Comme tous les crimes perpétrés par l'Etat islamique ou d'autres bandes de fanatiques, l'assassinat de notre compatriote dans des conditions particulièrement atroces a déclenché une avalanches de mensonges et de postures de défi aussi contre-productives que grotesques. C'est d'abord Hollande qui proclame avec un joli mouvement de menton que la France n'a jamais payé et  ne cédera pas au chantage. Or c'est faux, on sait bien qu'elle l'a fait, directement ou indirectement, pour libérer des otages et qu'elle le fera encore. Si ça n'a pas été le cas ici c'est que les assassins voulaient faire un coup d'éclat et refusaient de négocier. Mensonges du gouvernement algérien qui prétend que le terrorisme est éradiqué alors que depuis 20 ans des maquis islamistes contrôlent certaines zones montagneuses et que l'Armée, plus occupée à faire des affaires qu'à combattre, n'a jamais réussi à les en déloger. N'oublions pas la récente attaque d'installations pétrolières qui a fait des dizaines de morts, otages, islamistes et militaires (mention spéciale pour le Renseignement algérien...) ou la politique complaisante de Bouteflika qui a fait le lit du terrorisme. Mensonges aussi d'une partie de la population qui prétend être victime des maquis, mais à qui fera-t-on croire qu'ils peuvent tenir 20 ans sans être "comme des poissons dans l'eau" ? Si cette population souffre de leurs exactions et de leurs crimes, ils ont aussi des partisans, ce qui peut expliquer la rapidité de l'enlèvement puisque qu'Hervé Gourdel était à peine arrivé dans le pays.

Pour les rodomontades Hollande n'est pas seul. A peu près tous les chefs d'état occidentaux ont juré leurs grands dieux que le terrorisme ne passerait pas, que le combat ne cesserait qu'à la victoire finale; nous n'avons pas eu droit à "nous le traquerons jusque dans les chiottes" parce que c'est une marque déposée. Moyennant quoi l'EI étend son pouvoir, la Libye ou la Somalie sont en pleine anarchie, ils ont mobilisés contre eux des milliers de jeunes sans avenir et sans cervelle et des populations entières rongées par un complexe d'infériorité. En fait ils ne savent pas combattre une guérilla à l'échelon international, ce qui est une autre paire de manches qu'un maquis sud-américain. S'ils veulent tenir leurs promesses, plus de bombardements massifs qui dressent contre eux les civils, plus de déclarations provocantes. Faisons la guerre à la Poutine : appareils non identifiés, commandos de soldats-fantômes, infiltrations et corruption et cela sans le concours d'émirats bifides et d'une Turquie qui ne vaut guère mieux. Ne nous comportons pas en croisés conquérants, soyons rusés, avançons masqués, mais ne nous laissons pas non plus abuser par des distinctions spécieuses entre islamisme et Islam. Il faut bien identifier son ennemi et cette religion est le ventre fécond d'où est sorti la bête immonde du terrorisme actuel.

Le plus difficile reste à dire. Selon les témoignages de ceux qui l'ont connu, Hervé Gourdel était un homme sympathique, enthousiaste, chaleureux (mais comment dire du mal d'un mort ? Et d'ailleurs eût-il été méchant que cela n'enleverait rien à l'horreur du crime), mais comme beaucoup de ses semblables, guides de montagne ou amateurs de vie sauvage, son amour l'aveuglait et son côté "allumé" lui cachait tous les risques. Il n'ignorait probablement pas la présence de maquis islamistes dans le Djurdura mais il refusait inconsciemment d'y penser parce qu'il était amoureux de la montagne du Maghreb et avait envie de découvrir la région. Il a écouté avec complaisance et non naïveté ceux qui lui disaient que ce trek serait merveilleux et sans dangers. Qu'aurait-on dit s'il avait entraîné à sa suite une dizaine de randonneurs et qu'ils fussent tombés dans une embuscade ? Combien de décapitations aurait-on eu ? Dieu merci il n'a exposé que lui-même. Qu'il repose en paix mais on ne peut l'exonérer de toute responsabilité.