Causons derechef

04 mars 2017

"Le Monde" et le communautarisme

Décidément "Le Monde" n'apprend pas et cède toujours à ses vieux démons. Quand, en 2002, les cendres d'Alexandre Dumas ont été transférées dans ce temple républicain, il titrait (je cite de mémoire) : "Un mulâtre entre au Panthéon". Beaucoup de ses lecteurs lui firent remarquer que c'était peut-être un écrivain, et quel écrivain! qui était ainsi honoré. Y eût-on fait entrer George Sand (on y a pensé) qu'il aurait titré : "Une femme au Panthéon" (du reste il y en a déjà une, dans l'ombre de son mari, il est vrai) au mépris de l'abondante production littéraire de la romancière. Le voici qui récidive avec ce titre : "Gaël Kamilindi, un métis entre à la Comédie-Française". Sommes-nous donc maintenant dans l'ère des contingentements : tant de natifs au carré (concept forgé, non sans ironie, par la démographe Michèle Tribalat pour désigner les "Gaulois" sans heurter les sensibilités vives), tant de métis, tant de quarterons (irons-nous jusqu'à l'octavon ?), tant de subsahariens et même d'Asiatiques, cette communauté trop discrètes pour faire valoir ses droits, sans compter les catégories liées aux préférences sexuelles ? Le journal ne voit-il pas combien il est insultant à l'égard du comédien en faisant abstraction de son talent et en ne voyant dans ce couronnement qu'une politique de promotion des minorités ? Le zèle antiraciste a parfois de drôles de conséquences.

Dumas, comme chacun sait, utilisait couramment des nègres qui lui préparaient la besogne. L'usage est assez courant en littérature et un certain nombre d'écrivains ont fait ainsi leurs gammes et avouent sans honte ce péché de jeunesse. Mais bientôt ils ne pourront pas dire fièrement "je suis ou j'ai été un nègre". Des organisations antiracistes (au premier rang desquelles le CRAN) veulent qu'on interdise le mot et qu'on le remplace par une lourde traduction du ghost writer anglo-saxon. Traquons le racisme dans les moindres recoins...Personnellement je m'en tiendrai à la tradition et je continuerai à utiliser ce honteux vocable, de même que l'expression "travailler comme un nègre" et je me régalerai toujours de "nègres blancs". Répondons par des mesquineries à la bêtise...Cette histoire de nègres m'en rappelle une autre, récente. En Hollande Saint Nicolas, dont la fête est très populaire, est accompagné traditionnellement lors de sa tournée des écoles pour distribuer des friandises, d'une sorte de père Fouettard appelé Zwarte Piet (Pierre le noir) déguisé en valet nègre de comédie. Évidemment les associations antiracistes sont montées au créneau pour dénoncer un stigmatisation d'une partie de la population et réclamer l'élimination du personnage. Tout aussi évidemment Gert Wilders, le populaire leader d'extrême-droite, l'a défendu au nom de la culture hollandaise et de la nécessité de s'adapter au pays dont on est l'hôte (ainsi les crèches de Noël sont-elles "culturelles" pour beaucoup de Français et méritent-elles d'être défendues). Quoi qu'il en soit la municipalité d'Amsterdam, sacrifiant au politiquement correct, a remplacé Pierre le noir par Pierre fromage, un personnage à peau jaune comme les pâtes molles hollandaises. Être antiraciste est vraiment difficile...

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22 février 2017

A Bobigny comme à La Souterraine, pour les jeunes y'a rien à faire...

"Qu'est-ce que j'peux faire, j'sais pas quoi faire." : les cinéphiles se rappellent cette scie d'Anna Karina dans Pierrot le fou que pourrait faire sienne la jeunesse malheureuse enfermée dans les "quartiers". Cet ennui qu'on croyait réservé aux villes agonisantes de la France périphérique, les frappe aussi et leur dernière trouvaille pour y échapper, c'est d'organiser de gigantesques batailles où les guerriers des Hortensias ou de Maurice-Thorez s'affrontent sur un terrain désigné (battes de base ball autorisées mais pas les Kalachs), et comme ces voyous ne respectent rien c'est maintenant dans les centres-ville sous le nez même des bobos. Derniers exemples : Clermont-Ferrand et Montpellier. Clermont, on le comprend : la ville est sinistre et n'a même pas un petit festival de portée internationale pour se donner une aura culturelle, mais Montpellier ? Le proconsul de Septimanie a dû se retourner dans sa tombe : n'avait-il pas fait de sa ville un lieu branché où culture et Boutique cohabitent harmonieusement ? Oui, mais voilà : tout pour le centre et rien pour la périphérie et jeunes de se plaindre "A Montpellier, y'a rien à faire!"

