Tiens, aujourd'hui j'ai envie de défendre ce pauvre Castaner sur qui on déverse des tombereaux d'injures et de moqueries. Eh bien oui, il a beaucoup menti, mais quel ministre ne le fait pas, alignant les promesses qu'il sait intenables et dissimulant ses secrets honteux? Il l'a fait avec maladresse : mettons avec indulgence celle-ci sur le compte de sa fougue méridionale. Admettons même qu'il manque un peu d'esprit de finesse : pour le quadruple meurtre de la Préfecture de police, il a cru devoir préserver le "vivre-ensemble" en niant dans un premier temps un lien avec l'islamisme, n'ayant pas perçu que le Chef s'était mis en mode Le Pen en vue des élections. Il tient mal ses troupes? Mais les bavures policières plus nombreuses et plus graves ne sont-elles pas le résultat d'une brutalisation de la société qui s'observe dans le quotidien et a fortiori dans les manifestations. Ces reproches sont discutables mais légitimes, le sont moins ceux qui sont faits à l'homme. Oui, il a beaucoup joué au poker dans sa folle jeunesse et a eu de "mauvaises fréquentations", oui il lui plaît encore d'aller dans des boîtes à un âge où on est censé être rangé des voitures. Traîne actuellement sur les réseaux sociaux la photo d'un Castaner jeune, le cheveu long, l'air conquérant, l'oeil un tantinet égrillard, un peu marlou, un peu don juan de sous-préfecture, une sorte de personnage stendhalien dont "l'unique affaire de la vie est le plaisir". Et voilà, me semble-t-il, où le bât blesse, et voilà qui nous amène à Marlène Schiappa. Parmi les ministresses, c'est elle qui a le droit au plus grand nombre de lazzis. Je sais bien que son poste l'expose particulièrement entre les machistes enragés, les foules de discriminés de tout poil et les plaintes des contre-discriminés, je sais bien qu'elle a fait quelques déclarations à l'emporte-pièce un peu hâtives (encore une méridionale, je n'hésite pas à essentialiser...). En fait c'est tout autre chose qui ne passe pas : son décolleté fascinant, le feu de son regard, une sensualité que souligne encore une voix de petite fille.Et en plus elle a écrit quelques romans coquins! La coupe est pleine et les prudes de l'un et l'autre sexe (à moins qu'il n'y en ait trois?) froncent le nez. Ils ne sont pas choqués par les tenues extravagantes de Belloubet ou par le caporalisme vertueux de Buzyn qui, non contente de foutre en l'air l'Hôpital, prive les pauvres de leur dernier plaisir, non, c'est la "femme perdue" qui offense leurs regards.

  Eh bien moi, je trouve plutôt fascinant un type qui a eu le courage de quitter sa famille à 17 ans, qui a été en contact avec le milieu marseillais (ce qui ne signifie pas qu'il en est complice) et a peut-être vécu un temps sur ses gains au   poker. On a les aventuriers qu'on peut mais on n'en a pas tant que ça. Casta (tu permets que je t'appelle Casta?) est une sorte de Vidocq qui n'a pas suivi le cursus honorum classique, prépa, sciences po, banque, et alors? ça nous change un peu des sinistres conseillers du Prince dont le seul plaisir n'est que de faire des notes de synthèse et trouver des éléments de langage et qui évoluent en costume croisé avec un parapluie dans le cul.Je préfère décidément ce jeune homme dont l'oeil et le cheveu frisaient. De même aimé-je la franchise un peu naïve de la belle Marlène, la générosité avec laquelle elle semble offrir un corps épanoui, sa féminité débordante.