fumée au nez des puritains hygiénistes, mais moi je pense aux autres, au délice de la cigarette après une tâche fatigante ou délicate. Les gueux n'y auront plus droit : il faut les garder en bonne santé pour qu'ils puissent travailler plus longtemps. En bonne santé ? On peut en douter : rien contre les pinardiers et les diésélistes assassins. A propos de santé , d'autre part, on rend obligatoire des vaccins jusque là seulement recommandés. J'en connais qui vont se goinfrer et je m'interroge sur le libéralisme macronien. Le libéralisme doit marcher sur deux jambes et là il ne semble pas s'appliquer aux problèmes de société : nous savons ce qui est bon pour votre vie, laissez-nous faire et créez votre start up pendant ce temps. Mais des "bribes", disais-je. Tout n'est peut-être pas à jeter. Wait and see comme dirait son patron dont l'aisance en anglais fait l'admiration de tous.

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17 juin 2017

Prom'nons nous rue Pajol pendant que le loup n'y est pas (Marizibill 2)

                                                             A Marlène S. qui fut pierreuse  tout un soir

 

  Dans les bas-quartiers, rue Pajol

  Elle allait et venait un soir

  Offerte à tous, belle cagole,

  Et allumait sur les trottoirs

  Les gars lubriques, oh, quelle folle !

 

  Et collaient à la belle caille

  Un photographe à l'air morose

  Avec trois flics qui sentaient l'ail

  Gardant sa vertu et son prose

  Prêts à tirer sur la racaille.

 

  Rue Pajol, gens de toutes sortes

  Regardent passer la catin 

  Bien tapis dans l'ombre des portes

  - Leurs yeux luisent, les galopins ! -

  Et ils murmurent : "Elle est trop forte".

  

  

 

  

 

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09 juin 2017

Entendez-vous dans nos campagnes l'accent "Nique-ta-mère" ?

J'ai vu hier un des films sélectionnés à la Semaine de la Critique à Cannes : Petit paysan de Hubert Charuel. Il ne restera probablement pas dans les annales des rares films français consacrés au monde paysan, non qu'il soit sans qualités, mais il manque fâcheusement de point de vue. Le réalisateur hésite entre le film réaliste, l'étude d'un cas psychologique, celui du héros anxieux et perfectionniste, et un cinéma de dénonciation, mais rien n'est vraiment mené au bout. Il évoque le mal-être des petits éleveurs aux revenus fluctuants et sans cesse menacés par un coup du sort, leur difficulté à se marier, leur relation affective avec leur troupeau (la belle idée du veau nouveau-né qu'il installe dans son salon pour le sauver de l'abattage), leur vie de travail sans cesse recommencé sans dimanches ni vacances, malgré tout l'émotion ne naît jamais  et le message ne passe pas vraiment. A preuve le public parisien riait à certaines séquences qui étaient en fait tragiques. Tragique, le film l'est, car la menace qui pèse sur le troupeau va se finir par s'abattre sur lui (je spoil, là...), mais son abattage propre et humain par les services vétérinaires n'a pas la grandeur de celui qu'on voit dans un beau série B américain, Hud de Martin Ritt. Le troupeau d'un ranch texan atteint par la fièvre aphteuse est poussé dans une immense fosse creusée pour l'occasion et meurt dans l'angoisse, l'étouffement et les coups de fusil du personnel sanitaire avant d'être enseveli. Difficile de ne pas pleurer. De même si le paysan de Charuel est sonné après la mort de ses bêtes et la perte que cela représente, on pense à tous les autres qui se sont suicidés dans les mêmes circonstances ou sont devenus fous comme le personnage interprété par Bouli Lanners. Si le système de surveillance orwellien (le mot n'est pas trop fort) qui emprisonne les éleveurs est bien décrit, il est à peine critiqué. Le veau que l'on voit naître en souffre dès son premier jour : on lui poinçonne l'oreille pour y implanter une étiquette d'identification qu'il gardera toute sa courte vie. Les contrôles sanitaires, vétérinaires, de qualité pour le lait, sont constants et inquisiteurs. La menace de la loi ou de l'abattage du troupeau plane et on la brandit sans cesse au nom du  principe sacré de précaution, dussent des bêtes et des hommes en crever. Toute révolte individuelle, comme celle du héros, est vouée à l'échec. C'est toujours l'Etat-Moloch qui gagne.