  Que faudrait-il donc à nos lascars pour combler cette béance quasi métaphysique ? Cette jeunesse très physique manque-t-elle d'équipements sportifs ? Terrain de foot, street basket, piscine, mur d'escalade, que sais-je encore ? On a jeté la manne à profusion sur nos jeunes gens (Bien entendu cela ne concerne pas les jeunes filles qui sont à la maison, font leurs devoirs et aident la maman). La culture ou ce qui en tient lieu ? Rap, slam, hip hop dans des salles municipales. Les cerveaux et les corps les plus exigeants devraient être comblés. Hélas, de temps en temps une "maison de la culture" brûle, un mur d'escalade est démoli, un club saccagé et soulagé de ses ordinateurs. Il faut bien que jeunesse se passe... Restent les cafés mais les "frères" ont fait comprendre à ces kouffars que leur place n'était pas ici : tout le monde au régime kebab, frites, Orangina. Les autres commerçants les ont vite suivis, las de se faire voler. A quoi donc s'occuper ? Tout le monde ne peut pas être dealer ou guetteur et on ne sait pas raccrocher les décrocheurs. Toujours en quête d'un "ailleurs" ils iraient volontiers dans les centres-ville lécher les vitrines des magasins de sport ou de téléphonie, regarder sous le nez les Gauloises court-vêtues qui les changent des joggings informes de leurs soeurs mais leurs quartiers sont mal reliés et, sortis de leurs réserves, ils sentent peser sur eux l'hostilité et les "mauvais regards".

  Que faire alors ? Allons nous abandonner à leur sort nos lascars qui sont l'avenir et la chance de la France ? Quand nous étions jeunes et que nous nous ennuyions, on nous disait "Lis" et au bout de cinq minutes l'ennui s'était envolé. Nos djeunes, hélas, ne voient pas les choses de la même façon. Le goût de la solitude leur est tout-à-fait étranger et ils n'envisagent de loisir que collectif : foot en bas des immeubles, palabres sans fin dans les halls qui sentent la pisse (en Afrique les adolescents peuvent passer des heures à discutailler dans la cour d'une concession en buvant un ignoble thé sirupeux). Et puis lire, il aurait fallu qu'on leur en donne le goût. Leurs profs ont bien essayé mais se heurtaient à l'indiscipline et au bruit qui empêchent la concentration nécessaire pour s'intéresser à une histoire et à des personnages, sans compter le regard de l'Autre qui a vite fait de vous traiter de bouffon et de vous le faire payer à la sortie. Si, donc, on ne peut élever les âmes, faisons s'épanouir les corps, et quand je dis "corps" je pense "sexe". C'est le problème majeur d'une jeunesse pleine de sang et d'hormones qui se calmerait et trouverait le bonheur en pratiquant des jeux sexuels plus piquants que des "tournantes" dans les caves. Oui, mais voilà :"Touche pas à ma soeur ou je te tarte la gueule à la récré" (en réalité, je t'attends avec mes potes armés de battes de base ball à la sortie du LEP, voire à l'intérieur, et je te laisse pour mort). Faudra-t-il donc créer des BDQ (Bordels pour Djeunes des Quartiers) sur le modèle des BMC (Bordels Militaires de Campagne) que les vétérans de nos guerres se rappellent avec nostalgie ? Et si ça ne suffit pas, que le gouvernement prenne le contrôle de ce nouveau jeu, organise des derbys entre quartiers, des championnats départementaux et nationaux, des paris. Ah ! si les politiciens avaient un peu d'imagination...

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11 février 2017

L-F Céline ou les salauds ne vont pas en enfer

L'historien Taguieff et une agrégée de lettres, Annick Durrafour, viennent de faire paraître un pavé, Céline, la race, le juif, légende littéraire et vérité historique, qui revient sur le problème de l'antisémitisme du romancier et tente de mettre un point final à la question en s'appuyant sur ses textes et sur de nouveaux documents d'archives. Les textes, on les connaît, essentiellement trois pamphlets : Bagatelles pour un massacre, L'école des cadavres et Les beaux draps (publié sous l'Occupation). Leur violence qui va jusqu'à l'éructation, l'excès dans l'injure, l'interprétation délirante de l'Histoire dont le moteur serait l'affrontement entre Juifs (alliés aux nègres) et Aryens (dans Bagatelles Louis XIV est même qualifié de juif...) ont pu faire croire à des gens comme Gide que Céline, pris par quelque étrange fantaisie, ne croyait pas un mot de ce qu'il y écrivait. Taguieff et sa co-auteure montrent au contraire que ces pamphlets sont par leurs thèmes très proches de ceux produits à la même époque par des antisémites d'un talent bien moindre, et surtout il y eut la Shoah qui a donné un tout autre poids aux excès du romancier. Son antisémitisme est incontestablement racialiste et non religieux. La pureté du sang et de la race était une des obsessions du docteur Destouches, sorte d'hygiéniste dévoyé, à une époque où Alexis Carrel développait ses théories eugénistes allant jusqu'à l'euthanasie de certains handicapés. Il reprend certes les vieux poncifs sur l'avidité des Juifs, leur pouvoir occulte et leur désir de dominer le Monde à partir de la City, mais la plus grande menace à ses yeux est le métissage qui détruira les Aryens auxquels Céline se flatte d'appartenir, et  la race blanche avec l'aide des Nègres (le "blanc" n'est qu'un fond de teint, écrit le romancier). De telles théories lui ont valu de gros ennuis après la guerre, qui auraient sûrement été pires s'il n'avait fui au Danemark. Comme tous les écrivains "collabos" il fut boycotté mais, avec l'aide de Gaston Gallimard, sut sortir de l'ombre où on voulait le maintenir. Des interviews et une émission de télé en 1957 pour la sortie de D'un château l'autre, premier livre de la trilogie où il raconte sa taversée dans l'Allemagne en guerre, le ressuscitèrent. Il joua, car c'était un grand comédien, vêtu d'invraisemblables nippes, à l'auteur maudit et persécuté pour son style, sa "petite musique" que tout le monde jalousait. Les Juifs? oubliés ? Pas tout à fait, il dit dans une lettre son admiration pour Le mensonge d'Ulysse de Rassinier, le premier négationniste.On y trouve cette formule très cynique :  "la magique chambre à gaz". Quelques années après sa mort en 1961 il devint un objet d'études universitaires et on a pu parler à une époque de "célinomania".  

