Causons derechef

08 septembre 2016

"A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent".

La mésaventure arrivée récemment à Bruno Le Maire serait amusante si elle ne dévoilait la mauvaise foi, l'esprit cour-de-récréation et l'ignorance qui nourrissent le débat politique et l'information. Tout est donc parti d'un d'un twitt sur BFM qui prétendait résumer les paroles de l'homme politique à propos du burkini qui fut le grand débat d'idées de l'été : "Nos femmes ont vocation à être visibles, non dissimulées". Il aurait dit "la femme a vocation à garder les enfants" ou "bikini et mini-jupe sont des appels au viol" que la réaction n'aurait pas été pire ! Aussitôt d'obscures ministresses (qui, diable, pourrait dire de quoi sont responsables Rossignol et Lemaire ?) ont dégainé leur pistolet à twitts. La première avec son "nos femmes, nos chevaux, nos gens..." ne manque ni d'esprit ni de fiel : elle rejette Le Maire (en deux mots...) dans le ghetto de la grande bourgeoisie, voire de l'aristocratie (sa femme est noble). On ne discute pas avec ses gens-là toujours prêts à rétablir leurs privilèges : on leur coupe la tête. Pareille aventure est arrivée à ce pauvre Villiers à jamais marqué par son surnom : "le vicomte". On n'est pas étonné de retrouver sur les rangs de ces féministes pures et dures qui hurlent au premier chatouillis, Cécile "parlons de moi" Duflot, et l'hystero-trotskyste Caroline De Haas (je sais, elle n'est probablement pas trotskyste, mais c'est pour ressusciter une vieille injure) qui veut bien que les femmes appartiennent - de gré ou de force - à de jeunes immigrés frustrés, victimes éternelles du colonialisme mais pas à des réacs fieffés comme Le Maire. La plus cultivée, une présentatrice de télé (comme quoi...) rappelle ce vieux toast des cavaliers : "A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent".

Or, patatras, l'enregistrement du discours montre que l'infâme macho avait dit LES et pas NOS, ce qui change tout. Branché sur les réseaux sociaux j'ai attendu vainement de lire les excuses de ces dames qui semblent ignorer que perseverare diabolicum. Les plus lâches se sont contentées d'effacer leur twitt. Le coupable, quant à lui, s'était déjà expliqué, s'évertuant - comme il ne se rappelait pas exactement ce qu'il avait dit - à justifier le "nos", ce qui n'était pas difficile. "Nos", ici, ne marque nullement la possession mais   l'appartenance à un groupe, une communauté, en l'occurrence la France (est-ce cela qui gêne nos femmes de gauche ? Non seulement leur corps est à elles, mais leur âme aussi, libre de toute attache). Il n'y a là aucune notion de possédant (l'homme) et de possédée (la femme). Ajoutons pour dédouaner complètement Le Maire que son "nos" inclut toutes les femmes qui vivent sur le territoire et sous les lois de la France. de toute façon il a dit "les", ce qui nous place sur un plan supérieur, celui de l'universalisme révolutionnaire : aucune femme de par le monde ne devrait être voilée et séquestrée, avis aux Saoudiens, émiratis et tutti quanti...

Le pire dans cette histoire c'est le fonctionnement de l'information. un simple twitt peut en tenir lieu parce qu'il émane d'une chaîne d'info en continu qui a pignon sur rue malgré les vives critiques dont elle a été l'objet lors des attentats. Par paresse les destinataires de l'info ne vérifient pas un résumé en 170 signes d'un discours beaucoup plus long, et réagissent bille en tête. Cette info superconcentrée est du pur foutage de gueule. Comment faire en sorte de ne pas le déformer et d'en donner l'essentiel avec les limites qu'on vous impose ? Résumer est un travail délicat et fait regretter le temps où les agences de presse confiaient parfois la rédaction des dépêches à un écrivain. Nous avons probablement affaire ici à un titulaire d'un Bts "info et communication" peu au fait des nuances entre déterminants qui a brouillé involontairement le message. Entre l'ignorance crasse de notre langue, la fascination pour le vedettariat qu'offre Twitter, l'habitude paresseuse de tout avaler sans vérifier qu'Internet a particulièrement développée et le sectarisme qui fait considérer l'adversaire comme un nuisible qu'il faut éliminer, nous sommes bien partis pour les présidentielles...

Posté par Cotonet à 11:01 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


30 août 2016

L'été du burkini

Est-ce ainsi que l'été 2016 restera dans les mémoires ? Le grand débat sur ce sujet (tiens, on a oublié les morts du 14 juillet) commence à me gonfler presque autant que les résultats de nos athlètes aux Jeux olympiques et je le jure devant Dieu et devant les femmes, c'est la dernière fois que j'y ajoute mon grain de sel, celui d'un naturiste qui pense que burkini ou bikini c'est bonnets blancs ou blancs bonnets et que si des femmes sont opprimés, pas mal d'hommes ne sont pas libérés qui s'habillent de caleçons grotesques pour les mouiller aussitôt.

