Au cours d'une émission d'analyse de l'actualité à la radio l'animateur est revenu sur le reproche fait à la presse de n'avoir pas, dans un premier temps, précisé que l'attentat d'Orlando avait visé une boîte gay. Une journaliste du "Figaro" rappela alors que le lendemain son journal avait publié en première page une photo d'un rescapé étreignant son ami. Que n'avait-elle pas dit là ! Le représentant de LGBT se mit à éructer : "son ami ! son ami !". Se méprenant la dame précisa : "son ami sans -e", ce qui ne calma pas son censeur qui lui reprocha avec véhémence l'emploi d'un mot qui niait toute relation sexuelle entre les deux personnes, elle aurait dû dire "son petit copain".

Il faudra donc nous le tenir pour dit. Les injonctions de LGBT en matière d'homosexualité ont force de loi et gare aux poursuites pour homophobie qui menacent tous les mal-disants qui sont évidemment des mal-pensants. Je veux bien que le terme "ami" soit un peu froid et recouvre parfois d'un voile une activité sexuelle qui gêne quelque part (ainsi dira-t-on pudiquement d'une veuve qui entretient une liaison "elle a un ami"), mais même le terme "petit(e) ami(e)" d'usage courant chez les adolescents ne semble pas admis comme s'il était seulement affectif et non sexuel, ce qui n'est pas vraiment le cas dans les jeunes générations. Comment un gay peut-il avoir oublié l'amitié pédérastique qui était le fondement (oups!) de la Légion thébaine où un soldat adulte prenait sous son aile un adolescent et faisait à la fois son éducation militaire, civique, sentimentale et sexuelle ?

"Petit copain" ou "petite copine" donc. Soit, mais ça fait quand-même un peu infantile et n'évoque guère le sexe.Un adulte s'adressant à un(e) pré-adolescent(e) lui demandera "as-tu un petit copain ou une petite copine ?". Plus tard la mère annonçant que sa fille a un "copain" signifiera que celle-ci a jeté son bonnet par-dessus les moulins, mais s'il s'agit de personnes du même sexe le terme perd sa connotation sexuelle hors contexte. Peut-on désigner comme son "petit copain" une vieille tante caricaturale avec bagouzes, foulard de soie et minauderies ou comme "petite copine" une vétérante des combats féministes des années 70 ? (Bon, là je ne suis pas loin de déraper...). C'est tout de même un peu décalé...Je crois que je préférerais "mon mec, mon jules ou ma nana, ma julie" (plus rare cette appellation qui est pourtant jolie). Un autre mot assez poétique pour désigner sa partenaire (mot affreux qui évoque le sport ou les affaires, soit-dit en passant), c'est, au Québec, "ma blonde", mais là on frôle la provocation raciste et colonialiste et j'espère que Trudeau junior va en interdire l'usage qui discrimine les brunes, les rousses, les crépues, les peuples autochtones et toutes les immigrées.