Mais les deux auteurs ne se contentent pas de solliciter les textes des pamphlets, ils examinent ses actions pendant l'Occupation. Outre Les beaux draps, il publie des lettres ouvertes dans les journaux, se prévalant de son autorité en tant qu'antisémite. Plus que les cercles collaborationnistes il semblerait qu'il fréquente beaucoup les Allemands et pas des meilleurs : officiers de la Gestapo ou des SS. Jünger qui le croise parfois exprime son dégoût à son égard. Sa fréquentation la plus compromettante serait un colonel des services de renseignement et de propagande allemands. L'a-t-il recruté ? Possible mais pas sûr. S'il n'a pas été stipendié par les nazis, ils lui ont quand-même donné un refuge à Sigmaringen et, en pleine guerre, un laissez-passer pour le Danemerk où il avait placé son or . Ajoutons, pour brocher sur le tout, qu'il a dénoncé quelques juifs et  communistes.

Mais qu'est-ce que ça change ? L'homme est condamnable, par ses actes et ses écrits, il a sûrement des morts sur la conscience, mais qui a dit que les écrivains devaient être exemplaires ? Au-delà de ses idées politiques et compte-tenu de sa pitié pour les malades et les animaux,le caractère de Céline ne l'était guère. Il s'est montré arriviste (épouser la fille du doyen de la fac de médecine...), avide, lâche, ingrat (par exemple dans ses relations avec l'universitaire juif américain venu le visiter au Danemark, ce qu'évoque un film récent d'Emmanuel Bourdieu).On sait bien, grâce à Proust, que l'être social et l'écrivain sont différents. On peut condamner celui-là, c'est le temps et la postérité qui jugeront celui-ci. Un écrivain génial n'est pas intouchable mais il ne faut pas occulter son oeuvre. On continuera, bien sûr, à lire Céline, notre plus grand styliste du XXème siècle avec Proust, sans scrupule ni gêne. Les pamphlets, je ne sais pas. J'ai lu Bagatelles il y a longtemps, ai essayé de le relire mais ne suis pas arrivé au bout : la mécanique tourne à vide et la verve comique s'essoufle, mais les romans ! Voyage au bout de la nuit (Céline avait le génie des titres : Mort à crédit, Guignol's band...) avec Bardamu qui traverse tous les enfers du siècle et son double Robinson. Encore mieux Mort à crédit où la phrase commence à se disloquer, où la fantaisie de Céline se donne libre cours dans des scènes fantastiques, la trilogie allemande, Lucette, céline, le Vigan et le chat Bébert entre château baroque et bombes au phosphore flambant Dresde. Et même des pochades comme Guignol's band ou Féerie où s'épanouit sa verve comique. Tout est bon dans Ferdinand, sauf l'homme...

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05 février 2017

Contre le repli sur soi et la haine de l'Autre le "Monde" mène toujours le bon combat

Qui aurait cru que Julie Clarini, collaboratrice du "Monde des livres" était une guerrière ? Dans son article qui promeut L'histoire mondiale de la France (sous la direction de Patrick Boucheron, collaborateur du "Monde des livres") elle met sabre au clair pour accompagner dans leur offensive"le bataillon des historiens de métier qui montent au front"  qui "investissent le débat public" quand ils ne se livrent pas à des "razzias" dans le camp adverse. Visiblement l'heure est grave et la guerre est déclarée. Qui sont donc les adversaires ? A ma droite une bande de traîne-patins miteux, j'ose à peine écrire les noms, dont certains me sont d'ailleurs inconnus : Lorànt Deutsch, Jean Sévillia et autres Zemmour. Ils ont étudié l'histoire dans "Historia", s'arrangent avec la vérité comme de vulgaires Trumps, entonnent le péan de la France éternelle et de la gloire de nos aïeux et, pour brocher sur le tout, affichent l'idéologie la plus sombrement identitaire et la haine de l'Autre la plus abjecte, se réjouissant que les Arabes aient été arrêtés à Poitiers en 732 ou que Jeanne ait bouté l'Anglais hors de France. A ma gauche 120 "historiens de métier" chercheurs et enseignants sous la houlette du prestigieux Boucheron, professeur au Collège de France (si vous ne le connaissez pas, c'est que vous vivez au fin fond de l'Auvergne dans un buron qui ne capte ni réseau ni ondes hertziennes : on ne voit que lui dans les médias). Au nom de la neutralité de la recherche, ils se défendent de toute idéologie même sanctifiée par la Bonne presse. Voire...En tout cas le combat paraît inégal entre quelques franc-tireurs et cette phalange glorieuse. Oui mais les premiers vendent très bien leurs livres, le "roman national" chatouille la veine héroïque et patriotique du lecteur moyen, alors que les ouvrages des historiens, plus austères, restent réservés aux spécialistes.