Ce vêtement qui fait penser à un film de SF à petit budget des années 50, comme L'invasion des femmes sélénites, valait-il qu'on fasse tant de bruit, au point de réveiller chez tous les anglo-saxons de par le monde un French bashing jamais vraiment endormi ? Dans les pays protestants les pharisiens s'en donnèrent à coeur joie. L'Australie, qui sous-traite à Nauru ses réfugiés parqués là-bas comme des animaux, nous fait la leçon. Les Etats-unis qui massacrent allègrement leurs nègres et remplissent leurs prisons avec ceux qui survivent, nous traitent de racistes. L'Angleterre s'indigne, fière que sa capitale héberge le Londonistan et d'avoir un maire d'origine pakistanaise (la belle affaire ! La nôtre vient d'Espagne et ne fait guère d'étincelles...). En France on a eu droit à un torrent d'invectives, d'arguments parfois spécieux, d'appels solennels. Publicistes, juristes, journalistes de mode, hommes politiques, féministes (ne manquaient que les penseurs pas encore rentrés du Luberon) sont intervenus avec une passion qui eût mérité un meilleur objet. Ce bout de chiffon ridicule où la femme s'enveloppe devint un  symbole de l'oppression de la Femme ou un miroir du racisme français. La plage étant le grand théâtre de ce psychodrame, des maires de stations balnéaires, incontestablement  soutenus par leur population, prirent des arrêtés pour interdire cette tenue avec des arguments parfois contestables sauf un : le risque de trouble à l'ordre public. On peut se demander s'il n'aurait pas mieux valu écraser le coup, laisser les musulmanes s'envelopper dans leur sac et ne quasiment rien montrer de leur peau et de leurs poils réservés à leur seigneur et maître. Leur présence aurait même égayé nos plages : "Mais non, mon chéri, ce n'est pas Belphégor, c'est une dame". C'aurait été une symphonie de couleurs : noir pour les épouses et mères avec versets du Coran pour se protéger de la lubricité masculine, pastel pour les pures jeunes filles qui ensanglanteront le drap de la première nuit, blanc pour les petites filles avec impression "hello kitty". Mais ça ne s'est pas fait, interdictions et contre-interdictions, condamnations et recours se sont enchaînés, ce qui a eu pour effet de faire monter la pression. Jusque là pas de trouble à l'ordre public mais je vous fiche mon billet que ça va venir. Les lazzis vont pleuvoir, puis les injures, les lames sortiront, les voitures brûleront et on finira par avoir des victimes, ce que les responsables déploreront avec des larmes de crocodiles. Il y aura d'autres Sisco en plus hard. Cela dit le débat aura été révélateur, il aura montré que la "diversité" et le multiculturalisme ne sont pas aussi bien acceptés qu'on veut le faire croire. Quelques masques sont tombés : les femmes musulmanes savent maintenant qu'elles devront se libérer sans l'aide des féministes françaises dont une grande partie sont aux côtés du mâle maghrébin parce qu'il est maghrébin; ce qu'il fait de sa moukère ne les concerne pas. L'affaire n'est sûrement pas terminée, loin s'en faut, mais avec la rentrée on aimerait bien passer à autre chose : les sujets de mécontentement ne manquent pas et celui-ci tourne à la rengaine.

 

Posté par Cotonet à 11:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 août 2016

Aubervilliers, Sisco : la guerre civile qui vient...

On a beaucoup parlé des hochets olympiques ou du burkini qui, comme un vol de corbeaux, obscurcit le ciel bleu de nos plages, fagote quelques malheureuses et déchire les féministes qui avaient bien besoin de ça...mais il y a eu quelques évènements plus inquiétants qui marquent une escalade dans le communautarisme et mettent à mal les "valeurs républicaines".

La mort d'un Chinois victime d'une agression à Aubervilliers (dans le 9-3, précision utile) a été pour sa communauté l'étincelle qui a mis le feu aux poudres. Eux qui manifestent si peu se sont retrouvés par milliers dans la rue pour dénoncer ce type d'attaques qui se multiplient et le racisme anti-chinois. Or cette question du racisme est particulièrement intéressante. A part quelques plaisanterie sur l'arrière-cuisine des restos chinois on ne peut dire qu'il y ait une "parole raciste" contre une communauté dont tous soulignent au contraire l'ardeur au travail, le bon comportement notamment à l'école, la réussite sociale et la discrétion. Chez eux aucune plainte sans fin contre le colonialisme alors que le sort des paysans vietnamien (dans le contexte le mot "Chinois" désigne aussi les peuples d'Indochine) dans les plantations d'hévéas n'avaient rien à envier à celui du paysan africain. Pas question pour eux de rejeter sur le Blanc la responsabilité de leur pauvreté, leurs problèmes ils les prennent à bras le corps. Certes, on peut voir dans tout stéréotype, fût-il favorable, une forme de racisme, on peut penser qu'apprécier leur "discrétion" c'est vouloir l'effacement des allogènes, mais enfin il n'y a ni mépris ni hostilité à leur égard. J'ai travaillé dans un lycée du XIIIème où les collègues se seraient presque battus pour avoir, grâce au jeu des options, des classes de "Chinois" et ils faisaient avec les élèves d'autres communautés des comparaisons à faire hurler Plenel. Visiblement cette violence et ce racisme ne sont pas le fait de "Gaulois" même si la presse a été à ce sujet d'une discrétion qui frôle la désinformation : j'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'Auvergnats ou de Bas-bretons. Tout porte à croire que les auteurs de l'agression appartenaient à des communautés, disons plus défavorisées, qui reprennent le vieux stéréotype raciste dont a été victime Ilan Halimi : ces gens sont des victimes désignées parce qu'ils sont censés être riches. Tous les quartiers asiatiques de Paris sont touchés par ces vols avec violence (avec un grand courage ils arrachent surtout les sacs des femmes), les habitants n'osent plus sortir seuls et la police est impuissante devant cette "petite" délinquance qui est traumatisante, voire mortelle. Pour l'instant les Asiatiques, inférieurs en nombre, ne font rien, mais ils sont plus riches et mieux organisés. Verra-t-on bientôt comme en Corse des cortèges de manifestants en colère se diriger vers les "quartiers" et les différentes communautés s'affronter dans un État incapable d'assurer l'ordre ? Inquiétant comme du Houellebecq...

