Je ne croyais pas en postant l'autre jour sur Facebook quelques commentaires sur la photo du président que j'allais participer à un débat politique de grande envergure...

Je me permets de me résumer pour ceux qui lisent mon blog mais ne vont pas sur ma page Fb (ceux qui lisent mon blog et ne vont pas sur ma page Fb sont des .... et vice versa). Je trouvais le président, un peu boudiné dans son costume, à la fois crispé et bonasse et je déplorais que les drapeaux français et européens pendouillent comme une lessive. Depuis nous avons eu des photo-montages parodiques avec pétards, Morano, oreilles de Mickey...tout cela un peu facile. Faire des moustaches à la Joconde ou mettre un paf dans la bouche de son adversaire politique ne m'a jamais franchement fait rire. D'autres ont poussé plus loin l'analyse du cliché et demandent qu'on le refasse, non parce que le président a l'air un peu niais mais parce que le drapeau français est accroché verticalement, ce qui le transforme en drapeau hollandais...(Imaginons que Sarkozy ait imposé l'étendard hongrois à côté du nôtre !). Il semble que le protocole (mais un président normal n' a que faire de ces vieilleries) impose que l'emblème national flotte à un mât et surtout qu'il ne touche pas le sol. Autant dire que Hollande le traîne dans la boue. On peut s'attendre à tout de la part de socialistes ôtages du bolcheviste Mélenchon...

Les commentaires les plus intéressants portent sur le choix du photographe mais s'il y a une certaine parenté intellectuelle, ou plutôt de sensibilité entre Hollande et Depardon, certains vont un peu loin. Le rejeton de la bonne bourgeoisie provinciale ayant vécu sa jeunesse à Rouen puis à Neuilly est très loin par son origine d'un fils de petit paysan du Rhône parti faire son apprentissage à Paris. Le goût du terroir est venu sur le tard au premier alors qu'il n'a jamais quitté le second même quand il crapahutait comme reporter de guerre. Il est vrai que l'un et l'autre aiment la "France des sous-préfectures", mais ça n'est pas la même. L'un se fait photographier en notaire dans son parc devant une belle demeure dans la famille depuis des générations. Il dit "J'ai vu Berlin, Washington, je rêvais de venir à Bondoufle". Espérons que les Bondouflois ont le sens de l'humour et ne se représentent pas Hollande quittant au plus vite sa préfecture chaque semaine. L'autre photographie un pays de bistrots, de boutiques fermées,de pavillons en meulière, d'églises moches et de monuments au morts. Toute la province avec son calme, son ennui, sa laideur et son charme. Une province sentie, pas le marchepied d'un ambitieux.