La contre-attaque prend donc la forme d'un livre de 800 pages, certes, mais qui fait oeuvre de vulgarisation :  Histoire mondiale de la France. En exergue une phrase de Michelet :"Ce ne serait pas trop de l'histoire du monde pour expliquer la France". Qui pourrait aller là contre ? La France, comme tout pays, est imbriquée dans l'histoire des autres, a connu les invasions mais aussi la colonisation, a fait la guerre ou du commerce, s'est frottée à d'autres cultures. Tout cela fut digéré, assimilé, transformé pour donner à notre pays son identité, qui n'est pas celle de ses voisins, quoi qu'on dise, et j'ai bien peur que cette différence croisse avec la distance. La journaliste écrit que cette formation s'est faite dans les ruptures et les discontinuités, mais toutes celles-ci, qui sont notre passé, finissent par former quelque chose qui nous unit et prend sens, "le souvenir des grandes choses faites ensemble, dit Renan". Elle se félicite aussi que cette histoire détruise quelques mythes, dont celui de 732 qui, décidément, ne passe pas. Qu'importe si ce ne fut qu'une escarmouche qui n'eut même pas lieu à Poitiers, ce qui compte c'est qu'à partir du milieu du VIIIème siècle les Arabes refluèrent. "La journaliste écrit"...mais que dit le livre ? Les 120 auteurs n'ont-ils en commun qu'une méthode scientifique ou partagent-ils la même idéologie de rejet de la "France moisie" et d'ouverture inconditionnelle aux populations et cultures d'Ailleurs ? (tiens, justement, Macron proclamait hier qu'il n'y avait pas de culture française mais une culture en France qui est diverse). Difficile de juger sans avoir lu l'ouvrage même si des soupçons peuvent peser sur le directeur de l'équipe...Du reste c'est la façon d'en rendre compte et de s'en emparer qu'a eue Clarini qui m'intéressait. Difficile, en tout cas, pour l'historien de se dépatouiller de la politique : soit il s'engage et est amené à tordre la vérité, soit il s'efforce à la plus parfaite neutralité et il devient la cible de telle ou telle communauté offensée qui le traîne devant les tribunaux (Pétré-Grenouilleau accusé de rien moins que de négationnisme ou Bensoussan d'islamophobie). Plus que jamais il est important de savoir d'où ça parle. Pour Julie Clarini il n'y a aucun doute...

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29 janvier 2017

Bernard Buffet quand-même...

clown Buffet

Je m'étais bien promis de ne pas aller voir l'expo Bernard Buffet qui se tient actuellement au Musée d'art moderne. Le XXème siècle est celui de l'art abstrait auquel peu de peintres ont eu le talent ou le génie de résister; ce ne fut pas le cas, me semblait-il, de Buffet, dont les têtes de clowns pour salon petit bourgeois, les Annabelles anguleuses se multipliant comme des boîtes de soupe incarnaient à mes yeux le mauvais goût en peinture et justifiaient le discrédit dans lequel était tombé le peintre. Je voyais dans cette expo une de ces opérations "réhabilitation" auxquelles se livrent certains conservateurs par passion ou provocation et je ne voulais pas en être le pigeon.

Eh bien, ça n'est pas si simple.Je ne m'imaginais pas ce que Buffet a pu représenter dans l'immédiat après-guerre. Il n'a pas 20 ans qu'il est déjà célèbre, on l'achète, on le loue. Et ses premières oeuvres sont, en effet, impressionnantes. Elles provoquent par leurs sujets terre-à-terre (l'homme mangeant un oeuf au plat) ou "vulgaires" : l'homme au cabinet, culotte baissée et sexe pendant. Il peint une descente de croix dans un décor contemporain très dépouillé et géométrique à la fois émouvante et scandaleuse. Toute cette peinture est dans des tons blêmes et gris qui évoquent la dureté du temps et les privations qu'on supportait encore (au point que les couleurs manquaient aux peintres). Difficile de ne pas être touché par cette violence et cette tristesse. Sa réputation va croître très vite, il sera classé dans les 10 meilleurs peintres du monde (quoi que veuille dire un tel classement), on le considère comme une sorte de génie précoce, un Radiguet de la peinture (il fréquente aussi Cocteau) et il vend bien. Trop peut-être, l'argent afflue et il va s'acheter des châteaux, une Rolls, bientôt on parlera plus de lui dans "Paris-Match" que dans les revues d'art. Le jeune loup efflanqué et très beau (il ressemble à Nicolas de Staël) qui débarque avec son amant chez Giono (l'écrivain entre ces deux beaux jeunes gens, ça surprend) va se marier, s'embourgeoiser. Pour une fois la documentation essentiellement photographique de l'exposition est intéressante, on peut suivre l'évolution artistique de Buffet selon les gens qu'il fréquente - après les artistes les people - et sur son physique. Le zazou devient un bourgeois bien peigné et légèrement empâté qui grossira de plus en plus, devenant à la fin une sorte d'ogre. Il se met à produire frénétiquement des séries de tableaux de très grand format par thèmes : les oiseaux, la guerre, le cirque...Quand les couleurs sont vives cela tourne souvent au barbouillage et, dans tous les cas, échappe rarement au poncif du genre clown triste. Parfois une exception comme ces deux raies peintes sur une toile immense. Son activité se déploie aussi dans les arts décoratifs : timbres-poste, décors de théâtre, illustrations de livres, couvertures de magazines...Il est de plus en plus riche (ses têtes de clowns sont reproduites à des millions d'exemplaires), de plus en plus méprisé, il s'aigrit. Il est pourtant capable encore de nous accrocher, comme avec ses tableaux inspirés par L'Enfer de Dante. Et puis c'est la maladie de Parkinson qui, comme une sorte de punition, lui interdit la peinture, et son suicide.

