Ce projet de service militaire ou civique, on ne sait pas trop, on croit rêver...C'est un peu comme si l'Eglise catholique rétablissait le poisson obligatoire le vendredi. On fait des promesses inconsidérées pendant la campagne et on se retrouve avec un dossier pourri. C'est une cote mal taillée et par là même inefficace qui va coûter un pognon fou, une tentative maladroite de dissimuler le détricotage de la société et la disparition de la notion de patrie. Un mois pour quoi faire ? Pas pour donner une formation militaire que l'armée ne demande évidemment pas et qui d'ailleurs serait impossible dans un délai aussi court. Pour fondre les jeunes dans un creuset commun ?L'école le fait maintenant, ce qui n'était pas le cas il y a 50 ans et plus. Pour leur donner un sens civique qu'ils n'ont plus ? Mais c'est justement celle-ci qui aurait dû et pu le faire si les cours d'instruction civique n'avaient pas été considérés comme la 5ème roue du carrosse. Dans une société hyper individualiste, ils en auraient eu besoin, de même qu'un peu de roman national ne leur aurait pas fait de mal pour être fiers de leur pays (ou du pays qui les a adoptés). Et matériellement comment ça va se passer ? où les hébergera-t-on ? Dans des casernes ? elles ont été transformées et "civilisées". Sous des tentes, ou même des yourtes pour ne pas dépayser les enfants de bobos ? Dans des internats pour que s'y développent les amitiés particulières ? Et les intervenants seront-ils des bacheliers chômeurs ou des sous-offs mal considérés ? il y a fort à parier qu'il y aura du chahut, des joints et quelques viols par ci par là avec cette jeunesse pleine de sang, et pendant la 2ème partie du stage tout le monde fera des jeux vidéo sur informatique sauf quelques barbus qui préféreront le maniement des armes. Soyons plus ambitieux, que diable ! Ce service, on l'appellera "Les chantiers d'Emmanuel", durera 3 mois. En hiver. Il sera consacré à de grands projets : assécher le Marais poitevin, défricher la forêt de Tronçais, creuser un grand trou pour enfouir nos déchets nucléaires, construire un aéroport dans toute sous-préfecture qui en exprimera la demande. Hébergement, loin des tentations urbaines, dans des tentes de l'armée, feuillées réglementaires, lever à 5 heures avec envoi des couleurs salué par l'hymne des chantiers, "Emmanuel, nous voilà", short, chemisette kaki et pull de grosse laine pour tout le monde, interdiction des portables et trousses de maquillage C'est comme ça, Manu, que nous aurons une jeunesse au menton levé, au regard clair, musclée et bronzée, fière de son pays et confiante dans son avenir !