Quand nous serons bien vieux nous dirons à nos petits-neveux : "Ce qu'on a pu rigoler du temps du président Hollande". Regardez le dernier remaniement et dites-moi si vous ne vous gondolez pas. On aurait pu attendre dans un pays en crise, menacé par tous les diables islamiques de la création, déchiré entre les communautés et les intérêts particuliers, un " gouvernement resserré et de combat", bernique ! au lieu de 32 ministres nous en aurons 38, mais, Dieu merci, la parité est scrupuleusement respectée. Enfin, en apparence, si on considère que la plupart des secrétariats d'état aux choux farcis vont à des femmes, faut bien avoir le temps de torcher les enfants et cuisiner pour son seigneur et maître. On m'objectera peut-être que ce qui intéresse avant tout Pépère c'est sa réélection et qu'il a machiné une de ces fines manoeuvres dont il a le secret à cet effet (regardez comme le coup de la déchéance de nationalité lui a réussi...) : rassembler la Gauche le mènera sur la voie triomphale de l'Elysée. La Gauche, mais quelle gauche ? Un tas de politicards perdus d'ambition et de magouilles, qui regrettant "les ors de la République", qui rêvant de rayer le parquet des ministères de ses dents longues. Un radical du Sud-ouest à l'odeur faisandée de IIIème république, ex-ministre qui n'a laissé le souvenir d'aucun accomplissement, possédant un journal régional dont l'influence est bien surévaluée à Paris. TROIS écolos dont le parti ne fait même pas 5% aux élections : fallait-il qu'il y ait bien peu de volontaires pour embarquer dans la galère ! Parmi eux le super-bolide évoqué par le titre dont on ne doute pas qu'il vient d'atteindre son point d'incompétence, mais il y pensait avant d'avoir un poil à raser. Sa petite camarade Emmanuelle Cosse a saisi l'occasion pour proférer le plus gros mensonge du jour sur Twitter : "Il n'y pas eu de marchandage pour mon entrée au gouvernement". Toute personne qui rapprocherait cela du référendum promis pour N-D-des-landes serait donc d'une absolue mauvaise foi, comme Hollande, d'ailleurs, qui étendra la consultation à un territoire qui lui permettra de la gagner.. Puisque nous sommes à Nantes, restons-y. J-M Ayrault va rejoindre la maison de retraite des vieux premiers ministres, le ministère des affaires étrangères. "Il n'a aucun intérêt ni compétence particulière pour notre politique extérieure". Mauvais esprits ! Il parle allemand et si on met à ce grand blond des chaussures noires bien cirées il sera très décoratif et fera un bel d'effet dans les salons du Quai d'Orsay et n'y sera pas plus déplacé qu'à la sous-préfecture d'Ancenis. Une qui va devenir verte (de rage, entendez-moi bien) c'est la femme de Valls qui va de nouveau croiser dans les salons de la République l'épouse d'Ayrault "cette prof de collège".

Et puis il y a tous les obscurs, les sans-grades, les secrétaires d'état dont la dénomination pittoresque les aidera peut-être à sortir de l'ombre. La palme revient à la "secrétaire d'état à l'égalité réelle". On se perd en conjectures sur le sens de l'expression : si l'égalité n'est pas réelle, est-elle donc virtuelle, ou fausse ou irréelle ? Il faudra réunir un panel de linguistes et de philosophes pour en décider avant de se mettre au travail. Et puis, coucou le revoilà, le secrétariat d'état à l'aide aux victimes. La tâche est immense. Entre les taxis et leurs frères ennemis, les paysans, les licenciés économiques, les mômes qui ont eu une mauvaise note à l'école ou à qui les flics ont mal parlé, les discriminés de tout poil, les "Français qui ne sont plus chez eux" et les immigrés rejetés, on imagine le nombre de recours. Bon courage, madame (évidemment c'est une femme). Justement les femmes ne sont pas très contentes, elles n'ont toujours qu'une secrétaire d'état (pourquoi pas UN, d'ailleurs, c'est ça qui serait révolutionnaire) "à la famille, à l'enfance et (en queue) aux droits des femmes". Il faut avouer que ça vous a des relents pétainistes mais, après tout, les débats sur la GPA, ne nous ont-ils pas appris que toutes, sauf Elisabeth Badinter, rêvent d'être mères...Je passe sur le secrétariat à la diversité : c'est pointu et ça ne devrait pas donner trop de travail à l'heureuse titulaire.

Enfin il y a les virées (que des femmes : elles pourront toujours s'adresser à leur consoeur de l'égalité réelle). Pour Lebranchu, ce fut très simple et vaguement cynique :"pousse-toi de là que j'y mette Baylet". Peut-être même a-t-il ajouté "Et si tu n'es pas contente..." ?. Il avait d'ailleurs aussi à placer une de ses conseillères favorites, Audrey Azoulay, qui pourra difficilement faire moins bien que Fleur Pellerin. En écrivant ces noms un doute affreux me saisit, notre vénéré président pratiquerait-il la statistique ethnique et la politique des quotas ? "Trop de Bretons au gouvernement, j'en vire une. Je fais entrer un Coréen, il faut en faire sortir un(e)". Éloignons de nous ces pensées infâmes, la victoire est en marche !