La Corse justement. Ce qui s'est passé à Sisco ne rappelle-t-il pas le début de Soumission ? Notons au passage que là aussi la presse a failli à sa mission : obsédée par le burkini elle en a vu sur cette plage où il n'y en avait pas. C'était une question de territoire et non de religion, et c'est peut-être plus grave. Des Marocains (ou Français d'origine marocaine, mais en l'occurrence ce n'est pas l'appartenance nationale qui compte) se sont installés dans une crique dont ils ont voulu interdire l'accès après en avoir chassé un couple dont la femme les provoquait de surcroît avec ses seins nus. Ils ont attaqué tous les "intrus" : l'un photographiait peut-être leurs femmes se baignant habillées, les autres, des jeunes du village voisin qui leur manquaient de "respect". Logique de caïdat a dit fort justement le proc, "grand remplacement" dans son aspect quotidien dirait Renaud Camus...Évidemment les parents ont rappliqué en force et ont failli les lyncher. Il s'agissait, bien sûr, de défendre leurs enfants dont l'un avait été blessé, et d'autre part ça n'était pas dénué d'un racisme anti-maghrebin assez développé en Corse : beaucoup d'insulaires ont été dans la coloniale ou fonctionnaires outre-mer, les pieds-noirs sont arrivés en 62...Mais, avant tout, "On est chez nous" signifie beaucoup plus pour un peuple fier de son particularisme et de son histoire, toutes choses oubliées sur le continent. Les agresseurs, habitués à dominer leur quartier, n'ont pas compris, fatale erreur. Cette réaction est-elle l'amorce d'une "Reconquista" qui ferait, hélas, des victimes collatérales parmi les immigrés intégrés, va-t-on vers un affrontement général, une situation apocalyptique qui nous fera oublier les points de croissance, le taux de chômage et les primaires ? Attendons le prochain roman du prophète Houellebecq...

Posté par Cotonet à 10:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

09 août 2016

Itsi bitsi petit burkini...(air connu)

On aimerait parler d'autre chose que de l'Islam, mais les "frères" s'ingénient, dirait-on, à attirer l'attention sur eux. En témoignent ces deux informations concernant le rapport des femmes à cette religion, dont l'une a fait du bruit dans Landerneau parce que l'évènement se passait en France.

Voici l'autre. Dans une ville de Syrie récemment arrachée à Daesh, les femmes ont mis le feu aux niqabs que les islamistes les obligeaient à porter (avec des gants, ça fait plus chic et ça tient chaud) pendant l'occupation. Des images d'actualités montrent leur soulagement et leur joie. En France, autre son de cloche si on peut dire. Dans les Bouches-du-Rhône une association, "Smile 13" a loué pour une journée un centre aquatique qui sera réservé aux femmes invitées à se baigner en "burkini" pour ne pas exciter la concupiscence des maîtres-nageurs. Elles pourront être accompagnées de garçonnets de moins de 10 ans (plus vieux ils deviennent de redoutables prédateurs excitées par leurs soeurs ou leurs mères gonflées comme des bibendums et poussant des cris aigus de filles chatouillées). L'affaire a fait du bruit et entraîné une vive réaction des "laïques", ce qui était certainement le but des organisateurs et de ceux qui les manipulent. Les défenseurs de la laïcité se sont trouvés un peu à court d'arguments : il ne s'agit pas d'une piscine municipale où les lois anti-ségrégation s'appliqueraient mais d'un lieu privé qui peut être réservé pour une fête privée. Prétendre qu'il s'agit d'une opération commerciale puisque l'entrée sera payante et que la loi interdit toute discrimination dans ce domaine, semble une argutie. L'extrême-droite et la droite provençale (qui n'est pas tout-à-fait la droite nationale...)se sont précipitées dans le piège déclenchant une contre-offensive des islamistes et de leurs "idiots utiles" : discrimination, islamophobie, racisme...on connaît la chanson. Pourtant il y aurait beaucoup à dire sur l'association "Smile 13" (quel nom idiot !), probablement noyautée, grassement subventionnée (le clientélisme à Marseille...), ne pratiquant sa charité qu'envers des musulmans dûment certifiés.

