Causons derechef

14 octobre 2017

Au grand bal d'Hollywood les faux-culs mènent la danse

Ma première réaction au scandale Weinstein a été celle d'un cinéphile : comment ! on était en train de s'attaquer à un des topoï les mieux établis du cinéma hollywoodien, la petite starlette ambitieuse nourrie de maïs et d'école du dimanche au fin fond du Nebraska ou la southern Belle languide, qui sacrifient leur vertu pour un soir afin d'obtenir d'un producteur gros, libidineux et fumant le cigare, le rôle qui les fera accéder au firmament. Ce personnage était sympathique, tantôt résistant à la tentation mais voyant avec dépit les copines lui passer devant, tantôt y allant franco dans un mélange de dégoût et de cynisme. La chose semblait faire partie du jeu et on la traitait en général avec légèreté. Heureusement l'indignation générale et la véhémence des condamnations m'ont fait rentrer en moi-même et me soumettre à la Loi morale qui règne dans mon coeur comme dans celui de tous les humains. Ce porc (le terme revient souvent sous la plume de l'internaute indigné) abusait de sa richesse et de son pouvoir pour suborner de pures et fraîches jeunes filles (oh! si fraîches, et devant frotter leur peau de lait à la couenne du monstre). Certaines, bien que dégoûtées, y revinrent à l'occasion, d'autres furent violées, et la chose dura pendant des années au point qu'on a parfois l'impression que tout Hollywood est passé dans le lit du monstre (on supposera vertueux tous les autres producteurs). Comment ne pas se joindre, alors, à la réprobation générale : viols, abus de faiblesse, chantage, obtention de faveurs sexuelles par la force, son compte est bon : on va le livrer aux psys et lui faire cracher sa monnaie dans une série de procès affriolants qui pourraient d'ailleurs être exploités dans des films.

  J'en serais resté là si un démon ne m'avait soufflé à l'oreille que ce n'était peut-être pas si simple. Comme cela durait depuis des années tout Hollywood le savait et il paraît même que dans ce monde dépravé, on en souriait au lieu de jeter l'anathème. Ne peut-on même imaginer que certaines des victimes s'en soient vantées et même ait donné le tuyau à leurs bonnes copines (attention ! Je ne compte pas les violées parmi elles). D'autre part c'étaient de grandes filles qui savaient ce qu'elles faisaient, le moyen de parvenir n'était sûrement pas moral mais c'est une affaire entre leur conscience et elles. Parvenir ? ce n'est même pas la raison pour certaines qui avaient déjà réussi leur carrière grâce à leur entregent (Bon, je pense à l'une de ces "victimes" que je ne nommerai pas). Cette indignation vertueuse est, comme souvent, bien hypocrite et cette hypocrisie ne concerne pas que le monde du cinéma. Les frères Weinstein étaient des donateurs très généreux pour la parti démocrate et leurs anciens amis, les Clinton, Obama, qu'on voit souvent photographiés avec eux dans des banquets ou des parties, les lâchent sans vergogne, manifestant un dégoût qui leur est venu bien tard. Il faut avouer que ces scrupules féministes chez Bill Clinton font plutôt rigoler...

  Élargissons un peu la perspective. Dans les années 20, sous trois présidents républicains, fut aussi mené un combat contre le Vice dont l'épisode le plus marquant a été la Prohibition décidée sous la pression des églises protestantes et des ligues féminines. A l'époque Hollywood était déjà considérée par les puritains du Middle West (c'est le monde de Babitt) comme la sentine de tous les vices et des acteurs comme Fatty furent dénoncés par une presse qui savait titiller le lecteur pour susciter son indignation. En 1930 Hays écrivit son fameux code pour brider le sexe au cinéma. La Vertu était alors farouchement défendue par l'Amérique conservatrice, même si ce fut un peu en vain. Or le Bien a changé de camp et la Vertu changé d'âme, maintenant c'est l'Amérique "de gauche" qui mène le bon combat, celui contre le sexisme, pour le féminisme, pour la défense des minorités sexuelles ou raciales, au point de vouloir effacer des pans entiers de son histoire comme le montre le déboulonnage des statues dans le Sud. Mais, en admettant que ses causes soient plus nobles, le fait-elle avec moins de pharisaïsme quand on voit que Weinstein a exercé son droit de cuissage pendant des années au vu et au su de tous nos progressistes d'Hollywood ? Prendre de temps à autre un bouc émissaire pour pouvoir continuer en paix ses petites turpitudes est bien commode. Et surtout, ne convient-il pas de se méfier d'un moralisme qui traîne toujours après lui le fanatisme,l'intolérance et le mensonge ? 

 

Posté par Cotonet à 09:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


08 octobre 2017

Un pignouf à l'Elysée ?

