Il faut bien finir par en parler si éloigné qu'on soit de telles préoccupations. Le projet de loi va donc être présenté après qu'une manifestation de masse l'a contesté. Se sentant en force, les manifestants réclament un referendum sur la question. On leur rétorque que ce n'est pas constitutionnel, ce qui est d'une parfaite mauvaise foi : il se trouvera toujours des juristes pour tordre la réalité dans le sens qui convient. En fait le gouvernement sait bien que le NON l'emporterait en dépit de ce que disent les sondages. Les "vrais gens" regardent Laurent Ruquier et consorts à la télévision et ne voudraient pas lui faire de peine et encore moins passer pour des ploucs, mais dans le secret de l'isoloir...Ils vont s'accrocher à leurs coutumes, à l'idée naïve de Nature. Comme  Sganarelle dans Dom Juan avec "leur petit sens, leur petit jugement" ils font bien piètre figure à côté des grands seigneurs libertins des médias et de la politique mais, plus malins qu'eux, ceux-ci se garderont bien de leur donner la parole dans un débat pourtant plus accessible au commun que celui du traité de Maastricht. Objection recevable : il faut parfois imposer au peuple des réformes que dans son ignorance (ça, mes objecteurs de gauche n'oseront pas le dire...) il est incapable d'envisager, ainsi la suppression de la peine de mort en 81. Soit, donc mariage pour tous. Mais pourquoi "mariage" justement alors qu'on justifie cette loi essentiellement par la prise en compte de l'évolution de la famille, éclatée, recomposée, homoparentale.. Ne vaudrait-il pas mieux dans ces conditions repartir à zéro et faire une union civile pour tous (limitée à 2 personnes, faut quand-même pas exagérer, la polygamie et la polyandrie c'est pour les vicieuses et les perverses, la République est bonne fille mais il y a des limites !) avec les mêmes droits (et devoirs ?) que dans le mariage. Ainsi la sacro-sainte égalité des droits serait préservée, l'aspect symbolique aussi à condition que cela ait lieu en mairie avec Marianne, écharpe tricolore et tout ce bataclan auquel certains semblent tant tenir. Ceux qui le voudront remettront ça devant le curé ou le rabbin, deux précautions valent mieux qu'une et les mariages sont si fragiles de nos jours...Reste l'épineuse question des enfants pour les couples homo. Des états généraux sur la famille ne serviraient à rien. Faut-il obligatoirement "un papa, une maman", un père qui dit la loi, un modèle à partir de quoi se structurer, de la tendresse seulement ? la discussion serait sans fin entre "experts", curés et hommes politiques. Alors, au diable les précautions, plongeons dans l'inconnu pour trouver du nouveau, ça ne pourra guère être pire comme peuvent en témoigner les flics et les profs qui prennent de plein fouet les avanies de djeunes complètement déboussolés. Adoption, PMA, mères porteuses, allons-y gaiement ! Que grand bien leur fasse puisqu'ils rêvent de torcher des mômes, d'affronter leurs pleurs et leurs bouderies d'ados grincheux, de payer leurs études et les entretenir jusqu'à 30 ans et plus. Vous verrez qu'à la longue ils regretteront les ardentes surprises des backrooms, les dragues nocturnes dans les parcs, la sororité non exclusive des groupes féministes, cette chasse au plaisir qui vous maintient jeune. Ce sera la fin des commencements ,la routine du conjugo, les pantoufles et la télé. Et s'ils divorcent ils ne reviendront pas en arrière...Il fallait y penser avant. Bien fait !