Que conclure des attitudes opposées des Syriennes et des immigrées françaises à l'égard de l'Islam et de ses règles ? Qu'ailleurs l'herbe est plus verte ? Il est quand-même difficile de comprendre que des femmes qui connaissent dans notre pays si décrié la liberté, l'égalité des droits, puissent accepter si facilement la loi des pères et des frères, leur état d'infériorité, la séquestration, le viol conjugal, quand ce ne sont pas les mutilations. On a envie de leur dire, comme aux communistes dans les années 60 : "Allez donc vivre là-bas et vous verrez !". Sont-elles à ce point aliénées qu'il leur faudrait pour comprendre une bonne dictature religieuse ? Ne perdons pas espoir, elles peuvent secouer le joug comme le montre l'histoire suivante. Sur ma plage naturiste favorite j'ai côtoyé pendant des années une famille où parents et enfants s'ébattaient nus et joyeux. Une année la fille aînée arriva, nantie d'un "fiancé" musulman qui la traîna sur la plage "textile" et la fagota dans une sorte de combinaison grise et baleinée qui cachait son corps du cou aux genoux. Deux ans plus tard on la vit revenir avec deux garçonnets bruns mais sans l'époux abusif, exposant à nouveau la beauté de son corps nu. Tirez-en la leçon, les filles, ne vous laissez pas faire, balancez vos tyrans par-dessus bord, allez les cheveux dans le vent et en roulant des hanches. Et si vraiment vous avez honte de votre corps et que votre pudeur est chatouilleuse, contentez vous des plaisirs du hamam ou allez voir aux pays d'Allah si j'y suis.

Posté par Cotonet à 10:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

03 août 2016

Kermiche partout, justice nulle part...

Un vieux prêtre égorgé à l'autel dans une banlieue rouge, peut-être fera-t-on un jour de cette mort à la Thomas Beckett un polar bernanosien ou une tragédie, mais il s'y mêle pour l'instant beaucoup de comique et d'incongruité pas toujours du meilleur aloi.

L'évènement a, comme il fallait s'y attendre, fait pleuvoir les twitts : 90% de banalités (r.i.p., le saint homme, que Dieu le reçoive en son paradis, c'est à sa famille que je pense d'abord, l'Islam ce n'est pas ça...) et 10% d'ignominie. Dans cette catégorie se sont particulièrement illustrés Alexandre Hervaud, un journaleux de Libé et Julie Le Goïc, une bretonne excitée et bouffe-curés (les Bretons "rouges" sont les pires, voir Plenel). Leurs twitts font dans la provoc et l'humour noir, mais n'est pas Desproges qui veut. Le message, lui, est politiquement correct : toutes les religions sont égales dans le mal, pédophilie vaut meurtres, massacres et persécutions. Caresser les cuisses d'un scout ou balancer des bougres du haut d'un immeuble, c'est kif-kif. Pouvait-on attendre mieux d'une évaporée d'extrême-gauche et d'un jeune con qui a commencé sa carrière aux Inrocks, que du comique pitoyable type "Canal" au service d'une pensée politique sommaire et conformiste ? Devant le tollé qui les a surpris car pour ces gens-là la pensée-Libé est universelle, Hervaud a effacé son twitt, ajoutant la lâcheté à l'ignominie. Presque aussi lâche s'est montré un journaliste du "Figarmuche" qui, après avoir écrit d'abord sous le coup de l'émotion "prêtre égorgé" a corrigé en "prêtre assassiné". Surtout ne pas montrer la férocité des tueurs islamistes (qui a parlé du camion de Nice bloqué par des chairs en bouillie ?), les voiler pour que le peuple ne se révolte pas, défendre le "vivre ensemble" à n'importe quel prix, on attendait autre chose, surtout du Figaro...

Autre élément tragi-comique mais, ô combien révélateur, l'histoire de la libération de Kermiche. Ce garçon par sa rédemption feinte, a mis dans son ordure le nez de la Justice. Le peuple(c'est-à-dire les gueux qui n'ont pas de la politique une vision transcendantale) ne comprend pas qu'on lâche dans la nature un excité fiché S parti guerroyer en Syrie au bout de quelques mois et il condamne une politique de réhabilitation et de "désislamisation" qui n'a jamais été évaluée. Et voilà que les faits semblent lui donner raison, et en plus il voudrait que le juge libérateur soit mis face à ses responsabilités (cris d'orfraie des syndicats de magistrats dans le lointain). Ces gens ont toutes les audaces ! Kermiche, qui n'était sûrement pas une lumière, a pu tromper psychologues et magistrats, trop naïfs ou trop respectueux de la politique officielle. Il avait appris à l'école qu'avec des promesses, des serments, des chantages à l'antiracisme, on pouvait pourrir impunément son collège et même, si on n'était pas trop bête, obtenir un bac dévalué. Il avait vu les dealers parader dans les "quartiers", les armes s'échanger, les voyous libérés et s'était persuadé à juste titre que face à ces idéalistes jobards, à ces chrétiens de gauche aux joues marbrées, il pouvait obtenir tout ce qu'il voulait. Tiens, dans le genre bénisseur et padamalgam, mention spéciale pour le pape François. Oubliant les Chrétiens d'Orient persécutés, ceux d'Afrique massacrés, il noie le poisson dans une interview où il compare les tueurs islamiques aux assassins banals des faits divers. il déclare sans que son nez s'allonge que l'Islam n'est ni terroriste ni violent. Est-ce le franciscain ravi de village qui parle ou le jésuite retors qui rêve d'une sainte alliance des religions pour imposer leurs valeurs au Monde ? Qu'il défende d'abord les siens !