Mais ne soyons pas trop sévère avec ce film qui donnera quand-même aux gens des villes une idée de cet univers dont ils sont à peu près complètement coupés. Je ferai encore une critique sur un point qui peut paraître secondaire mais qui m'a choqué comme un fausse note dans un concert. Deux des personnages, dont le héros, ont parfois des traces d'accent des cités dans leur parlure, or cela me semble tout-à-fait déplacé. Le film se passe en Haute-Marne, terre qui n'est pas spécialement ouverte à la modernité ni à la diversité. Les protagonistes approchent la quarantaine et ont fréquenté les collèges du coin à une époque où cet accent n'était pas encore triomphant. Il est probable que leur génération ne parle plus patois et qu'ils ont juste conservé les intonations un peu lourdes de l'est. Jusqu'à un certain moment (la situation a pu évoluer) la Province a été un conservatoire de la langue et de sa diversité à travers les parlers locaux. Pour reprendre la terminologie de Guilluy, les accents des terroirs (même s'ils ont, à l'exception de certaines régions, tendance à disparaître) seraient ceux de la France périphérique et donc du peuple et celui des "quartiers" l'accent de la France des métropoles où les esclaves ont déteint sur leurs maîtres qui les logent dans les banlieues. Pourquoi le cinéaste n'a-t-il pas demandé aux acteurs de corriger leur intonation ? Je ne vois qu'une explication : lui n'a pas été choqué, à cause de son âge ou de son origine, et il lui a semblé que c'était là le parler naturel d'un paysan français comme de la population toute entière de notre pays. De fait, par une étrange inversion les ex-colonisés ont imposé leur parlure dans les quartiers où ils étaient les plus nombreux et leur accent s'est répandu ensuite à travers le rap, les interviews nombreuses de djeunes dans les médias, une fascination malsaine pour une jeunesse bruyante et très revendicatrice. Pas seulement leur langage d'ailleurs, mais aussi leur gestuelle : j'ai vu l'autre jour deux bobos sexagénaires qui se saluaient en frappant leur poing à la manière des jeunes Noirs des ghettos américains, il ne leur manquait qu'une trottinette...Imaginons un instant que les personnages du film aient parlé avec l'accent de Marseille, l'incongruité nous aurait sauté aux yeux, mais c'est encore pire ici parce que cela semble entériner une uniformisation de notre langue qui témoigne de son appauvrissement.

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03 juin 2017

Décroissez et ne vous multipliez pas

Le monde ne bruit ce matin que de la décision prise par Trump de dénoncer les accords de Paris avec un égoïsme cynique. La condamnation est quasi générale : je n'ai encore trouvé personne pour le défendre sur la presse en ligne et les réseaux sociaux. Ah si, un sénateur républicain du Michigan qui a déclaré que si la catastrophe annoncée arrive, Dieu interviendra personnellement pour nous sauver. Tant de sottise laisse pantois mais il n'est pas sûr que l'argument ne porte pas aux USA auprès d'une population peu cultivée et ayant une foi aveugle dans la Providence. Qui peut nier le changement climatique et les catastrophes géographiques, économiques, politiques, qu'il  va entraîner ? Pourtant, comme le rappelait quelqu'un ce matin dans un commentaire sur les réseaux sociaux, nous négligeons le problème fondamental, celui de l'explosion démographique, ne voulant pas voir, comme de vulgaires Trumps, l'origine du problème.

