L'idée était excellente, on voyait presque le bout du tunnel, on était à main d'atteindre les sacro-saints 3% de déficit. Patatras ! La garde des sceaux a encore une fois mangé son chapeau et avalé une couleuvre (eh oui, elle arrive très bien à faire les deux en même temps) en canant lamentablement devant les avocats. Pourquoi ceux-ci, après les policiers et avant les matons, étaient-ils en colère ? Parce que le gouvernement aux abois avait trouvé un moyen de réduire ses frais d'aide judiciaire, qui est une prestation sociale. Il prendrait l'oseille dans la poche de ceux qui la pratiquent, les avocats. En l'occurrence il puiserait dans le petit matelas de la caisse qui place les fonds transitant par leurs cabinets. Au passage il ajouterait un petit pourboire en diminuant les sommes versées pour cette aide. Admirable principe qui consistait à faire payer par la profession concernée les carences de l'état. Ils se sont mis en grève, elle a cédé.

N'aurait-on pas dû plutôt étendre ce principe à toutes les administrations et ministères. Voyez par exemple l'Education nationale dont les besoins sont énormes. Faire payer les profs serait un peu difficile : cette engeance est grévicole. Mais les retraités ? Ponctionnons les pensions de ces débris et on aura de la fraîche ! On pourra créer des classes qu'on entassera dans des préfas et recruter contractuels et autres vacataires  (dans les "quartiers" pour qu'ils soient plus proches des élèves). En ouvrant leur boîte de sardines les vieux profs auront la larme à l'oeil en pensant à tous ces jeunes qui entrent dans la carrière grâce à eux. Cette aide du citoyen pourrait prendre des formes différentes. Ainsi pour la défense nationale qui chouine parce que son crédit diminue proportionnellement à l'extension de ses champs d'action. Rétablissons le service médiéval de l'ost. Chacun devra s'engager vêtu et armé de pied en cap. Attention ! On modulera en fonction des revenus. L'armée fournira aux pauvres les armes mais leur demandera de se procurer les munitions chez l'armurier du coin et quand il leur demandera ce qu'ils désirent ils répondront fièrement comme l'Enfant grec : "De la poudre et des balles.". Plus riches, ils devront acheter leur F-M. On en trouve à prix raisonnables dans n'importe quelle cité et on peut en profiter pour faire son petit marché en cannabis. Et ainsi crescendo : lance-roquettes, auto-mitrailleuses (pour les fils de famille). Pour le gros matériel on mutualisera les moyens, ainsi une compagnie pourra s'acheter un char d'assaut. un investissement de départ, une légère ponction sur la solde et, hop ! le tour est joué.

Nous n'allons pas passer en revue tous les ministères mais il est évident que ce même principe peut y être appliqué. Déplorons encore une fois que la lâcheté et la frilosité aient fait tomber à l'eau cette première tentatives de sacrifier les égoïsmes corporatifs au profit de l'intérêt collectif.