Les journalistes, avec leur goût pour la "petite phrase", ne pouvaient pas rater celle-ci, prononcée à Egletons au coeur du coeur de la France périphérique : "Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux de regarder s'il n'y a pas des postes là-bas". Et les internautes d'embrayer et de s'indigner avec un bel ensemble et un peu d'hypocrisie. Alimentée par la maladresse de deux de ses conseillers en com' (la com, l'escroquerie du siècle), la chose a pris des proportions insensées. Il semble que ce qui les a choqués, plus que la condamnation des ouvriers feignants et agités, c'est la verdeur de l'expression, pourtant très courante, comme s'ils avaient honte de leur propre trivialité à laquelle les renvoyait la phrase du président. Qu'aurait-il dû dire ? "semer la zizanie", "manifester bruyamment leur ire"? En s'adressant à des "illettrés" ne sachant pas le latin et n'ayant pas lu le dictionnaire jusqu'à la lettre Z ? Ou alors "mettre le souk ou le bazar"? Vous rêvez, c'aurait été stigmatiser une minorité racisée; il aggravait son cas. "Semer la merde ou faire du binz", là on est franchement dans le scatologique et les internautes se seraient étranglés. Pouvait-il tenter, comme le Général, quelque archaïsme du genre "quarteron" ou "chienlit" qui eût piqué la curiosité du bon peuple et l'aurait en même temps tenu à distance, par exemple "chambard" ou "émotion"? Pour un président qui table sur la jeunesse et le renouvellement ça la foutait mal (je m'y mets aussi). Non, il s'est contenté d'une expression argotique très répandue et somme toute assez plate puisque ses connotations sexuelles ont pour ainsi dire disparu. Mais les vrais gens se sont dit :"Comment qu'y nous cause, lui !" et ont pensé que quand on est allé dans les meilleurs écoles (un collège jésuite, ça n'est pas de la petite bière) et même si on a raté la plus prestigieuse, on devrait avoir à coeur de conserver un style soutenu en toute circonstance, comme une sorte de politesse envers ceux auxquels on s'adresse et qu'on semble considérer ainsi capables de comprendre une pensée complexe. L'essentiel n'était pas ce que la phrase pouvait révéler de la pensée politique de Macron mais son style qui désacralisait la parole présidentielle (on a rappelé le très grossier "Casse-toi, pôv'con, de Sarkozy"). Toutefois, n'exagérons pas : il a fait en sorte lors de nombreuses cérémonies de resacraliser une fonction que son prédécesseur avait presque rendu grotesque et son langage habituel n'a pas le débraillé démago de Sarko. Il y a eu là un petit dérapage, dû probablement au harcèlement journalistique, pas de quoi fouetter un chat ni s'indigner vertueusement.

Posté par Cotonet à 07:57 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29 septembre 2017

"Un beau soleil intérieur" : hommage à Juliette Binoche

J'y allais pourtant à reculons : la quasi unanimité de la critique, les épithètes élogieuses qui surchargeaient l'affiche, me faisaient craindre une de ces manifestations de copinage si fréquentes dans le cinéma français (en quoi j'avais tort car Claire Denis est une cinéaste très personnelle et inclassable, éloignée de - disons - la bande à Desplechin et de ses séides). De plus, alors que j'attendais pour entrer dans la salle j'en ai vu sortir les spectateurs de la séance précédente : une femme, l'air accablé, grommelait et un homme s'écriait :"Que c'est emmerdant!".