Sortant de l'exposition, on se dit qu'il ne méritait ni l'excès d'honneur de ses débuts ni le mépris qu'on lui manifesta par la suite. L'abstraction qu'il a refusée n'est peut-être pas le dernier mot de la peinture et s'il n'a guère changé sa manière, on pourrait en dire autant de beaucoup d'autres peintres mieux considérés. Aurait-il dû mourir jeune comme tous les "génies" ? Que serait devenu Radiguet si la maladie ne l'avait pas emporté à 20 ans ? Un romancier laborieux pondant régulièrement son petit roman psychologique à la française ou une sorte de Roger Peyrefitte pimentant de son homosexualité des livres en forme de trou de serrure ? Lautréamont se serait-il transformé en poète rangé et Rimbaud un chrétien tel que le voulait Claudel ? Faut-il réhabiliter d'autres peintres encore moqués aujourd'hui ? Après tout il y a bien eu récemment une expo Winterhalter, ce parangon de peinture mondaine, et certaines gens adorent les paysages monmartrois d'Utrillo. La chose est possible : les conservateurs ont de l'entregent et savent jouer de la grosse caisse; il est plus difficile de faire sortir de son purgatoire un écrivain. Relira-t-on un jour Duhamel et s'enthousiamera-t-on pour la poésie redécouverte de Sully Prudhomme ? Voilà qui laisse bien des choses à penser comme dit l'un de mes auteurs favoris...

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19 janvier 2017

Macron, le tabac et les Ch'tis

La déclaration de Macron sur l'alcoolisme et le tabagisme dans les Hauts-de-France a fait presque autant de bruit sur les réseaux sociaux que la gifle encaissée par Valls ou que l'histoire du technicien trop galant. Il faut admettre qu'elle était particulièrement maladroite envers une population qui se sent souvent montrée du doigt et n'a pas oublié, par exemple, la banderole déroulée dans les tribunes d'un stade parisien : "Pédophiles, alcooliques, bienvenue aux Ch'tis". Par réaction elle a développé un fort sentiment d'appartenance et une fierté qui frôle l'esprit de clocher. Ainsi voyait-on il y a quelques années, sur la vitre arrière de voitures roulant au diesel, dégageant un épais nuage de fumée noire et immatriculées 59 ou 62 : "Inlève ton kapiau, v'la un Ch'ti qui passe". Du reste Macron n'avait pas tout-à-fait tort mais ce qui m'a fait réagir c'est la mise sur le même plan du tabac et de l'alcool et leur rapport à la pauvreté. Dans la France d'avant 1914, celle de l'école primaire éducatrice du citoyen, avec ses affiches "foie d'homme sain, foie d'alcoolique", il y avait trois grands fléaux qui s'abattaient sur le peuple : l'alcoolisme, la tuberculose et la syphilis, il n'était jamais question du tabac. Il semblerait que ce soit lui maintenant la plus grande menace pour la santé publique et plus particulièrement pour les personnes défavorisées.

L'opprobre jeté sur le tabac est pourtant très récent et son usage dans les différentes catégories sociales très variable. Comme en témoignent les tabagies de la peinture hollandaise au XVIIème siècle, seuls les gens du peuple se réunissaient dans des auberges pour fumer et boire de la bière. Au siècle suivant c'est dans la noblesse, au contraire, que se répand l'usage du tabac à priser. De cette époque date la chanson "J'ai du bon tabac". A l'âge du romantisme ce sont surtout les jeunes gens et les artistes qui fument la pipe ou le houka avant que n'apparaissent les cigarettes turques ou égyptiennes au tabac parfumé qui évoquent les boudoirs des demi-mondaines. Puis arrivent les cigarettes traditionnelles, célébrées par Mallarmé dans un poème ou dans la chanson réaliste, "Du gris que l'on roule...". Ce gris est le tabac du peuple alors que les heureux du monde fument des tabacs blonds de luxe. L'union sacrée dans les tranchées effacera un temps ces différences, tous les Poilus consommant le même perlot ou gros cul (de même l'armée distribuera à tous les appelés les "troupes", Gauloises ou Disques bleus, jusqu'à la fin des années 60). Cette coupure sociale persistera pendant tout le XXème siècle : cigarettes "américaines" pour les riches et tabac brun pour le peuple, fume-cigarette ou filtre contre mégot baveux au coin des lèvres. Dans les campagnes beaucoup de paysans (mais aussi, plus généralement ceux qui travaillaient en plein air) adoptaient la papier maïs qu'il fallait sans cesse rallumer. Il faut aussi faire un sort à la pipe : dans les années 50-60 tous les professeurs de philo portaient la barbe et fumaient la pipe et tous les adolescents s'y essayaient. Le tabac jouissait alors d'un certain prestige mais jai vu disparaître les derniers fumeurs de pipe dans les lycées à l'orée du XXIème siècle. Sous toutes ses formes il était largement répandu dans la société comme en témoignent les films d'époque. Puis en quelques années tout a basculé sous le coup d'une politique anti-tabac brutale : augmentation effarante du prix des cigarettes, interdiction de fumer généralisée, endoctrinement des enfants pour faire la leçon à leurs parents comme dans les pires états totalitaires, campagne "d'information" qui traînent dans la boue les fumeurs, accusés d'être égoïstes, de coûter à la société et quasiment d'être des assassins. La pression idéologique n'a pas été moins forte avec son hygiénisme, son culte du corps et du sport. Par là s'est introduit le mépris de classe : le fumeur est ringard, mal informé, malsain, souffreteux ou obèse, il pue comme souvent les pauvres...Si l'on excepte les jeunes qui fument pour faire une expérience quel que soit leur milieu, il semble que les autres fumeurs ne sont plus que des gens de peu : prolétaires traditionnellement élevés à la bibine, immigrés, chômeurs qu'on accuse de fumer leurs indemnités comme  l'ouvrier autrefois de boire sa paye, leur reprochant leurs pauvres plaisirs et leurs dérisoires moyens d'évasion. Alors, oui, une certaine forme d'alcoolisme et le tabagisme sont souvent liés et, assurément, la pauvreté en est pour une part responsable, mais j'ai encore peine à voir dans le second un fléau social à l'égal de l'alcool, peut-être parce qu'il n'y a pas eu de grands romans comme L'assommoir ou Au-dessous du volcan pour cette addiction ou que sa condamnation est trop récente pour porter et qu'elle prend souvent des formes hystériques insupportables.

