Saint-François, Sainte-Thérèse, Blanche-de-Castille, Sacré-Coeur, Saint Sébastien, Passy-Saint-Honoré... Non, ce n'est pas une litanie des saints mais la tête du classement des "lycées qui réussissent le mieux". Et, attention, pas seulement par leurs résultats au bac mais aussi par la "valeur ajoutée au taux de réussite au bac" comme dit notre Sainte Mère l'Education nationale dans son langage managerial. Éclairons le profanum vulgus : il s'agit de la capacité d'un établissement à vaincre les déterminismes sociaux en faisant mieux que les résultats attendus en fonction de l'environnement. Enfin ces lycées font l'effort de mener jusqu'au bac tous leurs élèves et ne se débarrassent pas lâchement des mauvais, suivez mon regard dirigé vers la colline Sainte-Geneviève. Comment s'explique ce succès ? On reconnaît généralement une plus grande implication des parents et des professeurs, des élèves "cadrés" et un meilleur remplacement des enseignants absents. Certainement à nuancer : les fonctionnaires du public travaillent aussi et souvent dans des conditions difficiles mais il leur manque souvent le côté "bonne soeur" qui pousse à sacrifier sa vie personnelle à celle des élèves, sans compter que l'appartenance à un groupe minoritaire pousse à en faire plus pour sa communauté. Les parents paient et attendent donc un service au moins convenable auquel l'Education nationale a renoncé dans certaines zones où la dérive des établissements est accentuée par une indiscipline qu'engendrent la peur et une idéologie, mélange de permissivité et d'antiracisme. Pour toutes ces raisons le recrutement n'est pas près de se tarir entre les bobos fiers de la mixité et du multiculturalisme de leur quartier mais qui ne veulent pas que leur progéniture se mélange avec des petits Maliens ou des petits Roms qui leur feraient rater leurs études, les parents - chrétiens ou musulmans - qui veulent aussi un enseignement moral et les parents-stratèges qui regardent le résultat des palmarès. Qui oserait maintenant réclamer comme dans les années 80 un "grand service public de l'éducation" qui supprimerait l'enseignement privé ? ça serait pire dans les rues que la Manif pour tous...Même l'argument selon lequel l'enseignement privé est inégalitaire tombe : la participation des parents est proportionnelle à leurs revenus selon le principe de l'équité et qui, d'autre part, oserait prétendre que l'offre est les résultats sont les mêmes au collège Henri IV et dans tel ou tel collège Eluard dans les "quartiers" ? Assurément on n'a pas fini d'entendre psalmodier la litanie des Saints en début de printemps en attendant le mois de Marie...