Le magazine du "Monde", qui tient du journal de mode et de "Voici", a une rubrique en bas de page où il résume en quelques chiffres la vie de tel ou tel pipole. Cette semaine c'était le tour de la tant belle Jennifer Lawrence, 4 chiffres seulement accompagnés d'un court commentaire mais assez pour nous faire rêver.

14.- C'est à cette âge que la jeune fille, en vacances à New York avec ses parents, est repérée par un "découvreur de talent". Dieu soit loué ce n'était pas l'ignoble Weinstein qui eût été comme une limace sur cette fleur pure de son Kentucky natal où l'herbe est bleue et le bourbon savoureux, mais on peut aussi imaginer, vu son abattage qu'elle aurait paralysé le monstre d'un coup de genou bien placé. Il n'empêche,"découvreur de talent" est une profession louche, ses parents, fiers de son sourire lumineux, de ses yeux magnifiques, de ses formes opulentes, l'ont-ils jetée dans la gueule du loup en la menant dans des endroits à risque ou ce genre d'individu arpente-t-il les trottoirs de Broadway pour pêcher la petite provinciale qui les repère du coin de l'oeil ? Mais ne pensons qu'à l'émerveillement de la jeune fille devant cette ville trépidante dont ils ne lui auront pourtant pas épargné les étapes obligatoires : Harlem, l'Empire State building, la comédie musicale sur Broadway, miss Liberty...Rêvons aussi à sa vie de petite fille heureuse d'Américains moyens : la confortable maison avec pelouse et véranda dans une banlieue bien habitée, le lycée où sa beauté et son sens du comique ont dû en faire une fille populaire (sauf auprès de quelques laiderons grincheuses), les premiers flirts et le pelotage sur la banquette arrière, le bal de la promo pour lequel l'heureux élu est venue la chercher avec un bouquet pour la maman et une boîte de bonbons pour elles. Fut-elle pom pom girl ou jouait-elle du cornet à piston dans l'orchestre du lycée, séduisait-elle ses jeunes profs pour en ricaner avec ses copines ? Ah ! La vie heureuse des petites Américaines...

5 500 000 000.- Total de l'argent gagné avec tous ses films...A ce propos il faut rappeler une histoire qui montre qu'elle est loin d'être une quiche. C'est, je crois, après la saga de SF Hunger games qu'elle s'aperçut que son partenaire touchait beaucoup plus d'argent à rôle égal. Elle publia alors une lettre ouverte où se mêlaient les préoccupations de la femme d'affaires et les revendications féministes. Elle n'y prenait pas de pincettes, je me rappelle notamment qu'elle utilisait le mot "prick" pour bien souligner l'enjeu véritable. Vous imaginez une de nos jeunes actrices flétrissant l'inégalité des salaires en employant le mot "bite" ? Elles sont trop bien élevées et souvent d'excellentes familles...

1.- Oscar de la meilleure actrice pour Happiness therapy (mention non faite de multiples récompenses moins prestigieuses). Cette fille d'une beauté bouleversante, bien loin d'être sotte (quelle litote!), d'un caractère bien trempé, est aussi une comédienne superbe avec un abattage digne des plus grandes : la Magnani, Arletty, Katharine Hepburn...Cette fille qui n'a jamais fait de théâtre ni étudié l'art dramatique , peut tenir des rôles très différents et parfois limite (je pense à Mother ? film raté et déconnant de son actuel(?) compagnon). Nous sommes subjugués par le torrent de ses émotions tout autant que fascinés par la perfection de son physique.

22.- Nombre de films dans lesquels elle a joué (y compris celui qui va sortir : Red sparrow), des bons, des commerciaux mais pas de chefs d'oeuvre. Comment ne pas se dire qu'elle mériterait mieux et devrait tourner avec les plus grands cinéastes (du moins ceux qui échappent au boycott), mais y a-t-il encore des grands à Hollywood ? Son meilleur, peut-être parce que son personnage était très proche d'elle, reste celui qui attiré l'attention des cinéphiles : Winter's bone, film indépendant tourné par une femme, où elle interprétait une fille d'une famille de white trash, devant lutter dur pour survivre. Après il y a eu la saga pour ados (il faut bien vivre et faire des dollars), de bonnes comédies...Une belle carrière, certes, mais comment ne pas vouloir que les actrices qu'on aime ne tournent qu'avec des cinéastes de génie ? Certaines, trop exigeantes dans le choix de leurs rôles, ont fini par disparaître (je salue au passage Sabine Haudepin et Jessica Campbell). Si Jennifer devait disparaître, mon dieu...

jennifer