On se contente pour l'instant de soigner les effets sans vouloir s'attaquer à la cause par pure idéologie. Que la population mondiale cesse de croître et même - rêvons un peu - qu' elle diminue et l'apocalypse n'aura pas lieu. Les écologistes étaient conscients du problème dans les années 70 et parlaient de la bombe P (comme population), malheureusement atteints par l'idéologie tiers-mondiste et par des préoccupations sociétales, ils ont abandonné ce combat qui aurait pu (pourrait ?) sauver l'humanité au profit du voile islamique et du mariage pour tous. Moins de monde sur terre, c'est moins de consommation, moins d'usines, moins de gaspillage d'énergie, de façon automatique, sans qu'on ait besoin de prendre des mesures drastiques. Malthus l'avait vu avec son fameux gâteau dont les parts sont d'autant plus petites qu'on est nombreux. Qu'on me démontre en quoi il se trompe, on devrait dresser une statue de ce génial pasteur sur le parvis des Nations-unies à New York et se prévaloir avec fierté de l'épithète "malthusien" devenue une injure... Il y a 40 ans dans les pays avancés la contraception se répandait, le droit à l'avortement était conquis. La politique de l'enfant unique en Chine était montrée en exemple : la famine n'y existait plus (il est vrai que la façon musclée dont elle était appliquée était mal connue). Restait le Tiers monde où ce n'était pas du tout la même musique. On continuait à y pondre des enfants par rafales pour des raisons diverses et variées qui pouvaient se combiner : tradition des sociétés paysannes primitives où un enfant est une paire de bras, religion, nationalisme souvent expansionniste des états récemment indépendants. Même des pays se voulant révolutionnaires comme l'Algérie s'y sont mis, rabattant ainsi les prétentions à la liberté des nombreuses femmes qui avaient milité avec courage au sein du FLN. En Afrique noire, un pays quasi désertique comme le Niger, un des plus pauvres du monde, combinant la tradition et l'Islam, a un taux de fécondité de 7,60 (vous avez bien lu 7,60 !) par femme. L'Inde, qui n'a jamais eu une politique sérieuse de birth control par nationalisme,va dépasser la Chine. Les réfugiés économiques affluent d'Afrique noire et périssent tragiquement en Méditerranée, et tout à l'avenant...J'ai bien conscience qu'appliquer à l'échelle mondiale, avec des organisations internationales souvent impuissantes, une telle politique, est presque impossible, pourtant ne l'est-ce pas encore plus de faire baisser la consommation d'énergie, protéger la nature, aller contre des intérêts égoïstes quand les gouvernements traînent les pieds ? Ne pourrait-on financer des politiques de contraception auprès des pays ouverts, faire pression sur les autres en coupant les crédits, éduquer les peuples et leurs dirigeants. Si on n'y réussit pas on ira dans le mur à coup sûr et beaucoup plus vite qu'on croit : quoi qu'on en dise, la planète s'enrichit globalement avec l'économie mondialisée et la consommation croît plus vite que la population. Lanceurs d'alertes, intéressez-vous enfin à ce problème vital, beaucoup plus que celui de la corruption ou des paradis fiscaux ! Menons des campagnes sur Internet qui est de plus en plus consulté. Menons le bon combat, la mère de toutes les batailles !

Et puis, laissons un peu ces considérations économiques et politiques. Imaginez comme le monde serait plus agréable et plus beau si nous étions moins nombreux et consommions moins. Rappelez-vous le temps où nos campagnes n'étaient pas salies par des silos, des batteries, des granges en tôle, où les abords des villes n'étaient pas enlaidis par les ignobles zones de chalandise avec leurs entrepôts déguisés en magasins qui vous vendent de la daube. Rappelez -vous le temps où voyager était un bonheur : pas de queues dans les aéroports, des avions à moitié vides où vous pouviez vous étendre sur les sièges et où les hôtesses vous gâtaient, des trains sans réservations roulant assez lentement pour vous permettre de jouir du paysage, pas de "rentrée difficile sur Paris" le dimanche soir. De l'espace partout, dans les rues, les bâtiments publics (jamais on n' a manqué de salles de cours dans mon lycée), de vastes étendues de campagne sans croiser son semblable. Moins de bruit, celui des autos ou les criailleries de la foule. Retrouver le bonheur de la solitude, le calme de la méditation, le bruit de ses pas, la nuit,dans les rues. Retrouver un monde où il y aurait moins de quartiers Hlm, de lotissement communaux aux maisons semblables et laides, où il n'y aurait plus cette agressivité qui naît de la promiscuité. Ah, rêvons un peu...

25 mai 2017

Hommage à Jean Sorel

En revoyant hier SanJeansoreldra de Visconti je me suis soudain demandé ce qu'était devenu Jean Sorel qui partage la vedette du film avec Claudia Cardinale. Je me rappelais vaguement qu'il faisait partie de ces acteurs français qui ont beaucoup tourné en Italie dans les années 60 mais qu'il n'avait pas atteint la célébrité d'un Delon ou d'un Trintignant. Je l'avais entrevu souvent mais ne l'avais pas particulièrement remarqué, or hier sa beauté m'a ébloui et je ne pus comprendre qu'il n'ait pas fait carrière. Il était dans ce film assez vénéneux, tournant autour d'une histoire d'inceste frère-soeur, beau comme Alain Delon dans Plein soleil, avec une pointe de voyouterie à la Helmut Berger. Que lui était-il arrivé ? Était-il mort tragiquement, s'étant suicidé par dégoût de la vie ou à cause de son échec professionnel ? Avait-il été assassiné au matin d'une orgie dans le palais romain d'un aristocrate décadent ? Avait-il passé le reste de sa vie à courir le cachet avant de finir aigri et mal rasé dans un hospice pour vieux comédiens ? Rien de tout cela en fait, comme me l'a appris Wikipedia, ce condensé du savoir humain...