  Les rustres! J'ai vu un film magnifique avec celle qui est sans doute la plus belle et la plus talentueuse de nos comédiennes. Difficile, pour décrire Binoche, d'éviter les épithètes convenues dont je me plaignais plus haut : elle est vraiment lumineuse, bouleversante et magnifique, qui ne succombe pas à son charme - au sens le plus fort du terme - est une brute ou une dinde. D'entrée elle se donne à nous dans cette première scène où elle fait l'amour avec son banquier. Oh! rien de pornographique : on ne voit que ses seins émouvants, on entend les mots de tendresse qu'elle prodigue à ce gougnafier qui ne les mérite pas et qui, dépité par un demi-échec, lui lance une vanne qui la fait pleurer, puis presque aussitôt elle l'étreint tant elle a besoin d'être aimée. Tout le film est une poursuite désespérée de l'amour par une femme qui se donne entièrement et doit faire face à l'égoïsme, au cynisme ou à la lâcheté de ses partenaires. Le banquier est un mufle grossier et tyrannique, elle tombe ensuite sur un acteur alcoolique et velléitaire, son ex-mari revient avec une idée derrière la tête mais son masque d'ex-parfait tombe vite, elle tâte même du prolétaire (c' est une femme peintre qui ne fréquente que ses pairs ou des galeristes) mais un de ses amis casse son jouet en soulignant la différence entre leurs deux mondes...On la voit pleurer dans ses nuits solitaires mais repartir le lendemain au combat, un peu plus triste et blessée, jusqu'à cet épisode final, avec un Depardieu enveloppant et pervers, qui suspend un récit sans laisser place à l'espoir. Le film est qualifié de comédie. Certes, il y a un comique de caractère dans les dialogues et surtout la séquence hilarante des artistes en goguette à La Souterraine (!) pour un festival (difficile de ne pas penser à la Foire du livre de Brive dont Christiane Angot, co-scénariste, est une habituée, d'autant qu'elle s'est visiblement inspirée d'un épisode de sa vie personnelle avec la rencontre dans la boîte de nuit provinciale). Les réflexions et exclamations de nos bobos artistes se promenant dans une campagne limousine hivernale sont à pisser de rire. Mais moi, j'y verrai plutôt une tragédie tant le chagrin de l'héroïne bouleverse et tant sa quête est désespérée. En tout cas c'est un grand film féministe, le deuxième cette année avec Certain  women de l'américaine Kelly Reichardt, et ça va beaucoup plus loin que les films qui dénoncent une inégalité sociale entre les deux sexes qui tend à disparaître (sauf, évidemment, dans des pays que la décence politique m'interdit de nommer), car ce qui est dénoncé c'est le fossé qui sépare hommes et femmes dans le domaine amoureux. Cela n'est pas rien...

Merveilleuse coïncidence : en sortant du cinéma je vois un panneau publicitaire où le visage de Kristen Stewart sert à vanter un parfum de Chanel. Or le film qui l'a révélée est justement Sils Maria d' Assayas où elle était  la partenaire de Juliette Binoche et elle joue aussi dans Certain women. C'est comme s'il existait un monde parallèle où de grandes réalisatrices tournent avec des comédiennes très belles et très intelligentes de beaux films loin des blockbusters, des dardenneries ou des desplechineries...

Posté par Cotonet à 09:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

24 septembre 2017

Pour Pierre Benoit

Pierre Benoit, voilà un écrivain que j'avais à peu près oublié ! Or il se trouve que je suis tombé par hasard il y a quelque temps sur Pour Don Carlos que j'ai relu avec délice et qu'un de mes amis Fb évoque dans un post certains livres de cet auteur. Il y a quelques années je ne sais plus quelle maison d'édition avait réédité en un gros volume ses romans les plus célèbres (avait-elle pensé à une réédition complète ? Je ne crois pas, Benoit a écrit beaucoup). J'en avais été surpris car je croyais cet écrivain tombé dans un purgatoire fait pour durer comme Loti, Anatole France ou Barrès, même s'il ne s'agit pas de la même génération. De fait je crois bien que ce ne fut pas un succès.

Et pourtant, ce fut un des auteurs de ma jeunesse. C'était un de ceux que lisaient mes grands-parents et je trouvais au fond d'armoires ou au grenier des livres aux pages jaunies, à la couverture froissée, sentant légèrement l'humidité avec d'autres romans de Paul Bourget ou d'Ernest Pérochon. Je me vois encore lisant au fond de mon lit Pour Don Carlos et un recueil de nouvelles dont je crois que le titre était Les cosaques zaporogues, adjectif à l'exotisme fascinant. Dans une des nouvelles il imaginait que le fameux amendement Wallon qui nous valut à une voix près la IIIème République avait été voté parce qu'on avait enlevé mystérieusement pendant 24h un député monarchiste...(Benoit était passablement réac, mais piquait la curiosité que j'avais pour l'histoire). Je trouvais aussi ses livres à l'internat dans les bibliothèques d'étude. Dans les années 60 l'écrivain était encore lu et le premier livre de poche publié  fut Koenigsmark. Mes camarades et moi savions tous que le nom de toutes ses héroïnes commençait par la lettre A et nous n'étions pas loin de croire que c'était un exploit de trouver autant de noms différents, dont le plus beau à nos yeux était Antinéa. Un peu plus tard sa démission de l'Académie française quand De Gaulle s'opposa à l'élection de Paul Morand fit quelque bruit et j'appris à cette occasion qu'il avait eu des ennuis à la Libération malgré un dossier à peu près vide. Les Ernaux de l'époque l'avaient mis sur la liste noire. Jean Paulhan l'en raya vite et la plaidoirie de Maurice Garçon le fit acquitter. Adolescents, nous étions fascinés par l'aventure, le mystère des personnages et des lieux, l'exotisme (Benoit, sorte de Villiers avant la lettre s'inspirait souvent des nombreux pays qu'il avait visités), par le roman colonial d'une France qui venait de gagner la guerre et dont les jeunes et sémillants officiers continuaient la tâche, notamment en luttant contre les agissements souterrains de la perfide Albion dans les territoires sous mandat. Je ne crois pas que nous pouvions apprécier pleinement l'érotisme assez ambigu du romancier, jouant beaucoup sur le travestissement, le saphisme, la domination de l'homme par des héroïnes aussi belles qu'énergiques et passionnées. 