 

 

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12 janvier 2017

Politique et showbiz : de Coluche à Meryl Streep

Le dernier épisode en date de la collusion entre deux mondes qu'on préférerait séparés est le discours de Meryl Streep à la cérémonie des Golden globes où elle s'en prend à Donald Trump sans le nommer. Ce discours, dont il faut bien dire qu'il était un peu gnangnan et téléramesque (les étrangers, les handicapés...) a déclenché l'ire des trumpistes français, un mélange d'anticonformistes, de contempteurs des élites chez nous et ailleurs (la pauvre Meryl s'est retrouvée rhabillée en jeune fille de bonne famille de Nouvelle-Angleterre éduquée dans un collège de l'ivy league), de soutiens avérés de Poutine et d'admirateurs du courant républicain tea party. On peut en effet considérer que des histrions n'ont pas à profiter de leur notoriété pour faire la leçon aux hommes politiques et bourrer les masses de moraline, mais c'est quand même piquant quand on voit que la cible de la comédienne est l'ancien animateur d'un jeu de télé-réalité. Transposons un peu : c'est Cyril Hanounah aux marches de l'Elysée...

Dans une société du spectacle, les deux mondes ne pouvaient que se mélanger. Les politiciens ont emprunté au showbiz ses moyens : chapiteaux immenses pour les meetings, éclairages aveuglants, sonos assourdissantes, chorales et majorettes. Que sont les réunions sous les préaux d'école devenues et les affiches à texte ? La télé a fait le reste qui filme les réunions électorales comme un concert de rock. Et le mouvement inverse a eu lieu : les vedettes du showbiz avec leur ego sur-dimensionné se sont dit "Pourquoi pas moi ? Je serai meilleur que lui, j'ai plus de métier". On s'est beaucoup moqué de Reagan, acteur devenu président, en oubliant qu'il avait été un responsable syndical de haut niveau et que gouverner la Californie l'a préparé à une présidence qui ne fut pas si mauvaise. Mais nous ? Souvenons-nous de la candidature Coluche en 1980. Il atteignit à un moment 16% d'intentions de vote dans les sondages et ce qui au départ était une farce hénaurme commença à faire peur aux politiques. Des intellectuels prestigieux (Bourdieu, Deleuze, Guattari...) le soutinrent, moitié par anarcho-gauchisme, moitié par normalo-canularisme. Coluche lui-même finit par y croire et sa déclaration de candidature toute empreinte de vulgarité "bleu-blanc-merde" résonne un peu comme le discours populiste d'aujourd'hui : "J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les pédés, les femmes [....] tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques, à voter pour moi". La baudruche se dégonfla mais Beppe Grillo, lui, a réussi, du moins partiellement. Vous me direz, les Italiens...Six ans après c'était Montand. L'ancien "idiot utile" de Staline vécut toutes les désillusions des "compagnons de route", du rapport Kroutchev à Prague et il mit tant d'eau dans son vin qu'il tourna franchement reaganien et pensa vraiment être candidat à la présidence à un moment où la Gauche tanguait, tout en déclarant candidement à la télévision qu'il ne connaissait rien à l'économie. Dieu merci, Tonton se reprit...

