J'espère qu'Angela Merkel prend comme il convient l'accès de germanophobie de notre parti socialiste. Après tout elle en a vu d'autres : en Grèce c'étaient des croix gammées, chez nous même Mélenchon n'a pas osé aller jusque là. Seuls les imbéciles ou les réacs fieffés peuvent penser que quand tout (ou à peu près) va mal dans un pays où le même parti détient la présidence, la majorité aux 2 assemblées presque toutes les régions et un grand nombre de départements, ce parti pourrait y être pour quelque chose alors que ce sont les autres qui l'ont fait... Evidemment, après un an, ça devenait difficile de brandir "l'héritage", surtout quand on essaie, avec des bonheurs divers et face aux lobbies de son propre camp, de pratiquer la même politique. Evoquer la "finance internationale" comme l'a fait dernièrement le mirobolant Mélenchon a de tels relents qu'il vaut mieux l'éviter, mais l'ennemi héréditaire (enfin, le dernier en date, les Anglais ont eu droit au titre jusqu'au début du XXème et même jusqu'à Mers-el-kebir) il ne faut pas s'en priver. Ces bouffeurs de choucroute dont le pays était écrasé sous les bombes, ruiné, déchiré, ont eu l'audace de se relever plus vite que nous qui les avions vaincus (pas tous seuls, il est vrai...) et ils nous font la leçon maintenant ! Notre sang de patriote ne fait qu'un tour, or la gauche est patriote de Gambetta obsédé par la Revanche aux poésies guerrières d'Aragon, elle déteste les Amerloques, les plombiers polonais, les Lithuaniens (Mélenchon : "T'en connais, toi, des Lithuaniens ?"), elle veut produire français et parler de délocalisation, c'est agiter un chiffon rouge sous ses naseaux. Sus à l'ennemi, donc, qui veut étrangler notre pays leader autoproclamé de l'Europe du sud. Car ce ne sont pas seulement les Schpountz que l'on déteste, c'est tout ce qui est au-delà de la ligne bleue des Vosges ou bien outre-Quiévrain. Quel repoussoir que l'Europe du nord pour la gauche la plus ouverte du monde ! De grandes brutes blondes (l'image du SS n'est jamais loin) qui ne pensent qu'au travail et y prennent leur pied, des Protestants avides et lugubres dont la réussite fait des oints du Seigneur, des capitalistes sans foi ni loi qui conquièrent des marchés à notre barbe et, si ça se trouve, ne versent pas d'énormes pots-de-vin à des dirigeants corrompus. Nous autres, Européens du sud, aimons la vie, jouons de la mandoline, dansons le sirtaki, faisons de longues siestes souvent crapuleuses, attendons de l'Etat qu'il nous entretienne et nous nourrisse comme une mamma généreuse, et on voudrait nous ôter ça ! Ces gens sont-ils bêtes qui ne saisissent pas toutes les beauté du modèle français dont le PS reste un partisan farouche ! (enfin, nuançons un peu. Il y a beaucoup de demeures dans la Maison du Père et Collomb n'est pas Cherki). Je suis sûr que Merkel, bien assise sur son tas d'or, rigole de ces querelles internes d'un parti aux abois et doit se dire :"Ach, les Vranzais, chamais zérieux !"