J'ai donc renoué avec Benoit récemment en relisant d'abord Pour Don Carlos. Tout Benoit y est. Son plaisir d'écrire, d'abord, qui se manifeste dans les descriptions superbes de la montagne basque qu'il connaissait bien; le mystère avec son héros embarqué dans une histoire qu'il ne comprend pas, manipulé par des comploteurs avant de s'engager en poussant le cri qui donne son titre au roman, l'érotisme avec Allegria la femme-homme, le romantisme des causes perdues (ça marche à tous les coups avec moi : jacobites, chouans, carlistes...); le culte de belles vertus : l'honneur, la fidélité, l'héroïsme; et une petite pointe de politique avec une satire des radicaux francs-macs qui s'apprêtaient à gouverner la France...J'ai lu pour la première fois Koenigsmark avec sa belle évocation de ces petites cours allemandes qui survécurent privées de pouvoir mais ayant conservé leur étiquette et leur faste (ah, cette description d'une prise d'armes avec hussards caracolant et l'éclat des trompettes...). Le héros, simple précepteur y est amoureux d'une grande duchesse, pas moins, (et, en plus d'origine russe...), malheureuse et se consolant comme elle peut dans une intimité plus qu'ambigüe avec la troublante Mélusine, sa suivante, avant d'être sensible au charme du jeune homme prêt à donner sa vie pour elle. Si ça n'est pas romanesque ! (et je vous fais grâce de l'emboîtement habile de trois récits).J'ai bien l'intention de continuer cette redécouverte (au programme maintenant Mademoiselle de la Ferté, un Benoit non exotique mais toujours érotique et plein de mystère, cette fois psychologique) et je vous invite à me suivre.

Posté par Cotonet à 10:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

18 septembre 2017

120 battements à la minute (ou peut-être un peu moins...)

Surmontant mes réticences, j'ai fini par aller voir le film de Campillo. Il faut préciser que, comme disait le slogan, le sida n'est pas passé par moi, je veux dire que la lutte contre ce fléau ne m'a jamais paru une priorité et en outre que j' ai côtoyé très peu de malades. Le succès du film à Cannes, d'autre part, ne me convainquait pas : rappelons qu'il y a bien peu de cinéphiles dans le public du festival. L'injonction de la Presse à aller le voir m'agaçait : je craignais que ce ne fût un autre film-téléramuche, bien-pensance et moraline, et - allons jusqu'au bout dans l'aveu, et que Dieu me pardonne - une manifestation du lobby LGBT. Je gardais toutefois un bon souvenir des Revenants, film fantastique très original du réalisateur et j'étais curieux de voir comment il continuait sa carrière. En fait, si le film ne méritait pas le concert d'éloges qui l'a salué, il est intéressant et bien fait nonobstant quelques défauts.

