On a envie de lui dire : "Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire". Si encore il se contentait de causer, mais il se fait photographier avec une marinière qui lui donne l'air d'un Dupond/t se déguisant en patron de péniche. 100% français, l'oripeau. On murmure en ville qu'Audrey Pulvar l'a quitté parce qu'il s'obstinait à porter des slips kangourou gloires de notre bonnetterie. Peugeot, Mittal, Petroplus : il a roulé des mécaniques tel un lutteur de foire, gonflé ses muscles d'acier (si j'ose dire), tempêté, menacé, sans aucun résultat. Il a entonné le vieux refrain nationaliste :"Produisons français!" comme le PC dans les années 80 quand il représentait encore quelque chose. Rien n'y a fait. Il faut dire que quand des industriels français font fabriquer leurs produits à l'étranger et vice-versa, c'est plus compliqué. Et puis il est d'une maladresse stupéfiante notre ministre du redressement productif. "Redressement" est à prendre dans le sens où on parle de "maison de redressement" avec encadrement d'anciens militaires. "Scrogneugneu, je vais les mettre au pas ces sales capitalistes, les Peugeot qui s'en mettent dans les poches depuis des générations". Pour les Mittal, des métèques qui ne respectent pas la France, c'est encore pire, il faut les flanquer dehors. Là on lui a remonté les bretelles, il allait trop loin : l'expulsion des étrangers, c'est l'affaire de son collègue Valls. Il s'est donc excusé, ce qui donnait à peu près ça : "J'ai simplement voulu dire que Mittal était un menteur et un voyou". Un vrai sans-culotte avec le franc-parler du père Duchesne, un patriote à tous crins qui fait comprendre à tous ces barons pillards cosmopolites que la France n'est pas à vendre et qu'ils aillent créer de l'emploi ailleurs. Evidemment cette politique toute de posture, bien qu'elle soit à peu près sans effets, lui attire la sympathie générale : la Gauche anticapitaliste et nationaliste de Mélenchon, les centristes qui cherchent désespérément à se distinguer de la Droite, Marine Le Pen. Il a bien compris l'importance de l'image pour ce qui compte avant tout pour lui : sa carrière. En 2017 ce sera Arnaud Montebourg contre Jean-François Copé. Quelle perspective !