Terminons par une particularité bizarre de cet attentat. Il n'est pas le fait d'une organisation même si nous avons eu droit à l'inévitable vidéo d'allégeance à Daesh de nos deux héros tueurs de vieillard. Il ne s'agit pas non plus d'un "loup solitaire" dont l'enquête montre souvent qu'il ne l'était pas tant que ça, mais d'un petit couple adepte du speed dating version terroriste qui s'est rencontré 4 jours avant le meurtre. Un véritable coup de foudre : "Adil jusqu'à la mort", "Abd el Malik, mon frère, je partagerai avec toi mes 72 vierges au paradis d'Allah". On pense au "bataillon sacré" de Thèbes formé de couples homosexuels qui rivalisaient de courage pour conquérir le coeur de leur partenaire. M'est avis qu'on peut s'attendre à beaucoup d'autres attentats d'une jeunesse aigrie, frustrée et fanatisée. 


21 juillet 2016

Tiens, fume, Marisol, c'est du belge !

L'hystérie anti-tabac de cette furie ne connaît plus de limites. Cette femme soi-disant de gauche a fait de la cigarette un produit de luxe, privant les pauvres d'un de leurs rares plaisirs et ils seront bientôt obligés de ramasser des mégots pour pouvoir s'en rouler une. Ces pauvres dont, en bonne dame patronnesse, elle entend faire l'éducation morale (le plaisir est mauvais) et sanitaire à grand renfort d'illustrations qui évoquent les "foie d'alccolique / foie d'homme sain" des écoles primaires de la troisième république. Souci de la santé de ses administrés, me direz-vous, mais non. L'avez-vous déjà entendue s'en prendre aux pinardiers et autres distillateurs ? A-t-elle déjà condamné les assassins qui roulent au diesel et rongent nos poumons avec les particules fines ? Non le tabac, toujours le tabac, rien que le tabac. Comment expliquer une telle obsession ? Faut-il chercher du côté de traumatismes infantiles qui l'aurait marquée à vie ? S'agit-il d'une peur du sexe auquel ne peuvent manquer de faire penser ces petits phallus qu'on tète avec volupté mais aussi la pipe et le cigare cher à Clinton et à Monica ? A-t-elle reçu une éducation protestante puritaine où on lui enseignait que son corps était un temple de Dieu que la fumée souillerait et, privée des plaisirs des jeunes de son âge, veut-elle se venger en en privant les autres ? Qui sait ? En tout cas cette peau de vache nous prépare encore quelques tours à sa façon.

Elle a prévu une forte augmentation du prix du paquet en janvier 2017 (ne rêvez pas, ils seront encore au pouvoir...). Passons, on finirait presque par en prendre l'habitude. Les riches paieront et les pauvres se débrouilleront avec le système D, tabac à rouler, marché parallèle, achats frontaliers...Les pères indignes priveront de son entrecôte leur progéniture plutôt que de céder sur leur plaisir. L'autre mesure prévue, adaptation très libre d'une directive européenne, frôle le délire. Cette directive décrète que "les paquets de cigarettes ne peuvent comprendre aucun élément qui qui promeuve le tabac en donnant une impression erronée quant aux caractéristiques de ce produit". En d'autres termes c'est interdire la publicité qui est intrinsèquement mensongère. Ce n'est pas nouveau et on savait bien que la Marlboro n'avait rien à voir avec la vie saine du cowboy dans les grands espaces, mais notre harpie va plus loin. Le bureau des pratiques addictives de son ministère (cet intitulé ne vous fait-il pas frémir ? Il évoque l'état totalitaire, la surveillance des citoyens, l'ordre moral) s'en prend au nom même des marques qui seront interdites si elles évoquent la féminité, la virilité, la minceur (?), la jeunesse, le succès...Faudra-t-il donc baptiser son produit "grosse dondon", "vieux croûton" pour avoir l'autorisation de le vendre ? Gauloises et Gitanes seraient interdites parce qu'elles évoquent la féminité. Féminine, la Gauloise, cigarette des "vrais" hommes ! On interdirait aussi Lucky strike, ce qui est présumer du niveau d'anglais des Français, Marlboro gold qui évoque la richesse, etc...C'est ce qui s'appelle traquer l'ennemi dans ses derniers retranchements et on se dit que l'utopie d'un monde hygiéniste sans tabac, sans excitants, avec une pensée droite, saine et unique, va advenir. Il nous reste la prière...Après tout, Dieu est un fumeur de gitanes et il saura peut-être de la méchante arrêter les complots...

Posté par Cotonet à 17:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 juillet 2016

Nice : tueur fou ou fou d'Allah ?