Il évoque donc la lutte menée par l'association Act up dans les années 1993-94 si je ne me suis pas embrouillé dans les repères temporels. Contrairement à d'autres associations elle avait choisi des moyens de lutte radicaux pour donner plus de visibilité à la maladie qu'à son avis pouvoirs publics, labos pharmaceutiques et chercheurs négligeaient. Le réalisateur a fait le choix d'une reconstitution à laquelle il ajoute parfois des bandes d'actualité. Très peu, mais assez pour qu' on se prenne à rêver parfois à l'intérêt qu' aurait un documentaire sur le sujet avec images d'époques et interviews. Mais n'allons pas lui reprocher son choix : un roman peut dire plus sur une époque ou un évènement qu'un livre d'histoire. Le lieu central du film est cet amphi où les membres de l'association se réunissent chaque semaine pour programmer des actions ou en faire le bilan. Son atmosphère rendue fiévreuse par la présence de la mort, les affrontements, et les rivalités des militants sont parfaitement évoqués. Peu à peu des personnages se dégagent marqués par leur état de santé ou leurs positions militantes. Sont remarquablement filmées aussi les attaques menées contre des instances officielles, des labos, caméra à l'épaule, dans un grand éclaboussement de faux sang (l'affaire du sang contaminé et la recherche de médicaments pour remplacer l'azt sont au centre des préoccupations). Le ton oscille entre la colère (parfois injuste sous la forme "je vais mourir, vous devez trouver un médicament maintenant) et - rarement - la mélancolie vite désamorcée par le rire (ainsi cette séquence dans le métro où un malade au milieu d'un groupe de militants s'extasie sur la beauté du soleil couchant, sur le goût que le sida a donné aux jours qu'il vit plus intensément...et éclate de rire en s'exclamant "quelles conneries je dis !")..jamais l'humour n'a mieux mérité sa célèbre définition "politesse du désespoir". Le film m'a rappelé des détails que j'avais oubliés, par exemple les interventions dans les lycées avec distribution de capotes qui précédèrent les polémiques sur l'installation de distributeurs. Alors que Fabius était injustement accusé, on a aussi crié dans les manifs "Mitterrand assassin", c'était aller un peu loin. Il fut un temps où la Gay pride était un défilé militant et paradoxalement ce fut Act up, plutôt anticonformiste, qui introduisit la première pom pom boys et un camion avec blasters diffusant la musique infecte et assourdissante des boîtes, ouvrant le chemin à celles-ci qui ont transformé ce défilé en chienlit commerciale. Je mettrais quand-même quelques bémols, Campillo a plaqué sur ce qui aurait pu rester un film sans héros une histoire d'amour qui, bien sûr, se termine mal et tombe parfois dans la mièvrerie (mais sait aussi l'éviter comme le prouve la scène du branlage). Il a choisi aussi de ponctuer les séquences par des intermèdes "poétiques", images de danse dans une boîte gay sur une musique de sauvage, longue enculade dans la pénombre qui rappelle fâcheusement La vie d'Adèle. Pour terminer, un mot sur les acteurs. Tous sont excellents mais seuls quelques visages m'ont paru vaguement familiers, je me demande s'il a pris délibérément des inconnus, à la mode Bresson, ou si ce sont de jeunes comédiens, en tout cas le choix était excellent. En réalité je n'ai réussi à identifier qu'une actrice, Adèle Haenel. Son rôle lui convient parfaitement : elle fait la gueule.

Posté par Cotonet à 08:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


11 septembre 2017

Ouragan, fainéants : une semaine qui décoiffe.

Ah, cet ouragan sur Saint-Barth et Saint-Martin, comme il fait bruire les réseaux sociaux en donnant une piètre idée d'eux-mêmes et du caractère de nos concitoyens ! Les vents s'étaient à peine calmés, laissant un paysage de désolation,que la polémique commençait, toute en nuances et finesse. Rien n'avait été prévu et n'était fait pour apporter les premiers secours en nourriture et médicaments, rien pour protéger les populations contre les bandes de pillards armés et féroces dont tous n'appartenaient pourtant pas à des gangs, rien pour secourir les malheureux touristes terrés dans leurs hôtels sans réseau, obligés de boire l'eau de leur piscine, dégoulinant de sueur sans la clim, alors qu'ils espéraient les vacances de rêve quasi contractuelles : cocotiça, c'est la cerise ers, sable blanc, buffet somptueux vin compris et accueil chaleureux des populations (ils auraient dû préférer l'Auvergne...). Et chacun (le plus souvent loin des îles) d'y aller de sa comparaison. Les Hollandais, eux, ne s'étaient pas laissé surprendre (car nous partageons Saint Martin avec ces mangeurs de fromage), ils avaient posté à la frontière des troupes d'élite lourdement armées et qui patrouillaient dans les rues pour effrayer les malfrats, organisaient les secours avec une efficacité toute nordique et protestante. Ont fleuri les slogans habituels : "J'ai honte d'être français, "gouvernement d'incapables", "France, pays de m....", "Macron démission"...Sans compter les fausses nouvelles, sciemment ou intentionnellement répandues : 250 ruffians évadés qui s'apprêtaient à massacrer les survivants, des centaines de cadavres dans les flots. Pour peu, on aurait vu des hordes de zombies rejouant le film de Romero. Nous sommes tellement habitués à être pris en charge par l'Etat, et encore plus dans les DOM où l'assistanat est un horizon indépassable, qu'il aurait fallu qu'on livre dans les 24 heures une nourriture saine et variée, qu'on reconstruise les maisons en une semaine et que les indemnités tombent au bout du mois. Ce n'est pas de la France que j'ai honte mais de cet "allô, maman, bobo" général.

Nous retrouvons les mêmes réactions face au "Fainéants, cyniques, extrémistes" présidentiel. Ajoutons "puniques" pour la rime. En effet la formule de Macron concernait avant tout la construction européenne, ce que ses adversaires avec une mauvaise foi patente ont gommé, profitant du télescopage avec la critique par le président des retraites à la SNCF. Ce garçon finira par m'être sympathique à cause de ses écarts par rapport à la langue de bois, qu'il assume au lieu de dire qu'on l'a mal compris. S'attaquer à la retraite à 52 ans, à la corporation des cheminots, grands responsables de l'échec de 1995 et du retard pris, il faut oser. Il y a, dans la fonction publique notamment, des glandeurs, des postes inutiles, des économies possibles. Prendre des airs outragés et ne pas vouloir affronter la réalité est une réaction bien peu "citoyenne" pour employer le langage de ces tartuffes. Arrêtons de pousser des cris d'orfraie dès qu'on touche à nos prébendes (ah, ces 5 euros  de l'APL qui allaient pousser nos étudiants à la prostitution, voire au suicide...). N'attendons pas de l'Etat, même contre les phénomènes naturels, une protection absolue qui fait de nous des créatures fragiles et craintives. C'est ce que Macron semble penser et je ne peux lui donner tort.