Ces velléités de participation directe à la vie politique restent marginales et folkloriques, le pire ce sont toutes ces vedettes qui s'érigent en censeurs des moeurs, des lois, des gouvernants, et surtout du peuple. On y trouve certes des acteurs, ou plus souvent des actrices, mais aussi des sportifs, des amuseurs publics, des chanteurs, des animatrices belges...Selon leur chapelle ils dénoncent le racisme, l'islamophobie qui rappelle "les heures les plus noires...", les catho-réacs, les violences policières, la justice au service des gros, les violences conjugales, l'expulsion des Roms ou des réfugiés, l'homophobie et, pour faire bonne mesure, la transphobie des cisgenres (je ne suis pas peu fier d'avoir appris récemment ce mot)... Ils n'ont pas toujours tort, mais ce qui est insupportable c'est le ton compassé et l'air constipé avec lequel ils profèrent leurs anathèmes, si sûrs d'être du bon côté et aimés de Dieu comme le Pharisien de l'Evangile. Ce qui est insupportable c'est cet air de maître d'école, cette véhémence feinte pour s'adresser aux responsables de tous ces maux, cette prétention à juger de problèmes complexes qui dépassent un entendement pas toujours très développé. Ils somment le populo d'aimer qui le ruine ou lui pourrit la vie, eux les privilégiés dont la notoriété est fondée sur du vent. De temps en temps l'un d'eux se fait poirer, qui planquait son magot en Suisse ou dont les vices privés démentaient ses vertus publiques, mais l'épisode est vite oublié. Que ces gens aient un peu de pudeur, la conscience de leurs privilèges et de leurs insuffisances et sachent rester de simple citoyens.

 

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07 janvier 2017

Hommage aux morts de l'an 2017

J'ai lu sur Slate qu'il existait des sites de paris sur les morts de l'année à venir, pratique qui peut paraître légèrement immorale, mais le magazine en ligne reprochait surtout à ces sites anglophones d'être trop centrés sur leur univers et de négliger un peu les autres pays. En bon patriote je dresserai donc ma propre liste, non sans laisser place à quelques étrangers, témoignant ainsi de l'esprit d'ouverture à l'Autre de notre pays et de ses valeurs universelles.

 Giscard d'Estaing : ancien président de la république (respect ! O jeunesse oublieuse qui n'as pas connu les années 70, celles de la douceur de vivre). Il s'est éteint dans un dernier chuintement entouré de l'affection de tous les siens.

  Jeanne Moreau : l'arrière-grand-mère du cinéma français nous a quittés. Le titre revient maintenant à Catherine Deneuve.

 Edgar Morin : qu'il nous semble lointain le jeune chercheur de Plozevet et l'universitaire se plongeant avec délices dans la Californie bouillonnante des années 60 et succombant à toutes ses tentations ! Il est mort d'une attaque en présentant un énième rapport devant la énième commission qi'il présidait sur l'école ou le vivre-ensemble.

 Jean Daniel : le célèbre journaliste est mort à sa table de travail où il rédigeait son 58 340ème article, après avoir battu le record de longévité de Geneviève Tabouis. Alain Duhamel serre les fesses.

 Renaud Camus : mort dans l'incendie mystérieux de son château. Malgré la présence signalée de silhouettes mystérieuses dans le petit village de B.....et une forte odeur d'essence, la gendarmerie locale a conclu à un court-circuit dans un système de chauffage mal installé.

 Philip Roth : il a rejoint la troupe immense des écrivains à qui on a fait espérer le Nobel et qui sont morts avant de l'avoir obtenu.

 J-M Le Pen : apprenant que sa fille qu'il avait reniée était élue présidente de la République, il s'est effondré et n'a pu être ranimé. Son corps, enveloppé dans son célèbre manteau rouge, est exposé au siège du Parti où une poignée de militants se rejoue Nuremberg avec torches et chants de la "Coloniale". L'inhumation aura lieu dans un endroit gardé secret.

Christiane Taubira : lassé de l'entendre réciter sans arrêt du René Char ou du Césaire, son compagnon  dans une crise de démence lui a enfoncé une banane dans le gosier et elle est morte étouffée.

Edwy Plenel : empoisonné par un épanchement de bile.

 Pierre Bergé : pour échapper aux dégradations de la vieillesse, s'est tranché les veines dans sa baignoire de marbre remplie d'eau tiède et parfumée, entouré de ses disciples préférés in naturalibus. Devisant sur l'art et la littérature il a manifesté une dernière volonté : que ce galopin de Chevillard soit enfin viré du "Monde des livres".

 Martine Aubry : enlevée à notre affection par une cruelle maladie du foie. Vous m'avez compris...

 Pépère : Décidément son retrait ne passait pas et le regret le rongeait. "J'aurais pu gagner au lieu que cette bande de nullards...pensait-il". L'ancien "commandant en chef" s'était acheté des soldats de plomb, mais ça n'avait plus le même goût. D'ailleurs rien n'avait plus le même goût : il ne parcourait plus Paris sur son scooter d'une bonne fortune à l'autre, il avait même envisagé de revenir à la femme première et à lui proposer le conjugo, c'est dire... Se retirer chez les chartreux ? il laissait ça à d'autres .Même lire la prose de ses chers journalistes l'ennuyait. Le syndrome de la retraite n'est pas un vain mot , pensa-t-il quand sa décision fut prise. "On l'a r'trouvé au petit jour, pendu comme un drapeau en berne..."

 

 

 

 

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29 décembre 2016

Mes bonnes résolutions pour 2017

  Je n'appellerai plus Edwy Plenel "le moustachu lugubre" ni ne le traiterai d'idiot utile. Je dirai : "le talentueux essayiste" ou "le redoutable polémiste".