Difficile de savoir exactement quelles étaient les motivations du tueur de la Prom' (mon dieu, que Nice est devenue vulgaire !). Beaucoup ont été un peu rapides dans leur analyse, y compris Hollande qu'on a connu plus prudent. De prime abord il s'agit d'un homme violent qui battait sa femme, buvait sa paie et courait la gueuse, voire le gueux. Un psychiatre l'avait même soigné il y a des années dans sa Tunisie natale, sans grand résultat apparemment. Pour brocher sur le tout il venait de divorcer et l'acceptait mal. Un peu mince, direz-vous, pour massacrer 84 personnes et vous pensez alors à une motivation politico-religieuse mais il n'a guère le profil d'un islamiste. On a même l'impression que les enquêteurs se battent les flancs pour trouver la trace d'une allégeance à Daesh qui en arrangerait beaucoup. Le camion blanc n'arborait pas le drapeau noir et il n'a pas entonné le tube de ces dernières années : "Allah akbar". Alors un malade qui décompense de façon brutale ? Pas si simple puisqu'il avait préparé son coup en louant le camion et en achetant une arme (profitons-en pour poser une question qui fâche : un Albanais qui vend clandestinement des armes à des voyous ou à des assassins a-t-il sa place en France ?). Est-ce alors une taupe islamiste qui aurait réussi à dissimuler parfaitement son appartenance ? Difficile. On parle aussi de "radicalisation récente et rapide". Peu probable même si le terrain est préparé. On imagine les flyers dans les boites à lettres : "avec le grand marabout Mamadou, guérison de l'impuissance et radicalisation en moins d'une semaine"...Je croirais plutôt à un fou qui vit dans un état de rage permanent contre la société qui l'a humilié mais qui garde assez de lucidité pour préparer son coup (un peu le profil du tueur d'Orlando dont il semble partager la bisexualité. Aux Etats-unis il aurait arrosé la foule à l'arme automatique). Tout cela n'exonère pas Daesh qui avait conseillé au "croyant" cet instrument de meurtre. Si lui-même n'a pas pensé à la symbolique politique du 14 juillet l'organisation, qui veut "punir" la France l'a bien vue. Elle a imprégné de sa propagande haineuse le cerveau faible du meurtrier un peu comme les éditoriaux enflammés de "L'Action française" ont poussé Raoul Villain à assassiner Jaurès. Vu le nombre d'esprits faibles et aigris qui se sentent rejetés, voire persécutés, par la France, nous avons du souci à nous faire et on voit mal comment arrêter leur propagande sur Internet ou faire taire les imams recruteurs au discours bien rôdé. Si nous sommes en guerre, l'ennemi est dans la place. Au bout de combien de massacres la guerre civile que certains feignent de craindre (elle permettra de démasquer les "fascistes" qui nourrissent leur paranoïa) éclatera-t-elle ? En tout cas il est heureux que les flics - qui n'avaient pas le choix - aient descendu le tueur. L'eût-on interné en HP ou incarcéré, je vois déjà les titres de la presse de caniveau : "Le tueur de Nice a une salle de sport pour lui tout seul", "L'assassin de la Prom' peut choisir ses menus et exige de manger halal", "On vient lui donner des cours de salsa en prison". Au moins cela nous aura été épargné.

Posté par Cotonet à 10:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12 juillet 2016

Aux ch...... les Bleus !

  Parce que l'équipe de France, ce sont des hommes perdus de fric et de frime aux grosses cuisses et au plafond bas qui déshonorent la génération 80% niveau bac : plus de la moitié ne l'a pas. Que certains en fassent un exemple pour la jeunesse laisse pantois. Entre deux matchs ils vont dans les boîtes des Champs Elysées pour se tirer des call girls ou des adolescentes en perdition avant de filmer leurs ébats avec elles. Avec leurs grosses bagnoles ils reviennent dans les quartiers dont ils sont sortis pour saluer leurs copains d'enfance et les faire saliver.

  Parce que le foot c'est le fric dans toute son obscénité. Les joueurs sont vendus ou échangés comme du bétail dans le si bien nommé Mercato. Leurs salaires mirobolants auraient de quoi faire hurler un smicard. Celui-ci, d'ailleurs, hurle bien, mais c'est "Allez la France !". Des émirs assis sur des tas de pétrodollars qui fondront bientôt comme neige au soleil se font de la pub en achetant des clubs et la jeunesse des "quartiers" arbore des  t-shirts à leur gloire comme leurs idoles. La concurrence pour construire des stades pharaoniques ruine les pays pauvres. Pendant ce temps les dirigeants s'enrichissent et planquent leur argent en Suisse.

  Parce que le foot c'est la violence, le racisme, la xénophobie. Les spectateurs parqués et chauffés à blanc, barbouillés de tricolore et brandissant des drapeaux sont près à en découdre avec ceux du camp d'en face  ou à lyncher ceux dont la couleur ne leur plaît pas s'ils ont perdu le match. Injures et lazzi, quand ce ne sont pas cris de singe et  boîtes de bière, pleuvent sur les joueurs de l'équipe adverse qui doivent parfois être protégés par la police, les arbitres sont menacés de mort. L'hystérie chauvine ou l'esprit de clocher s'emparent de tous et les empêchent d'apprécier le jeu.