29 août 2017

Chronique du village : la fin des vacances

Ça y est : ils sont partis. Les plus prudents, la veille, pour éviter un samedi noir, créant ainsi un vendredi rouge. Plus de queue chez le boucher ou le poissonnier dont la marchandise avait fini par atteindre des prix parisiens. Après un énième "incident client" la boulangère a fait un petit nervous breakdown. Tous comptent leurs sous en déplorant que la fréquentation de la station soit en baisse. S'ils s'imaginent que je vais les plaindre... D'ailleurs les troupes de septembre sont en marche et établissent déjà des avant-postes. Une aubaine ces septembriseurs parmi lesquels des étudiants qui attendent la rentrée, leur bourse,l'APL, les doigts de pied en éventail au lieu d'aller faire les vendanges.Mais il y a surtout des retraités, enfants du baby boom qui ont pu s'offrir une villa qu'ils prêtent pendant la saison à leurs enfants tirant le diable par la queue et peinant à élever leur marmaille. On voit aussi aussi quelques couples double income qui viennent tout juste de s'offrir un enfant, leur carrière étant bien lancée. On verra ceux-ci sur la Promenade avec leur poussette à 3 roues et ceux-là sur les pistes cyclables, véritables images pour catalogues de vente, pétant la santé et le dynamisme. On compte aussi sur eux pour relancer un casino mort-né : les vieux sont accros aux bandits-manchots qui leur donnent leurs derniers frissons sexuels. Reconnaissons quand-même que les commerçants ont raison : il y a moins de vacanciers.La crise ? La météo ? Un accès à la plage plus difficile au nom du salut de la planète ? Les Allemands férus de naturisme ont quasiment disparu. Mais où sont les neiges d'antan, les blondes gretchens et les walkyries athlétiques qui fendaient la vague de leur corps splendide ?...Les Hollandais les ont remplacés, mais ça n'est pas pareil : ils sont plus coincés et nous écorchent les oreilles avec leur [R] guttural.

Comme tous les ans a eu lieu la régate des vieux gréements où chacun arborait bermuda ou vareuse rose passé pour la remise des coupes. La bibliothèque tournante du marché a eu son petit succès et j'y ai même trouvé quelques trésors au milieu de la série Les gens de Mogador et des romans de Virginie Despentes. Depuis cette année nous avons, comme les Niçois, notre Promenade. Dieu merci un si petit village est à l'abri des camions fous et autres déséquilibrés et l'on y pédale sans crainte. Le temps est encore très beau, la mer chaude, pourtant il faut partir, mais ce départ n'est pas imprégné de cette atmosphère mélancolique traditionnelle dans les romans (je viens de lire La côte sauvage de J-R Huguenin). Pas de tentes rayées qu'on abat sur la plage ni de froid piquant au petit matin ou de premières feuilles mortes qu'on brûle. Pas de grande maison de famille dont on ferme un à un les volets qui grincent pendant que des adolescents éperdus se séparent. Le retour à Paris sera plus facile...

Posté par Cotonet à 10:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16 août 2017

Manu de Marseille et la môme Bibi

Quel splendide coup de pub que ces vacances à Marseille ! Vous y auriez pensé, vous, à visiter la cité phocéenne au milieu des tas d'ordures et des rafales de kalach ? Autant aller à Romorantin ou à Epinal, c'est moins pittoresque mais plus sûr. Il faut dire que les vacances d'un président de la république le mettent toujours devant un choix délicat. A-t-on assez reproché à Sarkozy les siennes en Nouvelle-Angleterre juste après son élection ! Pour peu on l'aurait qualifié de traître à la patrie. Alors, la France ? Le fort de Brégançon est en principe fait pour ça, mais on est toujours à la merci d'un papparazi à la coule qui vous mitraille, ou pire vous photographie en train de vous changer sur votre rocher. La France périphérique pour faire un coup politique ? Mais franchement, passer 15 jours à Hénin-Beaumont pour faire la nique à Marine, ou à La Souterraine pour caresser les ouvriers dans le sens du poil et jouir des verts bocages de la Creuse ? Le tranche-gueule intégral...Sans compter que ce penchant pour la ruralité aurait fait frémir la population branchée des métropoles. C'est alors que notre président a eu une idée de génie (encore une) et s'est écrié :"Bibi, fais les valises, on prend le PLM ce soir."

