Au début de 1830 Charles X dont le gouvernement est de plus en plus impopulaire envoie un corps expéditionnaire s'emparer d'Alger. Notre président-chef-des-armées nous ferait-il le même coup ? Il devrait réfléchir car quelques mois après le roi était chassé du trône et nous fûmes obligés de traîner l'Algérie 130 ans et ça a mal fini, pour autant que ce soit fini. Avec un joli coup de menton, dans son petit costume, il proclame fièrement que nos troupes se sont portées au secours de l'armée malienne (on vous jure qu'elle existe) et reçoit l'appui de toute la classe politique de Marine Le Pen à la gauche du PS (si,si, ça existe aussi). C'est le grand retour de la Françafrique naguère fustigée, est-ce assez rigolo ! Réfléchissons quand-même un peu sans nous laisser porter par notre élan patriotique. Pour qui d'abord nous battons-nous ? Pour un gouvernement issu d'un pronunciamento, une poignée d'officiers subalternes capons et pillards arborant Ray ban et béret rouge sans crainte du ridicule, aussi pour une poignée de commerçants toubabs cupides qui ont déjà fait leur pelote et pour quelques retraités qui n'ont jamais pu s'arracher à l'Afrique (ceux-là, je les plains). Contre le terrorisme aussi. Fort bien, mais notre engagement sera-t-il efficace ? Des expériences récentes ne nous ont-elles pas appris qu'il ne fallait pas affronter l'Islam surtout quand il s'allie à la misère ? Nous sommes en train volens nolens de remettre aux talibans l'Afghanistan, au Nigéria comme au Pakistan la bigoterie musulmane la plus crasse et la plus cruelle s'exerce et nous n'y pouvons rien. Ils reviennent en Egypte, s'emparent d'une Libye à peine libérée et c'est ce qui va arriver en Syrie. Chaque fois où nous avons été (je parle de l'Occident) impliqués dans ces conflits asymétriques nous nous en sommes tirés sans gloire. Les pick-ups rebelles avec leurs lance-roquettes s'égailleront dans le désert pendant que notre aviation bombardera la caillasse et les dunes. A moins que quelque officier poète et romantique marqué par L'escadron blanc ne lance des méharistes à leur poursuite. Je ne voudrais pas être à la place de Hollande quand on trouvera les premiers cadavres de militaires égorgés et châtrés. Et si les Touaregs et les Islamistes arrivaient à Bamako ? Dans un premier temps ce sera bien triste pour les Maliens dont les photos de Seydou Keita témoignent que dans les années 60-70 ils aimaient la fête, les bar-dancings, le flirt, l'alcool (je me rappelle un matin au bar d'un hôtel de Mopti, nous étions les seuls, mon copain et moi, à prendre un café, les indigènes carburaient à la bière), mais ils se débarrasseront eux-mêmes par la violence s'il le faut de la charia et des brutes incultes qui veulent l'appliquer et cette fois ceux-ci n'y reviendront pas parce que ça ne sentira pas l'expédition néo-coloniale. Quant aux Maliens ils auront fait un pas vers la laïcisation de la société et auront compris que l'Islam secrète l'islamisme...Les Touaregs regagneront leurs tentes en poils de chèvres et continueront, certes, à pratiquer la contrebande et les enlèvements jusqu'à ce que les pays concernés se lassent et s'entendent pour mieux les contrôler.Il faut avoir été un jobard comme le père de Foucauld pour s'être laissé fasciner par cette peuplade à laquelle il a prêté un mysticisme que ne lui permettaient guère ses conditions de survie. Et dire qu'ils rêvent d'un Empire du désert comme les Kurdes, autres emmerdeurs, rêvent de créer le leur dans les montagnes, marquant bien peu de reconnaissance aux pays qui les abritent et qui les ont peu ou prou sortis de leur crasse. Les Africains peuvent bien régler le problème touareg, quant à celui qui nous concerne, le terrorisme, ce n'est pas un corps expéditionnaire qu'il faut mais une politique intelligent et brutale de contre-terrorisme.    Terminons aussi  en chanson . Espérons que nous ne devrons pas à entonner bientôt : "Partant pour la Syrie le jeune et beau François"...