Je n'appellerai plus Edwy Plenel "le moustachu lugubre" ni ne le traiterai d'idiot utile. Je dirai : "le talentueux essayiste" ou "le redoutable polémiste".

  Je ne relèverai plus les fautes d'orthographe des internautes ni les fautes de français des journalistes de France-cul. A vouloir blanchir la peau d'un nègre...

  Je ne confondrai plus l'islamisme et l'Islam, religion de paix et d'amour.

  Je cesserai de murmurer entre mes dents (on ne saurait être trop prudent avec les époux ou les grands frères) "Libérez-vous, mes soeurs", chaque fois que je croise une femme voilée.

  Tous les matins  je lirai "Libé" dévotement  et applaudirai à l'éditorial de Laurent Joffrin.

  Je recevrai les Témoins de Quinoa et écouterai avec patience leurs arguments.

  Je ne me moquerai plus de Léo Hamon, de sa licence d'histoire obtenue à grand peine et de sa barbe bleue qui lui fait une tête de forban (Ah, zut, ce n'est pas Léo mais Benoît).

  Chaque matin j'écouterai du rap pendant une heure afin de me rapprocher de cette jeunesse des "quartiers" qui est l'avenir de la France.

  Je n'ironiserai plus sur les bobos qui-résistent-en-terrasse et habitent un "vrai" quartier "mélangé" qui leur permet de fraterniser avec leur boulanger arabe et leur femme de ménage malienne. Je ne les accuserai même plus de fouler au pied la mixité sociale quand ils mettent leurs rejetons dans des collèges privés.

  J'irai pieds nus et la corde au cou implorer le pardon de Christiane Taubira que j'ai gravement offensée en prétendant qu'elle était incompétente, vaniteuse et pas si cultivée que ça.

  Et je n'appellerai plus Najat Vallaud-Belkacem Pimprenelle, mais "madame la ministre en charge de la réforme démocratique et égalitaire du collège".

  Si Hollande repart au combat après avoir vaincu le chômage et libéré la veuve Sauvage, je ne ricanerai pas ni ne me poserai de questions sur son équilibre mental.

  Je ne lirai plus une ligne des néo-réacs. Les Finkelkraut, Gauchet et autres Polony peuvent aller se rhabiller, ils n'empoisonneront plus mon esprit avec leurs propos déclinistes et leur refus de la mixité et du multiculturalisme, ces deux phares du progressisme.

  Je cracherai sur tous ces prolos aigris, alcooliques et fascisants de la France périphérique qui finiront dans les poubelles de l'Histoire.

  J'achèterai un poste de télé pour pouvoir regarder ces fameuses "séries" auxquelles mon prestigieux quotidien consacre de plus en plus de place.

  Et si jamais - ce qu'à Dieu ne plaise - Marine Le Pen, Fillon ou Valls remportait la présidentielle, ce blog deviendra un véritable brûlot contre eux. Qu'il soit de droite, libéral ou de gauche, le fascisme ne passera pas !