  Parce que le foot est bien, quoi qu'on dise, l'opium du peuple et pas seulement parce qu'il lui fait oublier un temps le chômage ou la loi El Khomri, il construit des mythes qu'il faut absolument démolir. Par exemple celui du gamin des "quartiers" qui en sortira grâce à ses talents dans ce sport. Moyennant quoi ils sont très nombreux à passer leur temps à jouer au ballon au bas de leur HLM, ils roulent des mécaniques, ne font rien à l'école, emmerdent leurs profs et ils finiront au mieux livreurs de pizzas dealers au pire et leur rêve brisé les aigrira. Pire encore le mensonge du "Mondial" de 1998, celui de la fraternité, du "black blanc beur, de la nation unie qui communie dans la joie de la victoire. Tu parles ! Ca n'a pas duré si même ça avait commencé (le soir de la finale de nombreuses voitures ont été brûlées mais les autorités ont fait le black out). Depuis le communautarisme s'est développé et l'influence du FN a crû.

  Parce que tout, c'est bien connu, commence à l'enfance. On m'a dégoûté très jeune du foot. Le dimanche sous un ciel gris on menait les pensionnaires en promenade au stade pour admirer les exploits de l'équipe locale alors que nous rêvions de la chaleur d'une salle de cinéma. Arpentant le terrain pour me réchauffer (nous n'avions pas droit aux tribunes) je refusais de m'intéresser au jeu par révolte mais observais le comportement des supporters dont l'esprit de clocher, la mauvaise foi, les "aux chiottes l'arbitre" m'indignaient. Enfin nous rentrions en rangs par les rues sinistres et vides de cette ville endormie, presque heureux de retrouver la chaleur de l'étude .

Je le proclame, parodiant Aragon : je conchie l'équipe de France.

Posté par Cotonet à 11:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

04 juillet 2016

Michael Herr, Michael Cimino : guerre du Vietnam, littérature et cinéma

Ironie du sort, sont morts à quelques jours d'intervalle l'écrivain et journaliste américain Michael Herr et le réalisateur de cinéma Michael Cimino auteurs respectifs d'un livre et d'un film exceptionnels sur la guerre du Vietnam, l'un  à la fin des années 60, l'autre en 1978.

Le premier fut l'envoyé spécial du magazine Esquire (une sorte de Lui plus sophistiqué) au moment où l'engagement américain était à son apogée (siège de Khe Sanh, offensive vietcong du Têt 68...) et il a suivi la guerre au plus près avec les G.I.'s : raids en hélicoptères, marches de nuit dans la jungle, attente dans les tranchées. On n'y voit pour ainsi dire pas l'ennemi dont la menace plane pourtant constamment mais il rend parfaitement les émotions et comportements des soldats noirs et blancs qui l'entourent en une vision hallucinée sous l'effet de l'herbe, de la fatigue et des amphétamines. Son récit est sous-tendu et rythmé par les morceaux de rock qu'écoutent les soldats au repos, voire au combat. Aucun jugement sur les causes de la guerre et la façon de la mener mais une empathie totale avec ses compagnons dont il décrit les souffrances sans pathos. Il illustre avec Tom Wolfe ou Norman Mailer ce nouveau journalisme qui est en fait un genre littéraire qui permet à l'écrivain d'exprimer sa subjectivité. Son expérience vietnamienne et le succès de Dispatches (titre trop neutre auquel on peut préférer le Putain de mort de la traduction française) l'amèneront à participer au scénario de deux films sur cette guerre : Apocalypse now et Full metal jacket de deux réalisateurs géniaux et un peu déjantés, ce qui ne devait pas le dépayser. Pour finir et pour donner le ton, une seule phrase - l'incipit - : "Pour les sorties de nuit, les médecins vous donnaient des pilules, la Dexedrine, et son haleine de serpents morts gardés trop longtemps dans un pot". 

Cimino serait plutôt du genre auteur maudit. Après le retentissant succès de The deer hunter, il ruine United artists avec son ambitieux, génial et très cher Heaven's gate et sa carrière sera pratiquement terminée à l'instar d'un Orson Welles. Voyage au bout de l'enfer (le titre français, un peu raccrocheur, est plus parlant que le titre américain, même si la séquence de chasse est centrale dans le film. Cela dit il fait écho au roman de Mailer Pourquoi nous sommes au Vietnam qui critiquait l'engagement américain à travers la description féroce d'une partie de chasse en Alaska, miroir de la société étatsunienne) fut l'un des premiers films sur la guerre (et non le premier comme ont écrit certains, oubliant Les bérets verts de John Wayne ou Le merdier de Ted Post sorti la même année que le film de Cimino), le plus riche et le plus puissant pour le comparer à Apocalypse now qui fut aussi largement récompensé. Au contraire du film de Coppola qui la théâtralise, on y voit peu la guerre puisqu'il s'agit avant tout de parler de ceux qui l'ont faite, en l'occurrence un groupe de cols bleus de Pennsylvanie d'origine ukrainienne qui vont y aller et en reviendront démolis ou n'en reviendront pas. Cimino procède par grandes scènes comme dans le roman réaliste du XIXéme siècle : le mariage "ethnique" (comment ne pas penser à la noce d'Emma Bovary ?), la partie de billard puis la chasse, ces pierres de touche du mâle américain, la chute de Saïgon dont il a magnifiquement rendu la panique et le désespoir de gens pris dans une nasse mais libérés de toutes les entraves morales...Entre ces scènes des ellipses hardies qui peuvent déconcerter le spectateur et qui sont une des raisons de l'échec de Heaven's gate construit de la même façon (l'autre étant un supposé antiaméricanisme parce que Cimino racontait le massacre d'immigrants d'Europe de l'est par des éleveurs du Wyoming à la fin du XIXème siècle). En France, à l'inverse, la critique de gauche fut souvent dure pour The deer hunter à qui elle reprocha la façon dont les Vietcongs étaient représentés, comme s'ils avaient toujours respecté la convention de Genève sur les prisonniers...Le patriotisme des personnages lui déplut aussi : ils auraient dû condamner cette guerre comme des étudiants de Berkeley or ils ne le font pas. Ils se sentent profondément américains même s'ils portent des noms russes et le film s'achève sur une scène magnifique et bouleversante où, revenus au pays et réunis autour d'une table avec leurs proches, ils entonnent "God bless America". 

