Sale temps pour Najat Vallaud Belkacem : après avoir mangé son chapeau à propos des classes bi-langues qu'elle a rétablies (surtout à Paris où la maman bobo est une véritable tigresse quand on s'attaque aux privilèges de ses petits), elle s'est fait remonter les bretelles par les laïcards indécrottables de "Marianne" pour son intervention, ou plutôt sa non-intervention dans une émission de Canal plus dimanche. Rappelons brièvement les faits. Ali Baddou y interviewait Idriss Sihamedi, dirigeant de l'ONG islamique Barakacity dont un membre est actuellement détenu au Bangladesh où il était censé apporter son aide à la communauté musulmane des Rohingyas persécutée par la Birmanie voisine. Fielleusement il lui posa la question qui tue, ou plutôt qui démasque : "Serrez-vous la main des femmes ?" "Non, répondit le barbu, comme certains rabbins" (nous reviendrons sur ces rabbins). Que croyez-vous que fit, en entendant ces mots, l'ex-ministre des Droits des femmes, la ministre de l'Ecole de la République chargée de l'éducation morale et civique des jeunes consciences ? Rien ou si peu. Elle ne dit pas son fait au goujat ni ne brandit - comme elle sait si bien le faire d'habitude - les valeurs républicaines, en particulier l'égalité qui est aussi celle des sexes, ni ne quitta, indignée, le studio pour avoir été insultée en tant que femme et ministre. Elle se contenta de lever les yeux au ciel qui ne l'inspira guère. Sa réaction ne fut pas plus brillante après que notre "humanitaire" eut refusé dans un discours très emberlificoté de condamner l'EI que combat notre pays. Elle se contenta de déclarer que si elle devait réagir (sic), elle verrait les choses autrement (re-sic). Une telle faute étonne de la part d'une femme politique dont on sait l'ambition. Était-ce un retour du refoulé ? On ne contredit pas un grand frère, surtout si c'est un Croyant. Était-ce la crainte de désespérer Clichy-sous-Bois ou bien alors un calcul : miser sur les laïques "ouverts" ? Peu importe, on a vu une ministre de la République embarrassée et craintive refuser le combat et trahir ses valeurs.

Pourtant il aurait valu la peine qu'elle combattît son adversaire à qui on peut reprocher bien plus qu'un moralisme austère et affiché. Des soupçons pèsent sur son organisation qui a été soumise à une enquête et des perquisitions. Il suppose que lui-même est fiché (vantardise et non naïveté). L'homme est habile et retors. Il sait tirer partie de l'emprisonnement de Moussa, son homme-lige : un humanitaire persécuté par un gouvernement du Tiers monde, donc peu démocratique, alors qu'il fait le bien, ça marche toujours auprès de l'Occidental et même du gouvernement français qui soutient son ressortissant, ce qu'il ne fait pas toujours. Et pourtant ne sait-on pas que beaucoup d'organisations islamiques, sous couvert de djihad "pacifique et humanitaire" sont les sergents-recruteurs de jeunes déboussolés et aussi ignorants qu'ils sont généreux et ils les amènent dans des zones de combat, notamment en Syrie, où ils franchissent le pas qui les sépare du djihad armé, le seul vrai...Ne peut-on s'étonner qu'il ait pu amasser une somme plus que coquette en trois ans ? "des particuliers et quelques footballeurs, dit-il". Ben voyons...Après leurs ébats tarifés avec des call girls, ceux-ci (ne stigmatisons pas en donnant des noms) versent la somme équivalente à Barakacity pour obtenir le pardon d'Allah. Quant aux "particuliers" m'est avis qu'ils portent une abaya immaculée et habitent des palais de marbre meublés en faux Louis XV. Ajoutons, pour brocher sur le tout, le refus de condamner l'EI avec ce sophisme : si c'est vrai qu'ils ont massacré, torturé, violé, je les condamne, mais je sais bien qu'il s'agit de propagande de Croisés, donc je ne les condamne pas..On ne s'étonnera pas que l'individu soit aussi antisémite : les pauvres musulmans sont persécutés alors qu'on ne dit rien aux juifs qui se conduisent comme eux. Je veux bien manger mon chapeau ou ma kippa si le Moussa en question n'était pas là-bas pour exciter les Rohingyas qui, au demeurant sont bien à plaindre. Depuis longtemps les Islamistes cherchent à s'établir en Asie du sud-est, soutenant des rebellions en Thaïlande ou aux Philippines, perpétrant des attentats dans la paisible Indonésie. Leurs instruments sont connus, alors méfions-nous.

L'affaire aura au moins fait parler un peu des Rohingyas, ce peuple de religion musulmane qui, pour des raisons liées à la colonisation anglaise, est ballotté entre le Bangladesh dont il est originaire et la Birmanie qui leur refuse sa nationalité. Il est victime de persécutions qui ont peu d'écho dans le monde. Pourquoi ? Probablement parce que groupe est peu nombreux, que la Birmanie a été longtemps fermée, qu'un cyclone qui fait 100 000 morts au Bangladesh fait 3 lignes dans les journaux. Ajoutons - pour être honnête - une once de schadenfreude de l'Occident qui n'est pas mécontent que l'Islam qui persécute et massacre soit parfois victime. Mais d'abord, si on excepte quelques moines birmans excités, la persécution est moins religieuse qu'ethnique et politique. Au moment de la conquête du royaume et au cours de la guerre d'indépendance les Rohingyas, que les Anglais avaient installés en Birmanie, ont été supplétifs de sa gracieuse majesté. Les Birmans leur en veulent encore et les considèrent comme des immigrés clandestins qu'ils veulent renvoyer au Bangladesh qui les repousse, jeu de ping-pong mortifère entre deux pays très pauvres. Ils les parquent dans des camps pires que la jungle de Calais et qui ne les mettent pas à l'abri de pogroms. L'intervention d'organisations internationales serait on ne peut plus souhaitable, mais des organisations neutres ayant pignon sur rue et non des boutefeux qui avancent masqués et sont au service d'une religion conquérante, voire d'un état terroriste.