  Je ne relèverai plus les fautes d'orthographe des internautes ni les fautes de français des journalistes de France-cul. A vouloir blanchir la peau d'un nègre...

  Je ne confondrai plus l'islamisme et l'Islam, religion de paix et d'amour.

  Je cesserai de murmurer entre mes dents (on ne saurait être trop prudent avec les époux ou les grands frères) "Libérez-vous, mes soeurs", chaque fois que je croise une femme voilée.

  Tous les matins  je lirai "Libé" dévotement  et applaudirai à l'éditorial de Laurent Joffrin.

  Je recevrai les Témoins de Quinoa et écouterai avec patience leurs arguments.

  Je ne me moquerai plus de Léo Hamon, de sa licence d'histoire obtenue à grand peine et de sa barbe bleue qui lui fait une tête de forban (Ah, zut, ce n'est pas Léo mais Benoît).

  Chaque matin j'écouterai du rap pendant une heure afin de me rapprocher de cette jeunesse des "quartiers" qui est l'avenir de la France.

  Je n'ironiserai plus sur les bobos qui-résistent-en-terrasse et habitent un "vrai" quartier "mélangé" qui leur permet de fraterniser avec leur boulanger arabe et leur femme de ménage malienne. Je ne les accuserai même plus de fouler au pied la mixité sociale quand ils mettent leurs rejetons dans des collèges privés.

  J'irai pieds nus et la corde au cou implorer le pardon de Christiane Taubira que j'ai gravement offensée en prétendant qu'elle était incompétente, vaniteuse et pas si cultivée que ça.

  Et je n'appellerai plus Najat Vallaud-Belkacem Pimprenelle, mais "madame la ministre en charge de la réforme démocratique et égalitaire du collège".

  Si Hollande repart au combat après avoir vaincu le chômage et libéré la veuve Sauvage, je ne ricanerai pas ni ne me poserai de questions sur son équilibre mental.

  Je ne lirai plus une ligne des néo-réacs. Les Finkelkraut, Gauchet et autres Polony peuvent aller se rhabiller, ils n'empoisonneront plus mon esprit avec leurs propos déclinistes et leur refus de la mixité et du multiculturalisme, ces deux phares du progressisme.

  Je cracherai sur tous ces prolos aigris, alcooliques et fascisants de la France périphérique qui finiront dans les poubelles de l'Histoire.

  J'achèterai un poste de télé pour pouvoir regarder ces fameuses "séries" auxquelles mon prestigieux quotidien consacre de plus en plus de place.

  Et si jamais - ce qu'à Dieu ne plaise - Marine Le Pen, Fillon ou Valls remportait la présidentielle, ce blog deviendra un véritable brûlot contre eux. Qu'il soit de droite, libéral ou de gauche, le fascisme ne passera pas !

  

 

 

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15 décembre 2016

Votons Peillon, nom de nom !

Ce titre qui sonne comme un slogan, je l'offre à Peillon pour qu'il aille au canon et vole d'urne en urne jusqu'au faîte de l'Elysée. Car Peillon est mon candidat et plaise aux dieux qu'il reçoive bientôt les lauriers de la victoire ! Oh, ce n'est pas le philosophe qui m'a séduit, la lecture de ses premières interviews n'a pas dévoilé des himalayas de pensée ni des concepts profonds comme l'abîme, la langue de bois au contraire y régnait et il sonnait comme un tonneau vide. Je n'ai pas été sensible non plus à son charisme ni au charme de sa personne; comment pourrait-il lutter contre son frère ennemi, le sémillant Montebourg ou contre le bel Emmanuel qui remue les entrailles d'un public enamouré ? Du reste une femme m'eût fait plus d'effet, ah, s'il y avait eu les yeux noirs de Pimprenelle ou Ségolène dans la splendeur de son automne ! Mais ne rêvons pas, le PS est misogyne quoi qu'il en ait. Serait-ce son passage au ministère de l'éducation nationale ? Là encore, non. Il passa comme l'éclair, discourut beaucoup mais fit peu. Son programme peut-être ? Je vois que vous plaisantez. Jusque là il consiste à dire que tout ce qu'a fait Hollande est bien fait. On peut se demander s'il n'y a pas quelque masochisme à endosser une politique unanimement rejetée par le peuple français à l'exception de quelques pétitionnaires. A-t-il vraiment l'intention de continuer dans la même voie, c'est difficile à croire. Non, ce qui m'a conquis c'est ce trait d'économie sublime - les malveillants parleront de lésinerie crasse - qui a consisté à garder par devers lui sa cotisation au PS. Ce garçon sait la valeur de l'argent et s'évertue à en gagner par tous les moyens, y compris en grattant un peu : confortable indemnité parlementaire, cours dans une université suisse (suisse ! c'est tout dire), recettes éditoriales...Une telle mentalité sera un exemple pour le peuple auquel on resservira ce bon vieux slogan : "Enrichissez vous !". Ne gaspillez pas votre précieux argent, amassez, thésaurisez ! La richesse de chacun entraînera celle de tous, et bientôt, les bénédictions divines pleuvant sur lui, tous déficits comblés, notre pays assis sur un tas d'or regardera de haut ses partenaires européens et causera d'égal à égal avec la Suisse. Ah oui, il n' y a pas à hésiter, votons Peillon, nom de nom !

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