Posté par Cotonet à 16:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 juin 2016

Du tangage chez les Bleus ou football et littérature

Comme je me fous du foot comme de mon premier nounours (qui a fini dans un cul-de-basse-fosse), que je ne sais même pas quelles équipes sont engagées, que je souhaite la défaite de la France pour faire rentrer dans la gorge de ses tifosi les cocoricos et autres Marseillaises, c'est par le petit bout de la lorgnette que j'aborderai l'Euro de foot qui partage l'actualité avec les carreaux cassés de l'Hôpital Necker.

L'homme par qui le scandale arrive fut d'abord Benzéma s'indignant que l'équipe de France n'ait pas son contingent de Maghrébins qui ne chantent peut-être pas la Marseillaise mais ne dédaignent pas quelques primes pour mettre du beurre dans le couscous. Aussitôt il reçut le soutien de Cantona qui, depuis qu'il fait du théâtre et du cinéma, a l'impression d'être passé dans la sphère des intellectuels, ceux qui donnent leur avis sur le monde comme il va et qui pétitionnent, puis de Jamel Debbouze que certains ne sont pas loin de considérer comme un nouveau Molière. Ne revenons pas sur cet appel au contingentement ethnique de notre équipe nationale dont toutes les conséquences, même les plus burlesques, ont été tirées par deux professeurs de médecine dans une tribune libre du "Monde" (voir ma page Fb). Ajoutons simplement une chose, cela rappelle "l'affaire Camus" qui a défrayé la chronique à la fin du siècle dernier (mon dieu, comme le temps passe...). L'écrivain (il s'agit évidemment de Renaud et non d'Albert) s'était plaint d'une sur-représentation de journalistes juifs à France-cu, le footballeur d'une sous-représentation d'Arabes chez les Bleus. L'inverse mais la même chose...Alors, Benzema lecteur de Renaud Camus ? Voilà qui ouvre des abîmes de perplexité...

Pogba, lui, n'a pas fait de déclaration fracassante mais a esquissé (et peut-être même un peu plus) un geste en passe de devenir aussi célèbre que le coup de tête de Zidane, un bras d'honneur puisqu'il faut l'appeler par son nom adressé à la tribune des journalistes qui s'étaient permis quelques critiques sur son jeu lors d'un précédent match. Tintamarre dans Landerneau, l'avait-il fait, ne l'avait-il pas fait ? Était-ce bien un bras d'honneur ou peut-être une quenelle à moins qu'il ne se soit simplement gratté la saignée du bras en même temps qu'il se grattait l'épaule (un bon footballeur doit savoir coordonner ses gestes) ? Et qui était visé, d'ailleurs, les journaleux ? son entraîneur qui l'avait mal noté ? ou le public insensible à ses exploits ? L'affaire était d'importance et nous valut plusieurs communiqués et de nombreux articles. La réputation déjà ternie de nos footballeurs, qui passent plus de temps à tourner des sex tapes qu'à Clairefontaine, allait-elle  de nouveau en souffrir ? Allait-on les prendre pour des mal-élevés ? Les racistes dénoncés par Cantona exploiteraient-ils l'affaire ? Dieu merci l'intéressé lui-même l'a ramenée à de justes proportions : il esquissait avec ses camarades une danse pour fêter leur victoire. On est donc bien loin du geste obscène dont les mauvais esprits l'accusaient. Cette nouvelle danse, comment va-t-on l'appeler ? Comme "quenelle" est déjà préempté, je suggère "braquemart", ça fleure bon la chaude amitié virile des stades, les ardentes surprises des vestiaires, les comparaisons sous la douche...(j'arrête parce que je sens que je vais déraper). Le braquemart...On sent que ça va être la danse de l'été, de Saint-Trop' à Orlando en passant par Ibiza. Mais mon petit Paul, tu es trop bon et trop modeste, tu n'avais pas à te justifier. Rappelle-toi ce que dit Aragon : "le poète a toujours raison", or tu es un poète que j'avais déjà célébré dans une précédente chronique, auteur d'un seul quatrain comme Arvers d'un sonnet. Le voici pour faire taire définitivement jaloux et aigris. Il est adressé à un de tes coéquipiers :

  En octobre personne ne te connaissait

  En décembre déjà tu brillais

  En décembre t'arrêtais pas de marquer

  En janvier on a commencé à te kiffer.

Paul, ton honneur est dans ta plume et non dans ton bras, qu'on se le dise !

 

Posté par Cotonet à 15:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,