Il fallait, en effet, concilier les 2 France qui s'abreuvent de mépris et d'invectives et Marseille était bien la solution idéale. Où trouver ailleurs une diversité qui est pour la France une ardente obligation ? Arméniens, Comoriens, Maghrebins y défendent bec et ongles leurs coutumes et leur pré carré. La jeunesse   bouillonnante d'énergie et de désirs, en attendant que ses "quartiers" deviennent une pépinière de start-up n'hésite pas à brandir la kalach contre qui lui manque de respect ou se met en travers de son petit bizness. Marseille c'est "Plus belle la vie" et les films de Guediguian où les conflits se résolvent à la confusion des méchants et dont les héros sont bons, ouverts et en marche vers un avenir rayonnant. Mais c'est aussi le patrimoine culturel de la France éternelle : la bouillabaisse sur le Vieux port, le bistrot de César, "Tu me fends le coeur!" et "la marine française, elle te dit...", Raimu et Vincent Scotto, peuchère ! Sous la double invocation de Gastounet, le protestant cévenol, et de la Bonne Mère, le président sait une nouvelle fois unir la France derrière lui. Ils y sont donc arrivés incognito comme disent les journaux avec gros titres et photos,et profitent en paix du ciel bleu et du chant des cigales. D'ailleurs qui reconnaîtrait Bibi au milieu des cagoles du lieu et Manu avec son maillot de supporter de l'OM ?

 

Posté par Cotonet à 10:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

04 août 2017

Sibeth Ndiaye : yeah, la meuf she is carbonisée

Faisons l'hypothèse que Sibeth Ndiaye a bien envoyé le twit qui a fait scandale, puis étayons cette hypothèse. La dame a déjà déclaré qu'elle mentirait s'il le fallait pour protéger son patron, nous supposerons qu'elle le ferait aussi pour sauver sa peau. D'autre part on imagine mal que le Canard qui est quand-même un journal de gauche s'exposerait à des accusations de racisme en inventant le texte de ce twit ou en ne vérifiant pas ses sources. Sibeth Ndiaye, donc, conseillère en communication de Macron, envoie ce texte à un journaliste qui lui demande de confirmer la mot de Simone Veil : "Yes, la meuf est dead". Des fouineurs s'en emparent et le Canard le publie dans un portrait au vitriol de notre communicante. Grand fracas dans Landerneau-sur-Net pour dénoncer la langue et le ton du message, avec beaucoup d'indignation surjouée de la part des politiques et, inévitablement, comme la coupable est noire, les internautes s'empaillent sur le racisme. "On l'a lynchée parce qu'elle est noire" contre "J'aurais dit la même chose pour un vieux mâle blanc" ou "les Noirs ne sont pas intouchables parce que noirs". Faut-il donc pendre Sibeth ou plaindre une nouvelle victime de la France moisie ?

Répondons d'abord à cette question, la plus facile. Oui, certains se sont réjouis que cette maladresse ait été commise par une Africaine et en profitent, comme leurs adversaires, les antiracistes patentés, sont toujours prêts à dénoncer les "dérapages" du FN ou de la Droite. Mais être noir ou arabe ne lave pas plus blanc et ne donne pas l'absolution, or la faute est manifeste. Faisons aussi un sort à l'accusation d'antisémitisme dont on la soupçonne  parce que cet antisémitisme arabo-musulman existe bien dans ces "quartiers" dont elle parle visiblement la langue (il n'y a plus que quelques naïfs ou démagogues de gauche pour le nier). Or elle est fille de la bonne bourgeoisie intellectuelle du Sénégal née dans une famille qui est plus probablement chrétienne et aucun dérapage antisémite n'apparaît dans ses engagements passés. En fait elle aurait pu écrire le même twit pour la mort de Jeanne Moreau par exemple, et il ne serait guère mieux passé.

S'il a provoqué un tollé, c'est que les gens ont senti qu'il manifestait quelque chose de plus grave que son style négligé. Déjà, une communicante qui écrit littéralement en sabir, ça paraît gros : 5 mots (seuls 2 sont français) qui mélangent trois langues. Il se peut que Sibeth Ndiaye, connaissant bien le journaliste, ait voulu plaisanter, mais la parodie tombe d'autant plus à plat que la "meuf" en question est une des idoles des Français plus enclins à la qualifier de "grande dame". Il y a là une question de niveau de langue (on doit s'adapter à son interlocuteur et à son sujet : on apprend ça au collège). Un zyva pourrait dire que sa meuf est "bonne", mais pour désigner une ancienne ministre qui a porté une des lois les plus libératrices pour les femmes, une ex-déportée, c'est simplement obscène, c'est piétiner la common decency qu'on peut attendre d'une personne proche du pouvoir, c'est manquer de ce respect que réclament justement à cor et à cri les jeunes de la diversité.