Les fées semblaient pourtant s'être penchées sur son berceau : il est né Jean de Chieusses de Combaud Roquebrune (si ça n'est pas un nom qui se dévisse...) et appartient à une famille de très ancienne noblesse. Son père, fidèle à la tradition militaire de sa race, avait participé à la Résistance "de droite". Tôt orphelin le fils entreprit des études sérieuses (l'encyclopédie en ligne en fait même un normalien, ce qui serait à vérifier) pour être diplomate, ce à quoi semblaient l'appeler sa prestance et son origine. Toutefois après son service militaire dans l'Algérie en pleine guerre des années 56-57 , il décide de devenir comédien. Son physique pouvait l'y porter, mais peut-être aussi une curieuse tradition qui fait que beaucoup de jeunes nobles font du théâtre ou du cinéma, qu'ils aient pris le goût de la comédie dans les collèges jésuites, qu'ils soient favorisés culturellement, que la comédie sociale ou les leçons de maintien les y portent, ou pour tout autre raison...Il prend alors le pseudonyme de Sorel que cet homme cultivé emprunta probablement à Stendhal. Son premier rôle au cinéma fut dans J'irai cracher sur vos tombes, le film qui tua Boris Vian, mort d'une crise cardiaque lors d'une projection de montage...Il tourna ensuite très souvent en Italie dans les années 60-70, parfois même avec des "grands" comme Lattuada, Bolognini et, donc, Visconti, qui lui donna sûrement son meilleur rôle pour lequel son physique et sa sensibilité font merveille. De même le vit-on apparaître par la suite, dans des rôles secondaires, chez Benoît Jacquot ou Téchiné (il joue dans Les soeurs Brontë où s'illustre aussi Roland Barthes...). Toutefois, il faut bien l'admettre, il fit surtout du cinéma alimentaire et notamment des gialli avec Lucio Fulci. Les titres de ses premiers films, Les adolescentes, Les lionceaux, évoquent le tout jeune homme charmeur et conquérant. La suite est d'un autre tonneau. En voici quelques exemples : Traqués par la Gestapo (il rencontra sur le plateau la comédienne Anna Maria Ferrero qu'il épousa et qui devint la femme de sa vie), Le tueur à la rose rouge, L'adorable corps de Deborah, Le venin de la peur (alias Les salopes vont en enfer), Horreur dans la nuit...Puis ses tournages se firent de plus en plus rares. Son dernier film est L'origine de la violence d'Elie Chouraqui en 2015. Comme beaucoup de comédiens il se rabattit sur la télé où il tourna de nombreux feuilletons, mais là encore n'obtint pas la célébrité d'un Cremer ou d'un Lanoux. Pourtant il n'est pas tout à fait oublié puisqu'il a été fait commandeur des arts et lettres en 2011.

Drôle de vie quand-même. Il aurait pu être diplomate, consul dans quelque république bananière écrasée sous le soleil comme dans un roman de Greene ou de Lowry, ou ambassadeur traînant son ennui dans une capitale et des villes d'eaux de la vieille Europe. Il aurait pu être un autre Ronet ou un autre Delon avec son nom en haut de l'affiche et les plus belles femmes à ses pieds, tournant même à Hollywood que son charme et son nom auraient fascinée. Mais il fut cet acteur qui alignait des films de série B, voire Z, parce qu'il fallait payer le loyer ou peut-être avec une délectation masochiste et un peu d'amusement, peu à peu marqué par la vieillesse mais toujours portant beau. Il me fait penser à quelques actrices dont la carrière prit à un moment un mauvais tournant malgré leur talent et leur beauté (Dominique Sanda, Sabine Haudepin...), mais qui suis-je pour tirer le bilan de vies que lui-même et elles-mêmes considèrent peut-être comme pleines et heureuses ?

Posté par Cotonet à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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