Parce que l'équipe de France, ce sont des hommes perdus de fric et de frime aux grosses cuisses et au plafond bas qui déshonorent la génération 80% niveau bac : plus de la moitié ne l'a pas. Que certains en fassent un exemple pour la jeunesse laisse pantois. Entre deux matchs ils vont dans les boîtes des Champs Elysées pour se tirer des call girls ou des adolescentes en perdition avant de filmer leurs ébats avec elles. Avec leurs grosses bagnoles ils reviennent dans les quartiers dont ils sont sortis pour saluer leurs copains d'enfance et les faire saliver.

  Parce que le foot c'est le fric dans toute son obscénité. Les joueurs sont vendus ou échangés comme du bétail dans le si bien nommé Mercato. Leurs salaires mirobolants auraient de quoi faire hurler un smicard. Celui-ci, d'ailleurs, hurle bien, mais c'est "Allez la France !". Des émirs assis sur des tas de pétrodollars qui fondront bientôt comme neige au soleil se font de la pub en achetant des clubs et la jeunesse des "quartiers" arbore des  t-shirts à leur gloire comme leurs idoles. La concurrence pour construire des stades pharaoniques ruine les pays pauvres. Pendant ce temps les dirigeants s'enrichissent et planquent leur argent en Suisse.

  Parce que le foot c'est la violence, le racisme, la xénophobie. Les spectateurs parqués et chauffés à blanc, barbouillés de tricolore et brandissant des drapeaux sont près à en découdre avec ceux du camp d'en face  ou à lyncher ceux dont la couleur ne leur plaît pas s'ils ont perdu le match. Injures et lazzi, quand ce ne sont pas cris de singe et  boîtes de bière, pleuvent sur les joueurs de l'équipe adverse qui doivent parfois être protégés par la police, les arbitres sont menacés de mort. L'hystérie chauvine ou l'esprit de clocher s'emparent de tous et les empêchent d'apprécier le jeu.

  Parce que le foot est bien, quoi qu'on dise, l'opium du peuple et pas seulement parce qu'il lui fait oublier un temps le chômage ou la loi El Khomri, il construit des mythes qu'il faut absolument démolir. Par exemple celui du gamin des "quartiers" qui en sortira grâce à ses talents dans ce sport. Moyennant quoi ils sont très nombreux à passer leur temps à jouer au ballon au bas de leur HLM, ils roulent des mécaniques, ne font rien à l'école, emmerdent leurs profs et ils finiront au mieux livreurs de pizzas dealers au pire et leur rêve brisé les aigrira. Pire encore le mensonge du "Mondial" de 1998, celui de la fraternité, du "black blanc beur, de la nation unie qui communie dans la joie de la victoire. Tu parles ! Ca n'a pas duré si même ça avait commencé (le soir de la finale de nombreuses voitures ont été brûlées mais les autorités ont fait le black out). Depuis le communautarisme s'est développé et l'influence du FN a crû.

  Parce que tout, c'est bien connu, commence à l'enfance. On m'a dégoûté très jeune du foot. Le dimanche sous un ciel gris on menait les pensionnaires en promenade au stade pour admirer les exploits de l'équipe locale alors que nous rêvions de la chaleur d'une salle de cinéma. Arpentant le terrain pour me réchauffer (nous n'avions pas droit aux tribunes) je refusais de m'intéresser au jeu par révolte mais observais le comportement des supporters dont l'esprit de clocher, la mauvaise foi, les "aux chiottes l'arbitre" m'indignaient. Enfin nous rentrions en rangs par les rues sinistres et vides de cette ville endormie, presque heureux de retrouver la chaleur de l'étude .

Je le proclame, parodiant Aragon : je conchie l'équipe de France.