Mais là n'est pas le plus grave. il y a dans l'usage de cette langue des "quartiers" qui mélange français, arabe, mandingue, anglais (les premières victimes de l'impérialisme culturel américain sont les jeunes des classes populaires, victimes de la télé) un refus du français, langue du colonisateur, du patron, du flic, du raciste, de leurs ennemis en un mot. Ils ont compris qu'en s'en débarrassant ils pourront dominer un pays qui pour l'heure les rejette  et accomplir le " grand remplacement" dont on se demande parfois s'il est seulement le fantasme d'un vieil écrivain aigri. Déjà presque toute notre jeunesse parle avec l'accent arabe des "quartiers", même au fin fond de la Creuse et ne s'exprime plus que dans ce basic verlan pauvre et brutal. Or, avec son twit, Sibeth Ndiaye prête la main à cette révolution silencieuse. Son message aux jeunes : "C'est notre langue, imposons la". Macron, tout imprégné de culture française, est sûrement conscient de cet enjeu et ne peut l'approuver, mais il a eu besoin de gens comme sa collaboratrice pour rallier la jeunesse et la diversité (de même qu'il est "souple" sur la laïcité). J'imagine qu'il va être assez cynique pour s'en débarrasser maintenant qu'il est élu et je ne donnerais pas cher de la peau de la "meuf".

Posté par Cotonet à 18:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

02 août 2017

Jeanne Moreau est morte. -Ah bon ?

Cracher sur un cadavre n'est pas mon genre, mais enfin je suis suprêmement agacé par la diffusion massive du "Tourbillon", de "J'ai la mémoire qui flanche" ou de séquences de Jules et Jim ou de Ascenseur pour l'échafaud sur les réseaux sociaux. Jeanne Moreau, la grand-mère du cinéma français, est morte et ça m'émeut à peu près autant que si c'était Yolande. Qui pis est je ne l'aimais pas beaucoup et je me permets de reproduire la phrase d'une de mes "amies" Facebook qui résume assez bien mon état d'âme : "Je n'ai jamais pu la supporter, la trouvant à la fois horriblement prétentieuse et épouvantable actrice".Prétentieuse, ô combien. Je ne vois, pour lui damer le pion, qu'Isabelle Huppert avec son air inspiré pour juger de la marche du monde, ou pour exprimer la souffrance de l'artiste et la portée métaphysique de l'oeuvre qu'elle sert. La différence est qu'Huppert est une très grande comédienne et que je ne suis pas près d'oublier la putain de la Porte du paradis, la postière hystérique de la Cérémonie ou sa dernière prestation dans Elle. De Jeanne Moreau, rien, aucun personnage qui m'ait accroché, aucune scène marquante comme, par exemple, la sublime séquence d'ouverture du Mépris  "et mes fesses, tu les aime mes fesses ?" avec sa "rivale", Bardot. Que reste-t-il d'elle ? la chanson d'un film très surestimé de Truffaut. La chanson est joli, on est content de reconnaître le Rezvani des années Lulla qui joue de la guitare, mais la voix de Moreau, plus criarde que sensuelle, ne nous saisit pas aux tripes.

Comment est né le mythe ? je m'interroge. Je peux comprendre l'idolâtrie pour Seyrig, ses airs de grande dame, sa voix grave et sa diction parfaite, pour Bardot qui irradiait la sensualité et l'esprit de liberté de son temps, pour Signoret à cause de Casque d'or, mais Moreau ? Elle n'était pas, comme dit mon amie, "une épouvantable actrice", mais une actrice médiocre qui frôlait parfois le ridicule. On peut se demander si Louis Malle n'est pas à l'origine du mythe. Dans la grande tradition française des couples antagonistes (Corneille/Racine, Anquetil/Poulidor, Delon/Belmondo), il a fait s'affronter dans Viva Maria les "deux grandes actrices françaises, Bardot et Moreau à ses yeux. Le film fut un ratage, aucune des deux n'en sortit grandie, mais elles étaient en haut du podium. Ceux qui ne célèbrent pas l'actrice, célèbrent la Fâmme et des éloges insensés pleuvent sur elles. J'ai entendu je ne sais quel saltimbanque dire : "C'était une insoumise". Elle qui appartenait à presque tous les lobbies du monde de la Culture, elle qui soutenait Hidalgo, la madone des bobos lors des municipales de 2012. Des insoumises comme ça, je t'en foutrai.      Bon, je m'arrête là avant de m'en prendre à son physique et je vais me mettre à la nécro de Bardot, ce ne sera pas dans le même ton.

Posté par Cotonet à 10:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,